STABILITÉ ET MANŒUVRES TRANSVERSALES
Si Tair était calme, ou si le vent était toujours rectiligne et uniforme sur une grande étendue, il n'y
aurait aucune raison pour qu'un aéronef quelconque, et un aéroplane en particulier, s'inclinât à droite ou à gauche. Mais il arrive souvent, surtout dansle voisinage du sol,, que par suite de remous ou de simples inégalités de vitesse du vent d'un borda l'autre du sustentateur, les réactions de l'air sur la partie droite et sur la partie gauche de celui-ci, ne sont pas égales entre elles; l'aéroplane penche alors d'un
côté. Ces inclinaisons peuvent devenir fort dangereuses. La pesanteur appliquée au centre de gravité G (fîg. 90) est toujours verticaie, mais la force susteotatrioe reste perpendiculaire aux surfaces porteuses, elle prend donc en cas de roulis, une direction telle que GN. Si la vitesse n'a pas changé, la force susteotatrice peut rester égale au poids de l'appareil ; mais ces deux forces, au lieu de se faire équilibre, ont une résultante GR inclinée, qui tend à faire glisser l'aéroplane du côté où il penche; si Ton ne s'y oppose pas, il pourrait arriver jusqu'à toucher le sol par l'extrémité de l'aile la plus basse et on a vu beaucoup d'accidents de ce genre.
Nous verrons, dans un autre chapitre, comment la force centrifuge vient combattre les effets de ce genre, mais elle ne suffit pas toujours à s'opposer aux glissades transversales, et le seul moyen de les éviter, c'est de redresser l'appareil.
Lorsque le centre de pression est au-dessus du centre de gravité, le poids de l'aéroplane tend à ramener son plan de symétrie vertical ; pour que cette tendance soit plus efficace on a intérêt à relever Ife centre de pression et à abaisser le centre de gravité. Dans la pratique, c'est d'une réalisation assez difficile ; de plus, l'écartement de ces deux centres d'action donne lies à des mouvements pepdulaires désagréables et parfois dangereux.
En vue d'assurer la stabilité transversale des aéroplanes, on a proposé d^e disposer leurs ailes, non plus dans un plan horizontal, mais en forme de V
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très ouverty comme Tindique la figure 91. Dans ces conditions, les forces sustentatrices appliquées à chaque aile ont des directions obliques, telles que CN et C'N' ; elles viennent converger vers un point D situé dans le plan de symétrie de Tappareil, et c'est là qu'est le point d'application de leur résultante. Ce point D se trouvant à une hauteur plus ou moins grande au-dessus du centre de grayité G, on obtient par ce dispositif le même effet que si on abaissait celui-ci, et cela sans en avoir les inconvénients pratiques résultant de cet abaissement. Mais on ne supprime pas, par ce procédé, les mouvements pendulaires.
On a reconnu rinsuffisance des procédés de ce genre et la nécessité d'avoir des organes de manœuvre permettant de combattre les oscillations transversales ; on a recours dans ce but à l'emploi d'ailerons^ ou au gauchissement des ailes.
Les ailerons sont des surfaces fixées vers les extrémités des ailes et mobiles autour d'un axe transversal à la volonté de l'aviateur. Si l'appareil vient à pencher vers la droite, on abaisse l'aileron de ce côté ; cet aileron se trouve frappé par un courant d'air sur sa face inférieure , il tend par conséquent à relever l'aile droite et, par suite, à ramener l'appareil dans la position horizontale.
On aurait obtenu évidemment le même résultat en relevant l'aileron de gauche ; on aurait ainsi abaissé la gauche, ce qui revient au même que de relever la droite. L'effet aurait été deux fois plus puissant si Ton avait fait simultanément les deux manœuvres, et c'est en général ainsi que l'on procède. Les ailerons sont, la plupart du temps, conjugués de manière que si l'on abaisse l'un d'eux d'une certaine quantité, on relève en même temps l'autre d'une quantité égale.
Le gauchissement des ailes, imaginé par les frères
Wright, est chronologiquement antérieur aux ailerons. Il consiste à abaisser ou à relever, non pas une surface articulée bien définie, mais simplement un des angles postérieurs et extérieurs d'une aile ainsi que la région voisine de celle-ci. Dans une ailegauchissable, telle que ABGD (fig.92), les côtés ABét AC sont reliés invariablement au bâti de Tappareil, mais le sommet J) peut être, à la volonté de Taviateur, relevé ou abaissé d'une certaine quantité. Lorsqu'on fait cette manœuvre, l'abaissement du point D