ACTE I, SCÈNE
HAUBERT, revenant à eux.
Pardon ! mais je ne puis être des vôtres ce soir, une affaire importante m’appelle ailleurs...
MONTLOUIS
Ah! dans ce cas, adieu, baron.
HAUBERT
Bonsoir, messieiirs. (Les jeunes gens rentrent au café; Salluces va pour les suivre, Maubert lui touche le bras.) Deux mots, Salluccsl... (Us viennent tous deux sur le devant.)
salluoes.
Que voulez-vous?
HAUBERT
Etes-vous reçu chez le duc de Latour-dii-Pic?
SALI.UCES.
Non, ma réputation de viveur m’a toujours nui auprès du duc qui avait une tille adoptive.
HAUBERT
Je comprends cola! .Mais le marquis do Champclause, votre grand-oncle, vit dans rinlimilô du duc?
SALLUCES. '
C’est vrai !
HAUBERT
Eh bien, il faut que, d’ici à huit jours, vous m’ayez fait présenter à lui par votre oncle.
SALLUCES.
Et pour quel motif?
HAUBERT
Ceci me regarde.
Soit ! je ferai ce que vous me demandez. (Maubert s'éloigne de Salluces.) Mais à une condition.
HAUBERT, revenant près de Salluces.
Une condition! Laquelle?
SALLUCES.
Cest que votre projet n’est point d’envelopper la jeune duchesse dans une de ces trames ténébreuses que vous vous plaisez à ourdir.
HAUBERT
Et quand cela serait, très cher?
SALLUCES.
Ah! c’est que dans ce cas...
HAUBERT
Eh bien, dans ce cas?
SALLUCES.
Je refuserais 1
- HAUBERT
Vous refuseriez! allons donc! Vous n’en avez pas le droit ! (Changeaul de ton.) Voici mon dernier mot : il faut qu’avant huit jours, vous m’ayez fait présenter par le marquis de Champclause à M. de Latour-du-Pic.
Mais...
MAUBERT, lui serrant le bras.
Je le veux!
SALLüCES, courbant la tête. ’
Il suffit !
MAUBERT, s'éloignant.
C’est bien !
SALLUCES, à lui-même.
Oh! cet homme !... cet homme!...
HAUBERT, s’élançant dans le tilbury.
Partons ! (Le tilbury part, Salluces rentre au café.)