SCÈNE Via
Les Mêmes, MA.RIE-L0tTI8E
ISABSLLE. Ahl
RAYMOND. — Parlez!
MART^-LOUiSE, essouffUe. — Je ne le vois ^as!... Il n'est pas dans le parc.
RAYMOND. — Allons dono !
MARTE5-LOUI5B. — Sûrement! Je Tiens du grand bois, et j'ai appelé, appelé! Il doit être remonté chez lui! Sa ohatmbre est éclairée...
ooNDOiN. — Ah! tant mieux! tant mieux!
RAYMOND. — Sans nous dire bonsoir !
GONDOiN. — Monsieur Lagardes, puisque ioutes choses restent en l'état, voulez-vous MC donner l'autorisation d'interroger votre fils; de l'interroger à ma manière?
RAYMOND. — Qu'en penses- tu, iiichard P
RICHARD. — Si j'étais de toi, je consentirais. Cett^ atmosphère est irrespirable!
HATMOND. — Soit! Je vais le faire appeler!
Si s.'aYan«e pour sonner. A ce momewt, Fernaud fntre p»r la porte du hall.
SPftNE IX
Les Mfmes, FERNAND
PETbK AN!» B02lS0ir .'
RAVMOND. — Bonsoir, Feiiifind '
Uh silenoe.
GtDNDOiN. — Monsieur Fernand, vous trouvez des visages et des cœurs tristes. Votre famille, vos amis, sont consternés.
FBRNAND. — Pourquoi ?
c.'ONDOTN. — Que je vous révèle, d'abord, la véritable raison de mon séjour parmi vous. Je suis envoyé par le procureur de la République.
FBRNAND. — Par le procureur !
GONDOiN. — Oui... Des vols ont été oom mis au ohâtoau.
FKRNAND. — Ici !
(iONDoiN. — Ici. Le voleur a dérobé mie très grosse somme.
FERNAND, d' iiii toii surfris. — Ah!
GONDOiN. — J'ai pensé que vous pourriez nous fournir certains éclaircissements. Mes ."wmpçous se sont arrêtés sur le maître d'hôtel.
FERNAND. — Louis !
aoNDOiN. — Louis. Le vieux Louis. Je conçois votre émotion. Cet homme sert votre famille depuis trente ans.
FERNAND. — Mais Louis n'a pas volé!
GONDOiN. — Vous le jugez incapable d'une action malhonnête ?
FERNAND. — Absolument incapable.
GONDOiN, qui regarde fixement Fernand.
■^ Et vous seriez prêt à renouveler cette déclaration sous la foi du serment? devant un tribunal ?
FERNAND. — Tout prêt !
GONDOIN. — Alors, dites-moi le nom du voleur !
FERNAND. — Mais, jo l'ignore!... Comment voulez- vous... ?
GONDOiN. — Vous ne connaissez pas l6 Toleur ?
FERNAND. — Le voleur !
OONDOIN. — Mais si, a'-ous le coiinaisseB !
FERNAND. — Est-ce quc vous plaisantez?
GONDOIN. — A^ous connaisses bien M"® Jessie Arnold ?
FERNAND, sursauton^. — Dites donc, vous! Je vous défends...
GONDOiN. — Ne vous fâchez pas! Racontez-nous ce que vous faisiez, là-haut, ce soir, à neuf heures un quart.
FERNAND, trovhlc . — Là-baut?
GONDOIN. — A l'étage qu'habite M*^^ La/gardes.
FERNAND, baissant de ton. — Je ne suie pas allé là-haut.
GONDOIN. — On vous a vu monter. A neuf Inures un quart !
FERNAND, même jeu. — C'est une er- 'eurl... Je ne suis pas allé là-haut!
GONDOIN. — D'ailleurs, vous montez sourent !
FERNAND, très ttouhlé. — Mais non! C'est une erreur !
GONDOIN. — Vous n'êtes jamais entré dans le boudoir de M"^^ Lagardes?
FERNAND. — Jamais !
OONDOIN. — Hein ? Reg-ardez-moi.
FERNAM);, hésitant. — Je ne me rappelle las... Noii;, jamais!
GONDOiN. — Kegardez-moi donc!... C'est ous le voleur !
FERNAND, faihlement. — Moi?... Mais ous vous trompez, monsieur. Je n'ai rien olé.
GOXDOi.N. — C'est vous qui avez pris Parient de M"**^ La^ardes, dans le tiroir du ser et aire.
FERNAND. — Je VOUS répète...
GONDOiN. — Inutite de uier ! Vous n'osez as lever les yeux.
FERXAND, fe<jarâaiit Goadoiii en face, icds ixirlant sans conviction. — C'est aux!... Je n'ai pas pris cet argent.
RAYMOND. — Fernand ! Fernand ! Tu ne BUS pas que le ton, que l'accent de tes réonses te perdent?
GONOoiN. — Avouez donc, mon ami !
FERNAND. — Non... Je n'ai pas pris cet rgent !
RAYMOND. — Mais indigue-toi !. . . Mais urle!...
GONDOiN. — Il est raisonnable!... Il sait ue je le tiens, que je l'ai vu!... Je vous ai u!... Avouez, mon garçon. Ne prolongez as cette situation qui est affreuse pour les ôtres.
Un temps.
RAYMOND. — Eh bien?
FERNAND. — Je veux te parler, papa... A >i seul.
RAYMOND. — Inutile! A présent, ton inur'e est publique!
Il s'assied, accablé.
GOM>oiN. — Allons, vous avouez? (Signe ffirmatif de Fernand.) Parbleu! Comment wiez-vous que M^® Lagardes déposait so*i rgent dans ce tiroir?
FERNAND, après une hésitation. — Mais je... je le savais.
GONDOiN. — Et comment l'ouvriez-vous, le tiroir ?
FERNAND. — J'avais essayé plusieurs clefs... je n'y arrivais pas... alors, j'ai glissé la lame de mon canif dans la rainure... et j'ai abattu le pêne.
GONDOTN. — Exact. {Se retournant vers les autres et avec un sourire professionnel.) J'ai constaté que presque tous les tiroirs de la maison peuvent être ouverts de la sorte ! Et pour refermer?
FERNAND. — Je me servais d'une clef quelconque... la clef du bahut... Elle n'ouvrait pas, mais elle refermait...
GONDOiN. — Combien avez-vous pris, en tout ?
FERNAND. — Vingt et un mille cinq cents francs !
GONDOiN. — Où so^it cachés les^ quat-re cent cinquante francs de tout à l'heure ?
FERNAND. — Je ne les ai pas oaohés... Les voici !
GONDOiN, examinant les billets. — Farfaiiement. Je retrouve les marques. (A Rayihond.) Monsieur...
RAYMOND, à Fernand. — Va m'attendre dans ta chambre!... Je te parlerai ix)ut à l'heure !...
FERNAND. — ■ Bien, papa !
IL sort.
aiCH.\RD^ à Maymond. — Mon pauvre vieux ! Mo*i pauvre grand !
RAYMONT). — Mes amis ! Il faut me laisser. Ne me parlez pas!... Laissez-moi avec ma femme!... C'est un coup cruel! Je réclame un peu de solitude... Il faut me laisser.
Le rideau baisse, tandis que les per^oanaiges, sauf Raymond et Isabelle, sortent em. silemoe.
MARIE-LOUISE. — Ouf!... Mox Kiky, je n'es peux plus!