ACTE I, SCÈNE II
LUCENAY
Cette femme si jolie qu’on l’a surnommée la belle Anglaise?
SALLUCES.
Oui.
MONTLOUIS
L’beureux gaillard! Et Ton n'en savait rien !... C’est inoui...
SALLDCES.
M“* Wilson comme, d’ailleurs, pr^que toutes les femmes, avait la manie d’écrire à son amant.
HAUBERT, faisant tomber la cendre de son cigare.
Fâcheuse manie I C’est presque toujours ainsi qu’elles font découvrir leurs intrigues.
SALLUCES.
Elle avait donc écrit à Albert une dizaine do lettres, que celui-ci gardait dans un portercuille qu'il portait précieusement et amoureusement sur son cœur... Or, il y a deux jours, Albert, dont la fortune était, comme vous savez, fort écornée, avaiteu recours à un usurier, nommé Van-Gripp... Cet homme, qui avait déjà pris deux ou trois fois la signature d’Albert, consentit à lui prêter de nouveau quelques milliers de francs; mais, par un caprice d’usurier gourmand, il y mit une singulière condition, qu’Albert lui donnerait à souper, le soir même, aux Frères provençaux.
HONTLOUIS.
Diable ! ce n’était pas réjouissant !
SALLUCES.
Pressé par le besoin d’argent, Albert accepta pourtant... Que se passa-t-il à ce repas? voilà ce qu’il n’a pa me dire ; car à peine eut-il bu deux ou trois verres do bordeaux... qu’une ivresse rapide et incompréhensible s’empara de lui, et à celte ivresse succéda bientôt un sommeil profond.
MOXTLOUIS.
C’est singulier !
SALLUCES.
Quand il sc réveilla, il se trouva seul, et le portefeuille qui contenait les lettres de sa maîtresse n’était plus dans sa poche.