MOYENS DE S'OPPOSER A LA ROTATION DES HÉLICOPTÈRES
Il n'est pas sans intérêt, néanmoins, de se rendre compte de ce que devrait être un hélicoptère.
Ce n'est pas tout que de munir un appareil d'une hélice à axe vertical. Tant que celui-ci sera maintenu immobile sur le sol, en mettant le moteur en marche, on fera tourner l'hélice avec la vitesse calculée ; mais, dès que l'appareil sera librement aban-
donné au sein de l'atmosphère, en vertu du principe de l'action et de la réaction, il se mettra à tourner autour d^un axe vertical, en sens inverse de Thélice, avec une vitesse d'autant plus grande que Tair opposera moins de résistance k sa propre rotation, te cas se présente pour les hélices propulsives, mais nous avons vu au chapitre XI que la pesanteur
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s'opposait bientôt à ce mouvement et limitait, dans la pratique, l'angle d'inclinaison transversal. Il n'en serait pas de même pour les hélices à axe vertical, et le mouvement de rotation de l'appareil continuerait indéfiniment. Il faut s'y opposer coûte que coûte.
Un premier procédé consiste à munir l'appareil de plans verticaux d'étendue considérable, situés le plus loin possible de l'axe de rotation de l'hélice. Ce n'est là qu'un palliatif; ces plans éprouvant de la
part de Tair une grande résistance, modèrent la vitesse de rotation de Tappareil, mais ne la suppriment pas.
Un moyen radical, au contraire, consiste à avoir deux hélices ideii tiques, à vitesses égales, et tournanl en sens inverse; Ja réaction de Tune est équilibrée par celle de Tautre, et l'appareil conserve son orien-
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tatîon* Ce procédé a été adopté par tous les ingénieurs, et on ne conçoit plus aujourd'hui un héli* coptère sans une paire d*hélices égales» Ces hélices peuvent être placées Fune au-dessus de Paulre, comme Tindique la figure 106; il vaut mieux les placer l'une à côté de Faulre, comme on le voit dans la figure 107,
i 3. — PROPULSION OES HÉLICOPTÈRES,
Ainsi que nous Ta vous déjà signalé au chapitre YIIl, un hélicoptère réduit à ses hélices sustentatrices serait, à l'instar d'un ballon libre, pourvu de la sustentation sans posséder la direction; il serait donc le Jouet du vent. Pour avoir un appareil
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complet, il faut le munir d'un organe propulseur. L'idée la plus simple est d'ajouter aux hélices à axe vertical une ou deux hélices à axe horizontal, et de disposer les choses de manière à pouvoir les mettre en mouvement indépendamment les unes des autres. La manœuvre d'un semblable appareil serait assez simple : au moyen des hélices à axe vertical on procurerait à volonté la montée, le stationnement à hauteur fixe, ou la descente; les hélices à axe horizontal donneraient la vitesse propre.
Quelques ingénieurs ont reculé devant la complication résultant de ce grand nombre d'hélices, et ont préféré se donner la faculté d'incli- çv.
ner à volonté l'axe des hélices sus- ^\^ tentatrices. Dans ces conditions, la traction se fait suivant une ligne inclinée, et a deux composantes, l'une verticale pour assurer la sustentation, l'autre horizontale pour assurer la propulsion. On objecte avec raison à ce dispositif qu'il fig. io8.
supprime l'indépendance des deux fonctions ; mais on répond à cette objection en faisant remarquer que si l'on incline faiblement l'axe de l'hélice par rapport à la verticale, comme l'indique la figure 108, on obtient une composante propulsive importante, sans diminuer sensiblement la composante sustentatrice. En inclinant par exemple de 30 degrés l'axe de l'hélice, la composante horizontale devient égale à la moitié de la force de traction totale, tandis que la composante verticale reste encore égale à 85 p. 100 de cette force. Si l'hélice exerçait un effort sustentateur de 500 kilogrammes par exemple, on aurait diminué la sustentation de 75 kilogrammes pour se procurer une force propulsive de 250 kilogrammes.
Mais on peut faire observer que la nécessité de rendre mobiles à volonté les axes des hélices entraîne, dans la construction, une complication qui n'est guère inférieure à celle qui résulterait de la présence d'une hélice supplémentaire.