‹ Le voleur, comédie en un acte, mêlée de coupletsChapitre 3 sur 19 · GERTRUDE , M. BONVOISIN · texte numérisé non relu

GERTRUDE , M. BONVOISIN

BONVOISIN , ouvrant lapnrte avec mystère , et arrivant sur la pointe du

pied.

Bonjour, petite voisine...

GÉRTRL'DE , ai'cc Un petit air boudeur. Ah! ça, monsieur, pourriez-vous me dire ce que vous venez faire ?..

BONVOISIN

Méchante !.. mais il me semble que ça se devine... est-ce que vous n'avez pas reçu ma lettre ?

GERTBUDE , tirant une lettre de son sein. La voici...

BONVOISIN

Oh! ne la dérangez pas...

GERTRXJDE, Usant.

« On dit que Cupidon qui chérit le mystère... » {Elle ouire le se crétaire , et y serre la lettre.) Je trouve que vous écrivez bien.

BONVOISIN

Pour un homme habitué à faire des rapports et à dresser des procès-verbaux , je ne tourne pas trop mal le billet doux...

Air : de J^oltaire chez JVinon.

L'amour à tout donne l'essor ; Il ferait marcher des béquilles. .

Et vous savez que c'est encor Par lui que l'esprit vient aux filles.

Aux sots même pris dans ses lacs Il sait donner de la malice I Pourquoi n'en donnerait-il pas Aux commissaires de police ?

OEKTRUDE-

Mais A quoi boa s'écrire , quand on demeure dans la même maison?.. L't si l'on surprenait nos lettres!..

BONVOISIW.

N'aie pas peur, Gertrude... il est un dieu pour les amans !..

( Il s'approche d'elle. ) GEUTKtJDE, minaudant.

Allons, finissez, enfant... je vous avais fait une réponse bien gentille que je comptais vous glisser à la faveur du bal... mais vous ne l'aurez pas...

BOJN'VOISIN.

Air : Vaud. de Partie carrée.

C'est de ce bal , justement , chère amie , Que je venais vous parler... tous les deux Dans un salon faire tapisserie , Gonvene/.-en , c'est assez ennuyeux.

GERTRUDE

Parlez pour vous, cavalier émérile , Car moi qui brave encore les faux pas , Je danserai bien sûr, si l'on m'iuvile...

BONVOISIN

Vous ne danserez pas.

Yilain jaloux! gertrude.

BONVOISIN

Devantle monde, on ne peut se rien dire... enfin je voulais vous conduire ce soir au spectacle...

GERTRUDE , i>ii>ement.

Vous avez des billets ?

BONVOISIN

Est-ce que je n'ai pas ma loge ?

GERTRUDE

Tiens , c'est vrai , la loge du commissaire de police... elle est commode votre loge, mais elle est furieusement étroite...

BONVOISIN

On tient toujours une personne de front sur le devant...

GERTRUDE

Et qu'est-ce que l'on donne ?

BONVOISIN

Un acteur de Paris quiest en tournée... monsieur... monsieur... Odry...

GERTRUDE

Ah! Odry... je connais...

BONVOISIN

Un liomme superbe...

GEaTRUDE.

J'en ai entendu parler, un acteur de l'Odéon... Dieu, moi qui suis folle de la tragédie !.. {Changeant de ton. ) Mais ma nièce... que je dois mener au bal...

BONVOISIN

Elle ira se coucher... (]etle petite nous gêne toujours , pourquoi ae la mariez-vous pas?

GERTRLDE , soupirant.

Ce n'est pas si facile que vous croyez de trouver un maril..

Air dt l'Ai liste.

J'ai bien quelqu'un encore Pour elle , un marguillier...

BONTOISIN.

Et ce jeune Isidore ?

GERTRUDE

On ne peut les marier.

On dit qu'il est aim;ible Et très-fort de son goût , Mais pas de mœurs...

BO>-VOISI\.

Ah! diable!

Oui , les mœurs avant tout.

( // l'embrasse. ) Il est bon d'être aimable , Mais les mœurs avant tout.

(// l'embrasse encore^ (Dorothée paraît à la porte de sa chambre.)

GERTRLDE , à mi-^voix. Achille , prenez donc garde... voilà Dorothée ; voulez-vous donner des idées à cette enfant?..

(Bonvoisin se redresse et prend une attitude sévère. )

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