MORCEAU D'ENSEMBLE
C'est charmant ! (bis.) Voila Pothin, ce me semble, Aux pieds d'un objet charmant f
Dont la tournure céleste Fait bien augurer du reste.
(Il approche , et reconnaît sa prétendue.) Ah ! c'est madame Dorsan I
pothin, toujours à genoux.
Cédez au plus tendre amant , Ce'dez à l'arrêt céleste, Ou craignez le sort funeste Qui, sans vous, hélas m'attend.
Mme DORSAN.
Oui , c'est madame Dorsan !
saint-ernest, frappant sur V épaule de Pothin. Mais, Monsieur...
POTHIN, sans se déranger.
Mon ami, on vous attend chez vous , laissez-moi , je vous prie, continuer ma déclaration. (« Mme Dorsan) Madame, si l'amour le plus...
Ehl quoi, M. Pothin, vous voulez m'eniever ma femme? Mais, Madame, dites-lui donc...
Mme dorsan.
Que voulez- vous que je dise à un fou?
pothin, stupéfait.
Sa femme ! Quoi, Madame, vous seriez?. . .
Mme dorsan- Aujourd'hui sa meilleure amie , et sa femme demain.
POTHIN, se relevant en essuyant son genou. C'est différent! Quoi, mon voisin , vous êtes à la veille de contracter d'aussi doux nœuds et vous me laissez ignorer... C'est hien la peine d'habiter le même carré.
SAINT-ERNEST
Air : Quand on s'y prend si poliment.
Ignorez-vous que le mystère Ajoute toujours au bonheur?
Mme DORSAN.
Ce silence a droit de me plaire L'indiscret est souvent trompeur.
POTHIN
J'aurais su me taire de même Car autant que lui je vous aime.
Mme DQBSA.N.
Si je l'avais plus tôt appris , Peut-être auricz-vous eu le prix;
Mais Saint-Ernest a ma parole.
pothin , passant au milieu d'eux. Qu'il ait donc aussi votre main.
SAINT-ERNEST
Ce cher ami !
POTHIN
Je m'en console . . .
En songeant que c'est un voisin, (bis.)
saint-ernest, déclamant.
Oreste pour Pylade eût- il fait davantage ?
Mme DORSAN.
Maintenant, Saint-Ernest, il faut que je vous gronde; vous êtes cause que je suis sortie en habit de voyage, ce qui m'a beaucoup contrariée.
SAINT-ERNEST
Je ne comprends pas.
Mme DORSAN»
Ne deviez-vous pas faire porter à mon hôtel différens articles de modes que la galanterie, car je ne suis pas encore votre femme, m'avait forcée d'acceptet' ?
SAINT-ERNEST
Eh bien ?
Mme DORSAN.
Eh bien , je n'ai rien reçu.
SAINT-ERNEST
C'est incroyable! depuis deux jours tout est près.... J'ai donc un mauvais génie qui se mêle de tout ce que je fais?
Non , mon ami , vous n'avez pas un mauvais génie , mais un bon, un excellent voisin qui se trouve toujours là, et qui répond pour vous... Oui, Madame, les articles que vous réclamez ont été déposés chez moi , ce matin , par une fort jolie petite marchande , qui , ayant perdu votre adresse, a cru bien faire en venant 3a demander à l'acquéreur (malignement) qui, à ce qu'il paraît, lui avait donné la sienne.
SAINT- ERNEST
Comment, monsieur Potin, vous avez bien voulu recevoir pour moi ?
POTHIN
Je n'ai pas fait autre chose de toute la journée... Oui,
mon voisin, vous êtes injuste à mon égard , mais je saurai vous amener, malgré vous, à reconnaître , à vanter les douceurs que procure un bon voisinage. (Il appelle.) madame Joseph! madame Joseph! (Mme Joseph paraît sur l'escalier.) Conduisez Madame dans mon salon.
Mme JOSEPH.
Madame ?
POTHIN
Eh! oui, Madame.
Mme dorsan, a Pothin.
Vous permettez donc F
POTHIN
Vous trouverez, entre autres objets de goût, autant que je puis m'en souvenir.
Air : Ah ! il m en souviendra , la rira. Rubans et fleurs , fin canezout,
Dentelles d'Angleterre; Voile discret du dernier goût, Descendant jusqu'à terre.
Heureux, cent fois heureux sera L'époux fidèle et sage,
Qui le détachera, \
La rira , \ (bis.)
Le jour du mariage. )
(// offre sa main à ilfrae Dorsan et la reconduit jusqu'à sa porte,)