‹ Le vol mécanique les aéroplanesChapitre 15 sur 113 · DIVISION DU PROBLÈME · texte numérisé non relu

DIVISION DU PROBLÈME

Ainsi que nous Favons fait déjà remarquer au chapitre précédent, les différentes manières dont il nous plaît, pour la commodité de notre raisonnement, d'envisager la résistance de Tair, ne changent rien à ses lois. Toutefois, quand nous considérons simplement Tair comme un obstacle à vaincre, le problème se présente d'une manière plus simple que dans le cas général. Nous voulons en effet étudier la résistance que Pair oppose au déplacement relatif d'un corps que nous désirons faire avancer à travers sa masse, et ce que nous cherchons la plupart du temps, c'est le moyen de réduire cette résistance. Nous désirons aussi que cette résistance soit dirigée en sens inverse du mouvement relatif, et surtout qu'elle ne donne pas lieu à un couple, qui, en imprimant à un corps solide des mouvements de rotation, ferait varier à chaque instant l'incidence des filets d'air, ce qui aurait l'inconvénient de rendre l'étude delà résistance très difficile, et presque toujours l'inconvénient plus grave d'empêcher de se servir de l'appareil. Aussi nous sommes, sauf de rares exceptions, amenés en pareil cas à adopter des

formes symétriques par rapport à un axe rectiligne dirigé parallèlement au mouvement. C'est en effet la forme donnée à la plupart des carènes aériennes, et quand il est impossible d'adopter une semblable forme, on s'en rapproche le plus qu'on peut.

D'autre part, la loi de proportionnalité de la résistance à la densité de l'air, à la surface de la maîtresse-section et au carré de la vitesse subsiste toujours la même; Tétude de la résistance de l'air considéré comme obstacle se réduit donc dans la pratique à la recherche du coefficient caractéristique de la forme à étudier, c'est-à-dire du nombre par lequel il faut multiplier la surface de la maîtresse-section et le carré de la vitesse, pour avoir la résistance éprouvée de la part de l'air par le corps considéré*.

A cet effet, par l'une quelconque des méthodes que nous avons indiquées au chapitre H, on place les corps à essayer dans un courant d'air relatif parallèle à leur axe de symétrie; on mesure la résistance correspondant à plusieurs vitesses différentes, et, connaissant d'autre part la surface de la maîtresse-section, on obtient le coefficient cherché; il suffit pour cela de' faire le produit du maître-

1 . C'est ce coefficient que nous avons désigné sous la lettre cp dans la formule de la page 37' en renvoi. En réalité, la formule précitée ne met pas en évidence la proportionnalité de la résistance à la densité du fluide, mais elle a été calculée pour la résistance de l'air dans des conditions normales ; et, pour l'appliquer dans tous les cas possibles, il suffit de faire lès corrections dues au changement de densité de l'air, en raison des modifications de la température et de la pression. En raison des variations météorologiques^ ces corrections peuvent atteindre environ 30 p. 100 dans les cas extrêmes, mais elles sont généralement inférieures à 10 p. 100. Si l'on s'élève à de hautes altitudes, l'importance de ces corrections devient plus considérable.

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€Oupie* par le carré de la Titesse, et de diviser par ce produit la résistance mesurée.

Les mesures de ce genre sont très délicates si l'on veut obtenir une précision swffîsante; aussi, pour éviter d'avoir fréquemment à les exécuter, on a préféré choisir une surface de forme déterminée qn'on a prise pour étalon. On a mesuré avec la plus grande précision possible le coefficient de résistance de cette surface-étalon; puis, par des expériences comparatives entre cette surface et des corps de formes diverses, on a pu obtenir le coefficient de résistance d'un certain nombre de formes. L'avantage de cette manière de procéder consiste en ce que les expériences dans lesquelles on se propose simplement de comparer la résistance d'une surface donnée, — une sphère par exemple, — à celle de la surface étalon, exigent beaucoup moins de précision que celles qui ont pour but de déterminer un coefficient de résistance directement. En particulier, ainsi que nous l'avons déjà remarqué, les expériences faites à l'aide des mouvements circulaires, au moyen de manèges ou de moulinets, sont sujettes à caution, en raison de la différence qui existe entre le mouvement rectiligne et le mouvement circulaire, et ce serait un tort de procéder <le cette manière pour chercher, à déterminer la valeur absolue d'im coefficient de résistance ; mais «lies peuvent très bien servir à faire des études comparatives entre des corps de formes différentes. Or, comme ces expériences au moyen d'appareils giratoires sont beaucoup plus commodes et moins coûteuses à faire que lorsqu'on veut produire le mouvement rectiligne, on a tout intérêt à y recourir le plus qu'on peut, â la condition de ne leur deman-

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