‹ Le voleur, comédie en un acte, mêlée de coupletsChapitre 4 sur 19 · SCENE ÏV · texte numérisé non relu

SCENE ÏV

LesPrÉCÉDENS, DOROTHEE , en toilette de bal, un liire à. la main. DOROTHÉE, afcc embarras.

Pardon , ma tante , je vous croyais seule.

BOKVOisiK , à mi-voix.

La petite nous a vus...

GERTRUDE , allant prendre vivement Dorothée par le bras. Eh I bien, où allez-vous , mademoiselle? Est-ce que M. Bonvoisin vous fait peur?

DOROTHÉE, naïvement.

Non, ma tante, mais connue j'ai vu qu'il vous parlait ;i l'oreille... j'ai pensé que vous aviez peut-être des secrets à vous dire... GERTRUDE , comme soulagée d'un poids.

C'est très-bien , mon enfant; en effet, monsieur Bonvoisin me disait des choses au-dessus de ta portée, et en te voyant il a jugé à propos de finir la conversation d'un peu plus près.

DOROTHÉE

C'est ce que je me suis dit ensuite ; car... d'aboid...

( Elle rit naïvement.) GERTRUDE, qui redevient inquiète.

D'abord quoi?

DOROTHÉE

Ohî rien , ma tante, c'est une simplicité de ma part.

GEUTRTJD!-: , aiwc i (hier lie.

Enûn , ujademoiselle ?

DOROTHÉE, embarrassée. Yous allez vous moquer de moi. {Elle rit toujours avec naïveté. ) J'ai cru dans le premier moment...

GERTRUDE

Yous avez cru?. .

DOROTHÉE

Que monsieur Bonvoisin vous embrassait... là...

GERTRUDE

Oh! la sotte.

( Elle lance un regard à Bonvoisin.)

BONVOISIN , de même à mi-voix.

Yoyez-vous la petite chercheuse d'esprit!., comment elle a cru que je vous... (// rit et s'approche de Dorothée en lui frappant sur la joue. ) Pauvre petite , il ne faut pas rougir pour ça.

DOROTHÉE

Dam , monsieur le commissaire , ce n'est pas ma faute.

BONVOISIN

Aussi on ne vous mettra pas en prison. {Il l'embrasse.) Embrassez-moi et il n'y paraîtra plus.

GERTRUDE , bas , le pinçant.

Eh I bien , dites donc vous? c[u'est-ce qui vous prie ?..

BONVOISIN , bas , ricanant.

Non, c'est que je lui parle à l'oreille.

GERTRUDE, passant au milieu.

Mauvais sujet!.. {Haut. ) Allons, mademoiselle, retournez dans votre chambre , et une autre fois ne venez pas interrompre les conversations.

DOROTHÉE

Mais, ma tante, est-ce que nous n'allons pas bientôt partir ?

Non , mademoiselle , nous n'allons plus au bal.

DOROTHÉE

Ahî.. ah! ma tante , vous voulez me faire peur.. Et votre robe neuve que vous avez mise ?

GERTRUDE

Je l'étrennc pour un meilleur usap,c... monsieur Bonvoisin m'accompagne au sermon, à une société de bienfaisance.

DOROTHÉE

Ah! mon Dieu, mon Dieu. { ^ elle-même. ) l\fa cousine Desrosiers qui avait fait inviter M. Isidore exprès pour moi.

GERTRUDE

Que marmotez-vous entre vos dents?

DOROTHÉE

Je dis que ce n'est pas en restant toujours enfermée que je trouverai à me marier.

( Geripude met des gants , prend son sac. ) BONVOISIN.

Mon enfant, rapportez-vous en là-dessus à votre bonne tante.

DOROTHÉE

Air Je Te'riiers.

Oui , pour sa nièce aussi bien que pour elle, Si ma bonne tante s'v prend , Je n'aurai plus qu'à reslei- demoiselle. GERTRiUE , à Bonvoisin.

Vous l'entendez , ah! c'est Irop fort vraiment , Moi, demoiselle !..

BONvoisiN , à Gerlrude.

Allons point de colère.

r.ERTRUDE.

Moi , demoiselle ! ah ! j'en meurs de dépit.

^,o^•voISIN Mais faut-il d(jnc vous emporter, ma chère. Contre un enfant qui ne sait ce qu'il dit.

GERTRTJDE.

C'est la lecture qui vous monte la tèle !.. <)u'est-ce que c'est que ça?

DOROTHÉE , pleurant.

Les Aventures de Télémaque.

GERTRL'DF, , lui prenant le volume.

Je le disais bien... des mauvais livres.

DOROTHÉE

C'est un prix que j'ai eu à uia pension.

GERTRL'DE.

Il y a dedans une Calypso qui est du plus mauvais exemple...

BOKVOisiN, à Gertrude.

Allons, allons, vous savez que vous êtes sujette aux nerfs...

Air :

( Se reprenant, )

Je ne vois plus aucun obstacle , Nous ferons bien de nous presser, Car voici l'heure où le spectacle...

Où le sermon va commencer ,

Vite , allons nous placer.

GERTRUDE , jetant le Hure.

Que d'ici Cahpso déloge!..

Quittez cette robe de bal, Et relisez votre Eucologe...

C'est instructif, et c'est moral !

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