SCÈNE II
Les Mêmes, HUBERT LE CERTIER
Le Certier. cjuaiantc-ciiiq- ans. de l'allure.
iJL ciniTiER, se cuclmnt la f'u/ure dans son cliopeiiyi. — Oh! pardon!... je ne savais pas, je n'ai rien vu, je repasserai.
iJLAxcLit. î~-Mais, entrez donc notre oncle.
iJE CEUTiKR. — \on, non, je vous dérange.
liLANCHE. — Notre oncle, \oas ne nous dérangez jamais!
i.E cERTiiitt. — C'est que ie nr'ai tout l'air d'interrompre un iii —
lîLANfHE. — Oh! de Vi^ux mariés comme nous...
MAi^icE. — De Vieux mariés... de vieux mariés... Si Hubert n'était pas arrivé fort mal à propos...
LE CERTIER. — Je peux m'en aller.
iBLANCHE. — II serait trop attrapé!
LE CEUTiroR — Alors, la sage Blanche se livre entre chien et loup à ces petits jeux conjugaux !
RL-AXCHE. — Bien rarement, notre oncle, bien rarement î
MAURICE, vivement à Le Certier. — D'où sors-tu, toi ?
LE CERTIER. — Mais de mon petit pavillon, de mon logement.
MAURICE. — Ah! tu n'es pas un invité encombrant, on ne te voit jamais!
BLANCHE. — Vous so-vez qu'cn septembre.
ii y fera ti-ès froid, dans le petit pavillon !
MATRICE. — U n'y a pas de cheminée.
BLANCHE. — Venez habiter le château, je vous donnerai 1« grande chambre de la rotonde.
MAURICE. — Viens donc, tu seras tout aussi isolé.
LE CERTIER. — Mes chers amis, si vous avez pour moi ça d'affection, il faut me laisser dans votre pavillon où je vis si heureux.
MAURICE. — ElletB t-e tieainent à cœur, tes petites habitudes, hein, vieux maniaque?
LE CERTIER. — Parfaitement; et puis làbas, mon valet de chambre habite au-dessus de chez moi, je n'ai qu'à frapper au plafond avec ma canne pour le faire descendre, j'adore ^a.
MAURICE. — Encore un qui doit vi.^ gaie, ce A-alet de chambre!
BLANCHE. — Est-il vrai que von s nez vos ordres par signes?
MAURKTi. — Oui; il prétend q.if as pas '^.drîY'.sé l.i parcii; tlepuis douze ans.
LE CERTiKR. — Il oxa^èrc.
avoir la lui don-
BLANCHE. — Enfin, notre oncle, à qu#i passez-vous vos journées?
LE CERTIER. — Je les passe avec vous, en pai'tic.
ULA.NCiiE. — En très petite partie! Et le reste du temps?
LE CERTIER. — Le rcstc du temps, je rêvasse; .je fais de l'hygiène, je lis, j'écris... tenez, je viens d'écrire longuement à mes neveux...
MAURICE. — Tous les hommes sont tes neveux.
BLANCHE
ele à tous.
LE certip:k. — Eh bien, aux fils de feu non frère, si vous préférez.
MAURICE. — Deux belles fripouilles ! Tu en es content?
LE CERTIER. — Assez coutcut... le plug jeune s'est fait refuser à Saint-Cyr, mais l'aîné a été reçu au cercle.
- MAURICE. — Tu ne peux rien dire.
LdE CERTIER. — A propos, je lui cherche un conseil judiciaire, à l'aîné: j'ai pensé à toi.
MAURICE. — Tu es vraiment bien gentil.
Puisque vous êtes notre on-