SCÈNE IV
LES MÊMES, SÂLLUCES.
SALLUCES, dirigeant ses armes sur Maubert et Camisard. Arrêtez 1 !
RAPHAËL
Salliices! ! (courant à lui). Vous, ici... mon ami!... (Camisard se relire sur un signe de Maubert.)
Oui, moi qui vous ai trop longtemps trahi!... moi qui me repens... qui vous demande pardon et qui viens vous sauver !...
RAPHAËL, étonné.
Me sauver !...
SALLUCES, à Maubert qui fait un mouvement.
Oh!... plus de mensonges, de ruses, d’infamies !... Connaissez enfin lavérilé !... Savez-vouschczqui vous êtes, Raphaël?... Savez-vous quel est cet homme ?...
RAPHAËL
Van-Gripp ?...
SALLUCES.
Cet homme!... c’est votre soi-disant protecteur!... c’est le baron de Maubert!...
RAPHAËL, stupéfait.
Maubert !... Maubert !... lui !...
MAUBERT, revenant de sa première émotion et reprenant son calme
habituel.
Eh bien oui 1... le baron Maubert!... Après?... Franchement, j’aurais mieux aimé le le laisser ignorer... mais puisque la chose n’est plus possible... .Allons, soit!... causons à visage découvert ! (U jette sa barbe postiche, ûle son bonnet, et reprend l'allure èt l'apparence de Maubert.) Voyons, dites-moi tout de suite ce que vous voulez de moi ?
SALLUCES.
Ce que nous voulons?... Nous voulons d’abojd ces lettres que vous avez volées.
MAUBERT, froidement.
Ensuite?
SALLUCES.
Ensuiteles fausses signatures que vous nous avez extorquées à Raphaëret à moi.
MAUBERT, ironiquement.
Voilà tout?
Voilà tout.
Nous attendons !
SALLUCES.
RAPHAËL
MAüBERT, avec résolution.
Eh bien !... mon cher pupille, je crains que vous n’attendiez longtemps !... Je ne rendrai rien ?...
RAPH.AEL.
Vous ne rendrez rien ?...
Non.
SALLUCES, menaçant.
Vous ne rendrez rien ?
HAUBERT
Absolument rien... Mais songez donc que ces lettres sont ma propriété... Je lésai payées a.ssez cher ! et qui donc maintenant me rembourserait les sommes énormes que j’ai prodiguées pour celte affaire ?... Savez-vous bien qu’elle me coûte plus de cent mille fr..^ savez- vous bien que je serais ruiné? Cos lettres que tu réclames... ne peuvent te compromettre... Je les airelues avec soin... Aucune d’elles ne porte ton nom... (itf^owvemcntde Raphaël.) Que diable, me.ssieiirs, soyons raisonnables...
RAPHAËL, indigne.
Assez, monsieur, assez !... Ces lettres, ces lettres, oui ou non î HAUBERT, avec fermeté.
Non... vous ne lés aurez pas! [U s'assied au milieu, sur le ballot.)
SALLUCES.
Alors... je vais vous tuer.
HAUBERT, calme.
Vous ne me tuerez pas !
SALLUCES.
Et qui m’en empêcherait ?
HAUBERT
Quatre mots, quatre simples mots que j’ai à prononcer pour faire tomber cette arme de vos mains.
SALLUCES.
Vous croyez ? »
J’en suis sûr... car si, après m’avoir entendu, vous aviez encore la fantaisie de me tuer, Raphaël lui-mème s’opposerait à voire dessein. «
RAPHAËL
Moil..
Et ces mots?...
Je suis son père!
Mon père 1...
Je suis ton père.
-Mou père!,., lui I
SALLUCES.
HAUBERT, à Salluces.
RAPHAËL
HAUBERT, à Raphaël.
RAPHAËL, altéré.