‹ Le vol a la duchesse drame en cinq actes et huit tableaux dont un prologueChapitre 75 sur 91 · ACTE IV. SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE IV. SCÈNE

VAUBERT

Vous apportez Targent?

RAPHAËL

Non.

HAUBERT

En ce cas, je crois qu'il sera difûcile do nous entendre à ce sujet...

RAPHAËL

Peut-être!... Ces lettres ont été volées !...

MAUBERT

Ça se peut, mais ça ne me regarde pas ! je ne suis que dé> positaire.

En admettant que cela soit, ignorez-vous que le recéleur est complice du vol et puni comme le voleur?...

HAUBERT

Je le sais parfaitement!... Ah ! je connais mon Code sur le bout du doigt...

RAPHAËL

Et vous n’avez pas peur?

HAUBERT

De quoi s’il vous plaît?

RAPHAËL

De la plainte que je vais déposer entre les mains du procureur du roi, si vous ne me rendez pas ces lettres à l’instant !...

HAUBERT, riant.

Une plainte!... vous!... ah ! ah! c’est fort comique... vous no déposerez pas cette plainte, mon cher monsieur!...

RAPHAËL

Et qui m’en empêcherait?

HAUBERT

Parbleu! le plus simple bon sens, et, en outre, deux petites raisons assez concluantes...

RAPHAËL

Lesquelles?...

HAUBERT

La première, c’est que vous ne vous soucierez pas de mettre la police dans la confidence des tendres faiblesses de la dame à laquelle vous vous intéressez... la seconde, c’est que vous y regarderez à deux fois avant de faire arriver du désagrément à ce pauvre papa Van-Gripp, qui possède certain billet enrichi par vous, avec un véritable talent calligraphique, de l’honcrable signature du baron de Maubert...

RAPHAËL, ave-c colère.

Ah ! c’était donc un piège !...

HAUBERT

Eh ! eh !... peut-être bien !... Dans tous les cas, vous conviendrez qu’il était habilement tendu...

RAPHAËL, suppliant.

Ecoutez-moi, moosienrl». eAvoyez-moi au bagne... et rendez- moi ces lettres...

MACBERT.

Faites-moi le plaisir, monsieur le vicomte, de me dire ce que rapporterait à la personne dont je suis le fondé de pouvoirs, devons envoyer au bagne?... Cette personne préférera, et de beaucoup, palper six cent mille francs... Donc, la transaction que vous me proposez n’est pas acceptable... Parlons d’autre chose...

RAPHAËL

Alors, rien ne peut vous toucher?...

HAUBERT

Rien que l’argent...

Mais, on no refuse pas de vous payer... Seulement, laissez à cette dame... laissez a moi-même, le temps de trouver cette somme...

HAUBERT

Impossible I le propriétaire des lettres a besoin de son argent aujourd’hui même...

RAPHAËL

Mais, si vous refusez ma proposition, vous ne le toucherez pas, cet argent, vous ne le toucherez Jamais!...

HAUBERT

Je vous demande pardon, monsieur le vicomte... Nous sommes convaincus que le duc de Latour-du-Pic réunira sans difficulté, et en moins d’une heure, les six cent mille francs demandés...

RAPHAËL, avec une colère croissante.

Ainsi, vous avez résolu de vous adresser à lui ?...

HAUBERT

Ce soir même.

RAPHAËL

Ainsi, vous repoussez mes offres?...

‘ HAUBERT

Je les repousse.

RAPHAËL

Vous ne voulez pas même attendre ?...

Jusqu’à dix heures... pas une minute de plus !

RAPHAËL

Misérable!... je te dis, moi, que tu me les rendras, ces lettres!... {Il a tiré un couteau, et il s'élance sur Maubert.)

HAUBERT, lui retenant le bras et le désarmant.

Malheureux ! {appelant) Camisard!... (Camisard parafi). Mets-le dehors !...

[Camisard va pour s'avancer vers Raphaël; mais tout à coup le

panneau de gauche glisse sur luùméme, et Salluces parait armé

de pistolets.)

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