‹ Le vol mécanique les aéroplanesChapitre 50 sur 113 · MODES DE CONSTRUCTIONS DES HÉLICES AÉRIENNES · texte numérisé non relu

MODES DE CONSTRUCTIONS DES HÉLICES AÉRIENNES

Avant de terminer ce chapitre, je voudrais dire quelques mots de la façon de construire les hélices aériennes.

En général, elles se composent de deux pales, quelquefois de trois ou quatre, fixées sur des bras perpendiculaires à l'axe de rotation. Dans ces conditions, chaque pale d'hélice est soumise aux trois forces suivantes :

La première est la poussée parallèle à Taxe de rotation, qui tend, par conséquent, à faire fléchi^ la pale vers le côté de la face passive, c'est-à-dire vers l'avant de l'aéronef.

La deuxième est la traînée, qui s'oppose au mouvement de rotation et tend, par conséquent, à faire fléchir l'aile dans une direction perpendiculaire à l'axe en sens inverse de sa, rotation.

Le troisième effort imposé à la pale est la force centrifuge qui s'exerce vers l'extérieur du cercle balayé suivant la direction d'un rayon de ce cercle.

Dans la pratique, la force prépondérante est la

1. Voir à ce sujet un article paru sous ma signature dans la Revue scientifique du 22 janvier 1910.

force centrifuge ; mais elle a Tavantage d'exercer un simple effort de traction, tandis que les deux autres tendent à fléchir les pales ou les bras qui les portent. Or, on sait qu'il est plus facile de résister à un effort de traction qu'à un effort de flexion. Aussi, malgré leur faible valeur, par rapport à la force centrifuge, la poussée et la tramée fatiguent plus les pales d'hélice que cette dernière force, et c'est surtout pour leur résister qu'on est obligé de donner aux pales de fortes sections, et, par conséquent, d'alourdir les hélices.

Si, au lieu de donner à l'axe de chaque pale une direction perpendiculaire à l'axe de rotation, on le dirigeait suivant la résultante des trois forces auxquelles la pale est soumise, celle-ci n'aurait plus à résister qu'à un effort de traction, qui, dans la pratique, serait très peu supérieur à la force centrifuge, et on pourrait ainsi alléger d'une manière notable la construclion des hélices aériennes. C'est ce qu'a proposé le colonel Renard*.

La chose est d'autant plus facile qu'ainsi que l'auteur l'a fait remarquer, les forces appliquées à la pale sont toutes les trois proportionnelles au carré de la vitesse de rotation : la poussée et la traînée, parce qu'elles résultent de la résistance de l'air, et la force centrifuge en vertu d'unedoi bien connue de la mécanique générale.

11 en résulte que la direction de la résultante des trois forces reste la même à toutes les vitesses. Donc, lorsqu'on a donné à une pale d'hélice l'orientation convenable pour n'avoir à subir qu'un effort de traction à une vitesse déterminée, il en sera de même à toutes les allures. On peut, de la sorte, construire des hélices beaucoup plus légères. Le colonel Renard

Page 1