ACTE PREMIER
je le suis... et ne perds pas un mot de ce que je vais te dire.
ROBERT
Je t'écoute.
Et comme Micheline descend de leur côté.
Prends garde, (a Micheline.) Vous cherchez quelque chose, Micheline?
MICHELINE
L'éventail de votre mère.
JACQUES, le prenant sur le bureau.
Tenez, le voici.
MICHELINE
Merci, vous complotez?
JACQUES, en souriant.
Non... nous combinons notre plan pour demain.
MICHELINE, en remontant rejoindre madame Portier et Germaine.
Je vous laisse.
JACQUES, à mi-voix.
Faisons vite... Germaine a un amant.
ROBERT, en devenant livide.
Quoi?
.66 LE VOILE DÉGHIKÉ
JACQUES
Pour Dieu, no bouge pas! Quo cette nouvelle te frappe et te révolte, je le conçois. Je t'ai toujours considéré comme mon frère, Robert, et tu m'aimes trop, je le sais, pour que tout ce qui me touche ne t'atteigne pas. Tout d'abord, je te l'avoue, j'ai repoussé l'idée de cette rencontre. Il y a certains hommes qu'on devrait abattre comme des bêtes malfaisantes. (Froidement, en le regardant bien dans les yeux.) Est-CC
vrai? (Robert ne répond pas.) Oui, ton silence m'approuve. Donc, demain, je partirai par le premier train et, dès mon arrivée, je ferai le nécessaire pour en finir rapidement. (Les poings serrés.) Ce sera un beau duel, je t'en réponds.
(Très calme et simplement.) Voilà, c'est tout Ce que je
voulais te dire. Et, maintenant, va les rejoindre. (Robert va pour s'éloigner. A peine a-t-il le dos tourné que Jacques le rattrape par le bras.) ...Pourquoi no me de-
mandes-tu pas avec qui je me bats? (D'une voix éteinte.) Il me semble que c'est la première question que je t'aurais posée. Tu n'es pas curieux. Pourquoi trembles tu?... Tu os livide! A te voir... on dirait que c'est de toi qu'il s'agit!... Mais regarde-moi donc! Germaine aussi est