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EXPÉRIENCES SUR LES HÉLICES PROPULSIVES

Pour faire des expériences concluantes au sujet des hélices propulsives, il serait nécessaire de les essayer en marche. A cet effet, il faudrait les atteler à un navire aérien dont on connaîtrait la résistance à l'avancement pour une vitesse donnée ; on mesurerait le travail moteur sur l'arbre d'hélice ; qn connaîtrait d'autre part le travail résistant; il serait donc facile de déterminer le rendement.

Les expériences de cette sorte seraient fort longues et fort coûteuses. Il faudrait en effet essayer différentes hélices sur un même navire aérien, ce qui serait déjà assez compliqué ; mais, ce qui le serait encore davantage, ce serait d'expérimenter la même hélice sur des aéronefs de résistances différentes. 11 y a en effet une solidarité entre un navire aérien et son propulseur, et si, parmi un certain nombre d'hélices essayées, l'une se trouve supérieure aux autres pour un aéronef déterminé, il n'est pas certain qu'elle sera meilleure sur d'autres véhicules. Les expériences pour être concluantes doivent donc être nombreuses. Si par exemple on veut essayer des hélices de 10 types différents sur 10 aéronefs de résistances diverses, il faudra combiner deux à deux le propulseur et le navire aérien de toutes les manières possibles, c'est-à-dire faire cent combinaisons différentes, et pour chacune d'elles une série d'expériences spéciales. On a reculé

jusqu'ici devant une telle complication et devant une telle dépense, et les expériences en marche dans les véritables conditions de la pratique ont été trop peu nombreuses pour qu'on puisse en tirer des conclusions.

On a cherché à tourner la difficulté. Qu'est-ce en efiTet qu'une hélice actionnant un navire aérien en marche ? C'est une hélice qui en même temps qu'elle tourne se déplace avec une certaine vitesse dans une direction parallèle à son axe de rotation. Pendant ce double mouvement, l'hélice éprouve de la part de l'air une résistance que l'on peut décomposer suivant deux directions perpendiculaires. La composante parallèle à l'axe, qui par raison de symétrie coïncide avec cet axe lui-même, a reçu le nom de poussée. C'est, lorsque l'hélice est en marche, la force qui pousse en avant le navire aérien; et, s'il y a mouvement uniforaie, cette poussée est égale à la résistance à l'avancement de l'aéronef. Mesurer cette résistance ou mesurer la poussée de l'hélice, c'est en ce cas mesurer une seule et même chose. Or, il est beaucoup plus facile de mesurer la poussée d'une hélice que de mesurer la résistance d'un aéronef en marche. On peut employer dans ce but dés dynamomètres de différentes natures et en particulier la balance dynamométrique Renard plus ou moins modifiée*.

Dans la pratique, le mouvement en avant du navire aérien est produit par la poussée de l'hélice ellemême ; mais si nous n'avons pas d'autre but que de mesurer cette poussée dans des conditions identiques à celles de la réalité, il nous suffira que l'hélice soit animée par rapport à l'air ambiant d'un mouvement d'une vitesse uniforme de valeur déterminée, et

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