PAS DE L'HÉLICE
A propos des propulseurs orthogonaux, nous avons été amenés à associer à l'idée de rendement celle de recul. La notion du recul s'applique également aux hélices propulsives, mais sous une forme un peu différente. Si Ton coupe par la pensée la surface active d'une pale d'hélice par un cylindre concentrique à l'axe de rotation, l'intersection de la surface cylindrique et de la face active de l'hélice est une portion dans la courbe appelée hélice en géométrie, courbe dont le nom a été donné par extension à l'organe propulseur tout entier. Cette courbe géométrique tracée sur le cylindre s'enroule autour de lui comme un haricot autour d'un bàtOn qui lui sert de tuteur, en faisant un angle déterminé avec la génératrice du cylindre. Lorsque, après avoir fait un tour entier autour du cylindre, l'hélice vient rencontrer en B une génératrice qu'elle a déjà rencontrée précédemment en A, la distance AB qui sépare ces deux points d'intersection s'appelle le pas de l'hélice (fîg. 46).
Si l'on coupe par la pensée la pale d'hélice propulsive par un autre cylindre concentrique au premier mais de rayon différent, on obtiendra pour intersection, une autre courbe qui sera également une hélice. Soit (fîg. 47) l'axe de rotation de l'hé-
lice, OA le rayon du premier cylindre d^ntersection, OC celui du deuxième, AB et CD les deux arcs d'hélice formés par rintersection de la pale du propulseur avec les deux cylindres considérés. On peut déterminer la forme de la pale de telle sorte que toutes les hélices analogues à AB ou à CD aient le
FiG. 46.
même pas, c'est-à-dire que la longueur AA', qui sépare deux intersections de la première courbe avec la génératrice des cylindres ccwrrespondants, soit égale à CC, distance analogue pour le deuxième cylindre.
S'il en est ainsi dans toutes les régions de la pale d'hélice, on dira que ce propulseur a un pas constant :
164 LE VOL MÉCANHILE. LES AÉROPLAKES
ce sera alors un propulseur correct qui se vissera dans l'air comme dans un écrou solide* Les longueurs égales entre elles, telles que A A' et GC sont égales à ce qu'on appelle le pas de Vhélice,
S'il n'y avait pas de recul , à chaque tour d'hélice
Fie. 47.
Taëroïief avancerait d'une quantité égale au pas: maiSj comme l'hélice n'a pas des dimensions infinieSj il y a forcément un recul, et à chaque tour du propulseur Taéroncf avance d'une quantité inférieure au pas, quantité à laquelle on a donné le nom d'avance par tour.
Le recul absolu est égal à la différence entre le pas
et l'avance par tour. Si, par exemple, le pas est de 10 mètres, et Tavance par tour de 8 mètres, on dit que le recul absolu est de 2 mètres.
Quant au recul relatif, qu'on appelle en général simplement recul, il est égal au rapport entre le recul absolu et le pas de Thélice. Dans l'exemple actuel ce recul serait de 2/10.