‹ Le vol a la duchesse drame en cinq actes et huit tableaux dont un prologueChapitre 42 sur 91 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

RAPHAËL, souriant.

Mon Dieu !... quel air grave et solennel ! Eh bien oui, puisque vous le voulez, je le jure !

SALLUCES.

Sur votre honneur ?

RAPHAËL

Sur mon honneur.

SALLUCES.

Alors... et croyez que je fais en ce moment une des bonnes actions qui seront rarcsdans mavie !... Alors, monami, fuyez, quittez Paris! Cachez-vous si bien que personne au monde, et le baron moins que tout autre, ne ptiissc retrouver vos traces... disparaissez pendant un an, pendant deux s’il le faut... sinon vous êtes perdu ! — Vous glisserez dans un abîme dont vous ne connaîtrez la profondeur que quand vous serez au fond... tout brisé, tout sanglant de votre chute ! vous vous préparerez une vie de douleurs, de honte et surtout de remords ! — Croyezmoi, Haphaël, fuyez! — aujourd’hui plutôt que demain.— A l'instant, plutôt que dans une heure !...

RAPHAËL, ot'ec ufi étonnement croissant.

Ah çà!... fuir... me cacher!... et pourquoi! que voulezvous dire?

Je veux dire ce que je dis... rien de plus, rien de moins!

RAPHAËL

Voyons, mon cher Salluces, no parlez pas par énigmes ; cxpliquez-moi...

SALLUCES.

Rien !

RAPHAËL

Comment?

SALLUCES.

Je ne veux pas, je ne puis pas ajouter un seul mot à ce que vous venez d’entendre. J’ai fait ce que me dictait un instinct généreux, un cri de ma conscience de gentilhomme. Je vous ai donné un conseil... conseil dangereux pour moi... qui vous sauvera si vous le suivez! Alaintenniit votre salut est entre vos mains. — Agissez comme vous voudrez ; seulement, n’oubliez pas que vous m’avez promis le secret! {Salluces serre n?;e dernière fois la main de Raphaël, et sort vivement par la gauche.)

Page 1