SCÈNE III
MAUBERT, CAMiSARD, RAPHAËL, SALLUCES.
RAPiiAEi., bas à Salluces.
Ah çà! mon cher, où diable m’avcz-vous amené? Cette maison a l’air d’iine caverne!... Ce gros chien qui a failli nous dévorer, en entrant, et puis cette espèce de géant qui nous sert d’introducteur... Tout cela n’est pas rassurant, savez-vous?
SALLUCES.
En effet!...
HAUBERT, à Salluces, en entrouvrant le guichet.
C’est vous, monsieur le comte, quel motif me procure l’honneur do votre visite ?
RAPHAËL, bas à Salluces.
C’est là votre usurier ?
SALLUCES, de même.
Oui.
RAPHAËL, de même.
Le peu que j’en vow ne me paraît, pas beau !
HAUBERT, sortant du grillage, et tenant des papiers’, c’est un petit
homme gros, court, le, front chauve, la figure colorée; il porte
des conserves et a un fort accent hollandais.
Je suis un peu pressé... Veuillez vous expliquer, pendant que je mettrai en ordre ces paperasses... (Il se place devant la petite planchette du guichet, et exmnine des papiers.)
SALi.ucES, à Raphaël.
Parlez!.,, dites-lui ce qui nous amène.
RAPHAËL, s'approchant du guichet.
Monsieur Van-Gripp, nous venons causer avec vous d'uno bonne affaire.
HAUBERT, sans se déranger.
Bonne!... pour qui ?...
Pour VOUS, parbleu! ne pouvons-nous un instant rester seuls avec VOUS?
BIAURERT.
Si fait! (A Camisard.) Va, Camisard, et tiens-loi à portée dO la voix-- {Carnmrd sort.) Je vous écoute,
RAPHAËL
Je 8111*8 l'ami du comte de Salluces que voici, j'ai beaoin d’argent...
De quelle somme ?
Cinq mille francs.
HAUBERT
RAPHAËL
MAIJBERT.
Vous vous nommez?
RAPHAËL
Le vicomte Raphaël.
HAUBERT, se retournant.
Ah I ah ! le pupille du haron de Maubert.
RAPHAËL, surpris.
Vous me connaissez?
HAUBERT
Je connais tout le monde.
RAPHAËL
Alors vous devez savoir que ma signature est excellente..
HAUBERT
Hum! hum! excellente n’est pas le mot!
RAPHAËL
Comment?...
HAUBERT
Soit dit sans vous offenser, monsieur le vicomte, vous n’ëtes riche que des libëralités de M. de Maubert.
RAPHAËL
C’est vrai! mais si je vous offrais sa garantie ?...
HAUBERT
Sa garantie?
RAPHAËL
Lisez. (Il lui donne la lettre du baron.)
HAUBERT, après avoir jeté les yeux sur la lettre.
Eh! bien, avez-vous le bon qu’il vous annonce dans ce billet.
^’on; par une inexplicable fatalité, M. de Maubert est parti sans le joindre à sa lettre...
HAUBERT, rendant l'écrit.
Alors cette lettre ne prouve rien...
RAPHAËL
Pardon ! — elle prouve son intention de me donner la somme que je vous demande et ma certitude de vous la rendre, aussitôt après le retour du baron...
HAUBERT
C’est possible, mais l’affaire ne me convient pas.
RAPHAËL
Et pourquoi?
maubert.
Je la trouve chanceuse, ;
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