Sois V Aéronautique f chap. V, page
TRIPLE ItÔLE DE LA RESISTANCE DE l'aIR 51
ports, il y a, par contre, des diiîérences essentielles. La principale e«t que pour forcer l'air à nous rendre service soit comme point d'appui, soit comme support, il faut prendre des dispositions spéciales et s'ingénier à déterminer des dimensions, à trouver des formes et des orientations de surfeices* convenables et à imprimer à ces surfaces des mouvements appropriés. Qu'on s'y prenne comme on voudra, au contraire, l'obstetcle est toujours là, et, quel que soit Tappareil que nous étudions en détail, carène, sustentateur ou propulseur, il farut toujours compter avec la résistance à Ta^^ancement. Seulement, il y a en aviation, comme en aérostation, des organes qui ne sont que des carènes, et pour lesquels la résistance de l'air ne nous intéresse que comme obstacle. Tel est le cas des ballons, des nacelles, des cordages de snspension des dirigeables, des fuselages, des entretoises ou des haubans des aéroplanes; pour tous ces objets, nous ne devons avoir qu'une seule préoccupation, c'est de leur donner des formes convenables pour diminuer, dans toute la mesure possible, la résistance qu'ils opposent à l'avancement de l'aéronef.
Pour les sustentateurs et pour les propulseurs, nous avons évidemment à nous préoccuper avant tout de les disposer de manière qu'ils puissent remplir, dans de bonnes conditions, leur fonction de support et point d'appui ; mais, pour ces organes mêmes, nous ne pouvons négliger le côté obstacle, et il faut nous ingénier de manière à réduire pour eux, comme pQur tous les autres organes, la résistance à l'avancement à un minimum. On peut avoir, par exemple, deux hélices de mêmes dimensions et de mêmes formes, dont, en particulier, les faces des pales seront rigoureusement identiques, mais qui ■exigeront, pour un même effort de traction, des
dépenses de travail toutes différentes. Pourquoi? C'est que si toutes deux, en raison de Tidentité des formes de leurs surfaces actives, produisent le même effort de traction moyennant une dépense d'énergie déterminée, elles peuvent présenter à leur propre avancement dans Tair des résistances différentes, en raison de légères variantes de forme, ou d'un degré de poli plus ou moins parfait. Au travail nécessaire à l'effort de propulsion,^ il faut ajouter, à chacune d'elles, le travail résultant de l'air-obstacle, et si, pour la deuxième, ce travail est plus considérable que pour la première, celle-ci sera préférable.
Cet exemple montre la complexité des études d'Aviation. S'il est commode pour notre esprit d'envisager séparément l'obstacle, le point d'appui et le support, nous ne devons jamais oublier le premier, qui est toujours présent, et qu'il faut toujours réduire au minimum.