SCÈNE V
SALLUCES, RAPHAËL.
RAPHAËL, devenu pensif après avoir regardé sortir le baron, allant s’asseoir à droite.
Si c’était vrai, pourtant !
SALLDCES, allant à lui et lui touchant l’épaule.
Raphaël !
RAPHAËL, étonné.
Que voulez-vous, mon ami ?
SALLUCES, d'une voix émue.
Voulez- VOUS être franc avec moi, Raphaël?
RAPHAËL
Mais, sans doute...
SALLUCES.
Alors, répondez-moi, la main sur votre cœur... Vous aimez la duchesse ?
RAPHAËL, troublé et se levant.
Moi!...
SALLUCES.
Vous l’aimez !... je l’ai deviné... je le sais...
RAPHAËL, passant à gauche.
Et quand cela serait ?
SALLUCES.
Cela est; avouez-le-moi...
RAPHAËL
Eh bien ! oui !... oui, j’en conviens... quoique votre question me paraisse étrange... Oui, je l’aime... je l’aime de toutes les forces de mon cœur ; je l'aime comme un fou et sans espoir... car jamais Mathilde no connaîtra même mon amour.
SALLUCES.
Raphaël, mon ami, voulez-vous me permettre de vous donner un conseil ?
RAPHAËL
Je vous écoute... parlez!...
SALLUCES.
Vous ne vous sentez point le courage, n’est- ce pas, d’étouffer dans son germe l'impétueux amour dont vous venez de me parler?...
RAPHAËL
Etouffer cet amour! — Ah ! plutôt mourir mille fois !...
Eh bien !... Mais d'abord, mon ami, jurez-moi de ne pas répéter au baron de Maubert un mot, un seul mot de ce que je vais vous dire...
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