PROPULSEURS CORRECTS ET INCORRECTS
Les propulseurs que nous venons de décrire appartiennent à la catégorie de ceux qu'on peut appeler corrects. Nous entendons par là les propulseurs
1. Le lecteur désirant se rendre compte sous une forme plus mathématique de ces questions de rendement et de recul est prié dQ se reporter aux Conférences déjà citées de la Société d'Encouragement. (Pages 107 et suivantes.)
constitués géométriquement . de telle manière qu'ils pourraient ne pas avoir de recul, si Tair présentait autant de résistance qu'un corps solide. Tous les propulseurs ne jouissent pas de cette propriété, et nous désignerons ceux qui en sont privés sous le nom de propulseurs incorrects.
Un propulseur incorrect est constitué de telle sorte que, si Ton suppose qu'une partie de la surface qui le compose n'a pas de recul ^ d'autres parties ont forcément un recul positif ou négatif. En d'autres termes, ils sont faits de telle manière qu'il serait impossible aux différentes surfaces qui les constituent de prendre simultanément appui sur un corps solide.
Nous allons en donner un exemple : supposons un propulseur formé par une série de palettes articulées sur une même circonférence ABCD (fig. 43). Par
Fie. 43.
une disposition cinématique convenable, on s'arrange de manière que pendant qu'elles parcourent la demi-circonférence inférieure ABC, les palettes soient verticales, et, pendant qu'elles parcourent la demi-circonférence supérieure CDA, elles soient horizontales. De cette manière, les palettes de la
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région basse agiront seules, et, si la circonférence tourne dans le sens indiqué par la flèche EF, le navire aérien avancera dans le sens indiqué par la flèche GH.
Il est facile de se rendre compte qu'un semblable propulseur est incorrect. Supposons en effet que la palette I qui se trouve au point le plus bas de la circonférence n'a pas le recul; cela revient à dire que le navire aérien s'avancera comme si la circonférence ABGD était une roue roulant sur une piste solide, telle que IK; la vitesse du navire aérien sera égale à la vitesse OL du centre de la roue, c'est-à-dire à la vitesse circonférencielle IJ de celle-ci.
Si nou3 considérons une autre palette, telle que M, elle sera animée d'une vitesse MN égale à IJ, mais cette vitesse sera oblique, et sa composante horizontale MP sera inférieure à MN et par suite à IJ.
Il en résulte que la palette M marchera moins vite vers l'arrière du navire aérien que la palette I, et si nous supposons que celle-ci est immobile par rapport à l'air ambiant, la palette M s'avancera vers l'avant avec une vitesse égale à la différence de la vitesse d'entraînement OL du navire aérien et de la composante horizontale MP de la vitesse de la palette. Elle frappera donc l'air par sa face avant, et agira ainsi de manière à gêner le mouvement du navire aérien; elle sera par suite plus nuisible qu'utile.
Si nous avions supposé au contraire que c'est la palette M qui n'a pas de recul, il serait facile de se rendre compte que la palette I, et toutes celles qui se trouvent entre I et M, ont une vitesse horizontale plus grande que M, et par suite ont un recul plus ou moins grand; tandis que les palettes comprises entre M et A, frappent l'air par leur face antérieure, et par suite nuisent à la propulsion.
Si les palettes, au lieu d'être disposées sur une circonférence, étaient placées, comme Tindique la figure 44, sur une "chaîne tendue roulant sur deux tambours, A et B, et si Ton s'arrangeait de manière que les palettes comprises sur la.Ugne droite CD soient seules verticales, tandis que toutes les autres seraient horizontales, on aurait un propulseur correct, parce que toutes les palettes actives telles que MNP seraient animées d'une môme vitesse; si
NI
Fi6. 44.
Tune d'elles n'avait pas de recul) il en serait de même pour toutes les autres.
Les propulseurs incorrects doivent être rejetés a priori. Nous verrons toutefois qu'à cette règle il convient d'apporter des restrictions.