GÉNÉRALITÉS
Ou sait que les navires aériens plus légers que l'air ont reçu un nom commun à tous, quel qu'en soit le type, pourvu qu'ils emploient la sustentation statique : on les appelle des aérostats. Il n'existe pas encore ■ dans notre langue de terme similaire pour désigner les engins de navigation aérienne plus lourds que l'air, c'est-à-dire dans lesquels on a recours à la sustentation dynamique ; c'est une lacune qui sera, je l'espère, comblée dans un avenir assez proche ; mais, en attendant, nous sommes obligés de désigner ces objets par une périphrase et de les appeler tout simplement des appareils d'aviation.
Pour construire de semblables appareils, c'est-àdire des véhicules qui possèdent à la fois la faculté de se soutenir en l'air, grâce à une dépense continuelle d'énergie mécanique, et celle de se diriger à leur volonté dans l'atmosphère, grâce à la vitesse propre qu'ils possèdent, il suffit de faire appel aux notions que nous possédons sur les sustentateurs, les propulseurs et les carènes. Il faut, en outre, disposer d'une force motrice suffisante pour produire le travail de sustentation et le travail de propulsion nécessaires, en y ajoutant, pendant les périodes d'ascension, le travail de dénivellation.
Le rôle du constructeur d'un appareil d'aviation est donc double : il doit d'abord donner au navire aérien les formes convenables pour assurer la sustentation et la propulsion ; il doit, en outre, construire un moteur à la fois puissant et léger, capable de lui fournir l'énergie nécessaire. Ce que nous avons appris jusqu'ici peut permettre .de calculer quelle est, dans des conditions déterminées, la quantité d'énergie dont on doit disposer; en d'autres
termes, quelle doit être la puissance en chevaux du moteur embarqué à bord. Ce moteur est l'âme de l'appareil d'aviation; sans lui, quelque bien construit qu'il soit, il n'est qu'une masse inerte, capable tout au plus de descendre sans trop de dommage d'une hauteur à laquelle on l'aurait élevé par un procédé artificiel quelconque ; mais il est incapable de faire un trajet horizontal, de se maintenir longtemps dans Tatmosphère; en un mot, de réaliser le vol mécanique.
L'étude des moteurs d'aviation exigerait à elle seule un volume entier, aussi je ne l'aborderai pas dans ce livre, me contentant de renvoyer, le lecteur aux ouvrages spéciaux sur la matière. Je dirai simplement, dans les chapitres consacrés aux aéroplanes, quelques mots des moteurs les plus employés à l'époque actuelle. Aujourd'hui, il nous suffit de savoir qu'il faut, en aviation, des moteurs possédant une énergie spécifique aussi grande que possible, c'est-à-dire dans lesquels le poids du chevalvapeur soit réduit au minimum ; ils doivent en outre avoir un fonctionnement régulier et sûr, être exempts de trépidations, avoir un bon rendement, c'est-à-dire exiger une faible consommation de combustible. Toutes ces qualités èont difficiles à réunir, et c'est grâce aux efforts persévérants de nombreux ingénieurs que nous possédons aujourd'hui le moteur rêvé durant si longtemps, et ce sera grâce à la continuation de ces efforts que les aviateurs de l'avenir verront ces moteurs s'améliorer de jour en jour, et leur tâche ainsi rendue de plus en plus facile.
La question des moteurs n'est pas de l'aviatioD proprement dite, elle rentre dans la mécanique générale ; mais ce qui est du domaine spécial de l'ingénieur aéronaute, c'est de construire des appareils d'aviation qui utilisent le mieux possible la puissance