‹ Le vol de la MarseillaiseChapitre 29 sur 77 · ROME · texte numérisé non relu

ROME

Et l'Aigle parlait à la Louve.

<( Louve, disait-elle, je trouve

Qu'il est temps. J'espère. J'attends.

'C'est l'heure où le Destin se règle.

L'Avenir lève comme un seigle. »

Et la Louve disait à l'Aigle :

<( Aigle, je trouve qu'il est temps. »

L'Aigle qui parle avec colère,

C'est l'Aigle jaune, à l'œil solaire,

Qui médite de se venger

Depuis qu'elle a vu dans l'Histoire,

Pour mieux contrefaire sa gloire,

En une sorte d'Aigle Noire

Un corbeau hideux s'arranger.

ia8 LE VOL DE LA MARSEILLAISE.

La LouVe est celle qui, farouche.

Verse à la tâtonnante bouche Des deux Jumeaux son lait frugal :

Sur eux elle arque un dur squelette, Et, pendant qu'elle les allaite, Peut voir la figue violette Tomber du Figuier Ruminai.

Depuis longtemps la Louve gronde.

Et songeant à ces tours du monde Qu'au-dessus de leurs rangs épais Les Cohortes lui faisaient faire, L'Aigle murmure : a Je préfère La hampe de l'Aquilifère Au perchoir d'une indigne paix! »

La Louve aux oreilles pensives Dit, en découvrant ses gencives :

(( Rome, tu dors! Permettra -ton Que tu sommeilles davantage.^ »

— (( Il est encore une Carthage I »

Dit l'Aigle, qui dut en partage Recevoir l'âme de Caton.

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