SCÈNE III
MAUBERÏ, CAMISARD, puis RAPHAËL.
RAPHAËL, au dehors, avec force.
J’entrerai !... je vous dis que rentrerai.
CAMISARD, tenant la porte pour barrer le passage à Raphaël.
Eh ! un instant, donc!... un instant 1
HAUBERT
Qu’y a- t-il?..,
CAMISARD, sans quitter la porte.
C’est ce jeune homme, qui est venu il y a huit jours avec le comte de Salluces, et qui demande à vous parler à l’instant.
HAUBERT, à lui-même.
C’est lui!... il vient de la part de la duchesse!... Allons, allons ! pas d’émotion!... pas de faiblesse! {A Camisard.) Qu’il entre! {Camisard livre passage à Raphaël cl sort.)
HAUBERT, avec calme, et reprenant l'accent allemand.
A quoi düis-je attribuer la visite de monsieur le vicomte?...
RAPHAËL, cherchant à comprimer son émotion.
Ne le devinez-vous pas?...
HAUBERT
Je m’en doute un peu, à la vérité, mais je serais bien aise, monsieur le vicomte, de vous l’entendre dire à vous-même...
RAPHAËL
Je vais donc m’expliquer!...
HAUBERT
Vous me ferez plaisir.
RAPHAËL
Vous ôtes possesseur de six lettres...
HAUBERT
Ah ! monsieur le vicomte, je suis forcé de vous arrêter là!... possesseur, non... dépositaire, oui!...
RAPHAËL
Soit!... vous êtes dépositaire do six lettres, écrites par une femme à son amant...
HAUBERT
C’est vous qui le dites... j’ignore complètement si ce sont des lettres d'amour... Vous comprenez que la discrétion ne m’a pas permis...
RAPHAËL, l’interrompant.
On met un prix énorme à la restitution de ces lettres!...
HAUBERT
Oui... six cent mille francs!... joli denier!... il parait que U dame est riche...
RAPHAËL
Eh bien 1 ces lettres, il me les faut!