ACTE DEUXIÈME
plus calme. En attendant, laisse-moi passer.
JACQUES
Non... il me plaît maintenant que tu demeures.
GE RM AINE, avec force.
Et moi, il me plaît de me retirer.
JACQUES
Tais-toi, je te défends d'élever la voix.
GERMAINE, troublée.
...Voyons, Jacques, il ne s'agit en ce moment ni de nous déchirer, ni de nous parler comme deux ennemis... Non, ne me regarde pas avec des yeux méchants... et tâchons d'être calmes, veux-tu? Ce qu'il faut tout d'abord... comprends-tu?... il faut que nous jetions un peu de clarté... car enfin, nous, nous allons, nous allons... nos réponses se choquent... et fatalement... écoute-moi, écoutemoi...
JACQUES, froidement.
...Va... va... j'écoute...
GERMAINE
C'est que tu semblés de nouveau t'énerver...
Tes mains tremblent, se crispent, je sens que Lu te contiens... alors, cela me trouble... cela me trouble... cela me paralyse... et je ne trouve plus mes mots... je suis en nage... Enfin!... ce que je voudrais te dire... Remarque... que je ne cherche nullement à me défendre... ce que je voudrais te dire... c'est qu'il est nécessaire que nous mettions les choses au point... Après, si lu as la patience de m'entendro, j'arriverai vite à te convaincre. Tout s'arrange, crois- moi, à condition toutefois de ne pas se parler avec des armes à la main. Tu m'as soupçonnée d'abord, tu m'as accusée ensuite... il m'appartient maintenant de détruire ces soupçons et ces accusations. C'est bien cela que tu désires, n'est-ce pas ? (un silence.) Réponds-moi. au moins.
JACQUES, froidement.
Tu es inouïe! Par moment on s'imagine que lu vas perdre pied, on te croit vaincue, on espère qu'un cri va s'échapper enfin de ta poitrine... Mais non, lu retrouves des forces nouvelles, Ion visage redevient calme, puis, avec une adresse incroyable, lu rejongles avec les mots. Oui, lu es inouïe!