LOIS DE LA SUSTENTATION HÉLICOÏDALE
On sait qu'un hélicoptère est un appareil d'Aviation à sustentation indépendante. Cette sustentation est assurée au moyen d'hélices à axe vertical, c'està-dire d'organes animés d'un mouvement de rotatico continu. De même que l'hélice propulsive à axe horizontal est le meilleur moyen d'assurer la propulsion d'un véhicule aérien, de même l'hélice à axe vertical est, parmi tous les organes que l'on peut imaginer pour assurer la sustentation indépendante, le plus rationnel de tous. Si, un jour, les appareils d'Aviation à sustentation indépendante entrent dans la pratique, ils seront certainement du genre hélicoptère. D'autre part, nous avons signalé au chapitre VI les avantages incontestables de la sustentation indépendante; il est donc tout à fait légitime de chercher à la réaliser, et, par conséquent, l'étude des hélicoptères est extrêmement intéressante.
Mais, il faut bien le dire, jusqu'à présenties résultats obtenus par la sustentation hélicoïdale ne sont pas très satisfaisants. Si l'hélicoptère est appelé à jouer dans l'avenir un rôle important, pour le moment, il n'existe qu'à l'état de desideratum ou d'appareils d'essai.
La raison en est que la sustentation hélicoïdale^
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LES HÉLICaPTÈRES 303
ainsi que nous Favons déjà fait connaître, est beaucoup moins économique que La sustentation aéroplane. Quelle que soit la manière dont on s'y prenne pour réaliser la sustentation dynamique, on dépensera toujours de Ténergie en pure perte, puisque aucun travail utile ne correspond au travail moteur fourni ; du moment qu'on fait de TAviation, il faut se résigner à cette perte inévitable, mais on cherche naturellement à la réduire au minimum. Or, nous savons déjà que la qualité sustentatrice d'une hélice à axe vertical est très inférieure à celle d'une surface porteuse d'aéroplane ; tandis que les qualités de ces dernières atteignent des chiffres de 10,20,30 et même davantage, celles des hélices les meilleures, expérimentées jusqu'ici, atteignent les chiffres modestes de 1,14 (colonel Renard), 1,6 (M. Auclair), et n'ont pas encore donné le chiffre 2. D'après des considérations théoriques, le colonel Renard a indiqué comme limite extrême de la qualité sustentatrice d'une hélice, telle qu'on l'a définie au chapitre des sustentateurs aériens, le nombre 6 ; selon lui, on ne pourra pas aller au delà.
Si l'on veut donc, dans ces conditions, réduire à des limites raisonnables la vitesse fictive d'ascension, on sera amené à donner aux sustentateurs hélictrifdaux des dimensions considérables.
Pendant les derniers temps de sa vie, le colonel Renard a approfondi cette question des hélices sustentatrices, dont il prévoyait l'avenir ; ces recherches ont fait l'objet de communications à l'Académie des sciences, le 23 novembre et le 7 décembre 1903. Il a, en outre, rédigé sur cette question, dans le courant de 1904 et au commencement de 1905, des notes, dont la Technique aéronautique a commencé la publication en 1909^. Le lecteur pourra se repor-