‹ Le vol a la duchesse drame en cinq actes et huit tableaux dont un prologueChapitre 66 sur 91 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

RAPHAËL, seul, assis sur une causeuse, à gauche.

Aimé d’elle !... moi, l’enfant perdu ! moi qui, naguère couvert de haillons, n’eusse point osé attacher sur elle un regard, je suis aimé d’elle !... Ah ! c’est à n’y pas croire !... Il me semble que je fais un songe et que je vais me réveiller !... Mais non !... ce n’est point une illusion... c’est bien elle, c’est bien Mathilde que j’attends !... Mathilde qui va venir ... ici !... pour moi!... {Se levant.) Comme elle tarde!... à chaque instant je crois l’entendre... je m’élance, la joie et l’espoir au cœur... mais le bruit cesse, l’heure s’écoule... et Mathilde n’arrive pas !

- Quel motif peut la retenir ainsi?... Elle ne sait donc pas que chaque minute, chaque seconde, est pour moi un siècle de tourment... (Remontant vers le fond.) Oh ! venez, ma belle, mon adorée duchesse!... venez!... car votre présence ne doit pas seulement me donner le bonheur, elle me donnera encore l’oubli... l’oubli des tristes pensées qui, loin de vous, m’accablent... (Revenant s'asseoir à droite, d'un air pensif .) Huit jours depuis que mon père adoptif est parti !... Et je no l’ai pas revu !... et je n’en ai pas eu de nouvelles !... L’inquiétude me dévore... car ce n’est qu’à son retour que je puis retirer ce titre, ce titre fatal, des mains de l’homme à qui j’ai eu la faiblesse de le conllcr... Si le baron ne revenait pas avant l’éctiéance du billet... Ab ! oette crainte est affreuse... borrible!,..

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