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CHAPITRE III

LE TRIPLE ROLE DE LA RESISTANCE DE L'AIR EN AVIATtON

Nous avons vu précédemment qu'un navire aérien plongé dans l'air ne peut, pour se maintenir à une hauteur donnée ou pour évoluer en tous sens, compter sur autre chose que sur la poussée exercée par l'air contre ses parois/Dans les aérostats, cette poussée peut résulter de l'application du principe d'Arc himèdc, c'est-à-dire être due à la différence de densité du gaz du ballon et de l'air ambiant ; une poussée de cette nature ne peut d'ailleurs agir que dans le sens vertical.

En aviation, il ne se passe rien de semblable. Si le navire aérien supporte de la part de l'air des efforts dont les directions et les intensités peuvent varier suivant des lois plus ou moins compliquées, ces efforts ne sont dus qu'à un effet dynamique, et ils résultent du mouvement relatif de l'aéronef par rapport à l'air ambiant supposé immobile; c'est donc une question de résistance de l'air. C'est sur elle, et sur elle seule, qu'il faut compter pour faire quoi que ce soit dans le domaine de l'Aviation.

Le mode d'action de cette résistance est fort complexe, et pour simplifier l'étude de la naviga-

TRIPLE RÔLE DE LA RÉSISTANCE DE l'aIR 43

tion aérienne par le plus lourd que Pair, on peut l'envisager sous trois aspects différents : Tair peut être considéré, soit comme un obstacle^ soit comme un support^ soit comme ua point d'appui.

Il est à peine besoin de dire que cette classification, que j'ai adoptée à la suite du colonel Gh. Renard, n'est qu'une conception de notre esprit; elle ne change rien aux lois fondamentales de la physique et de la mécanique, mais c'est une manière commode d'envisager les différentes questions et de coordonner ses idées.

§ 1. — L'AIR CONSIDÉRÉ COIIimE OBSTACLE

Nous considérerons l'air comme un obstacle, lorsque nous voudrons déterminer l'effort qui s'oppose au déplacement d'un navire aérien à travers l'atmosphère. Quelles que soient la forme et la nature de ce navire aérien, qu'il s'agisse d'un oiseau, d'un aéroplane ou d'un dirigeable, pour évoluer dans l'atmosphère, il doit déplacer un volume plus ou moins considérable de Tair qui se trouve devant lui ; l'air, ainsi déplacé, est obligé de se presser autour du véhicule, soit à droite ou à gauche, soit en dessus ou en dessous de la route parcourue par lui; il y a donc forcément, à l'avant et autour du véhicule, une zone où la pression de l'air se trouve augmentée momentanément. Par contre, la translation du corps solide crée à l'arrière un vide relatif que l'air déplacé primitivement vient promptement combler. Tout cela ne se passe pas sans résistance, et l'air se présente à nos yeux comme un obstacle qu'il faut vaincre.

Mesurer la grandeur de cet obstacle, étudier les lois suivant lesquelles il varie, rechercher les moyens de diminuer son intensité, tel est l'objet de la pre-

mière partie de l'étude de la résistance de l'air. Le but pratique est, en somme, de réaliser la construction de carènes aériennes, présentant le moins de résistance possible à l'avancement. Ici, l'air est donc un ennemi que nous devons renoncer à détruire, mais avec lequel il faut composer afin d'obtenir de lui les conditions les moins dures qu'il voudra bien nous accorder.

Il convient de remarquer que ce côté de la question intéresse la navigation aérienne sous toutes ses formes ; qu'il s'agisse d'un dirigeable, d'un aéroplane, ou d'un volateur naturel, l'obstacle existe, il varie suivant les mêmes lois, et on emploie des moyens analogues pour en diminuer l'importance.

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