ACTE PKEMIEIl
je recevrai sans m'y attendre... Je l'ai pour ainsi dire déjà reçu... mais je ne me rappelle plus si c'est toi qui me l'as donné... Alors, je veux... je te supplie d'agir comme tu le dois: loyalement... Fais un polit effort, Germaine, et imagine-loi, si cela peut t'aider, que c'est à. un autre que tu confies ton secret... Tu vois, je ne peux pas mieux te secourir... je ne te torture pas... Je te parle comme à un enfant... doucement, sans cri et sans colère... Allons, va, ne crains rien, je suis incapable d'en vouloir une seconde à qui dit la vérité. Parle maintenant.
GERMAINE
Jacques, j'ai pour toi une très douce affection... une très profonde tendresse...
.JACQUES, net.
... N'ajoute rien, tu m'as répondu.
GERMAINE
Mais je no t'ai pas dit...
JACQUES
Tu m'as tout dit, au contraire, et je te sais gré de ta franchise. Un autre, plus naïf, se serait laissé prendre à ce mot qui semble tout
concilier et s'en serait contenté... Moi, je ne me suis pas trompé et il no me contente pas. La tendresse, l'affection, l'amitié sont des sentiments très beaux, ma petite Germaine, mais ils sont séparés de l'amour aussi complètement que tu l'es de moi, en ce moment. Ne te défonds pas. D'ailleurs, lorsque je te regarde... et lorsque je me vois...
GERMAINE
Je t'en prie, Jacques, à ton tour, écoutemoi... Tu m'as mal comprise ou plutôt je me suis mal exprimée...
Tu as été très claire, au contraire... et je ne l'en veux pas. Tout vaut mieux qu'une lâcheté... Non, garde le silence, je te préfère ainsi. Depuis six ans, du reste, je ne me souviens pas t'avoir posé de semblables questions... Il y a des mots qui sonnent mal dans la bouche de certains hommes et j'ai senti, depuis longtomps déjà, que je devenais comique dès que je tentais de jouer les amoureux. Si, si, je me suis jugé en observant les autres, et tout à l'heure peut-être aurais-jo souri si je m'étais entendu.