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L.ES MÊMES, BLANCHE

JOUJOU.. — Tiens, Blanche!...

BLANCHE. — Bonsoir, ma petite Joujou.

JOUJOU. — Je te crovais au boudoir làhaut!

BLANCHE. — Non Maurico m'a oubliée dans le jardin.

MAURICE. — Moi?

BLANCHE. — Oui, toi, tu ui'as dit : « Je reviens dans deux minutes )>, et il y a plus d'une demi-heure que tu es parti.

JOUJOU. — Si j'av:ais su!

BLANCHE. — Enfin, je te pardonne, puisque tu tenais compagnie à Joujou; do quoi par liez- vous?

MAURICE. — De musique.

JOUJOU. — De musique!... Mais est-il menteur!... Est-ce drôle ce besoin de mentir ! Nous ne parlions pas musique le moins du monde. Monsieur veut absolument que j'aie eu des aventures.

BLANCHE. — Oh ! Maurice, après ce que nous t'avons dit, Germaine et moi?

MAURICE. — Je suis entêté.

JOUJOU. — Comme il m'était impossible de lui donner satisfaction, il se livrait à une enquête approfondie sur mon passé.

BLANCHE, à Maurice. — C'était ton droit, je ne t'aurais pas grondé.

MAURICE. — Si on ne peut plus plaisanter!...

Un silence.

BLANCHE. — Mes enfiints, j'étais rentrée me coucher...

JOUJOU. — Tu ne dînes pas avec nous?

BLANCHE. — Vous ns m'en voudrez pas, je suis une pitoyable maîtresse de maison...

JOUJOU. — Oh ! ma chérie !

BLANCHE. — Si, si ; deux jours sur crois, je disparais à l'heure du dîner, mais je me sens un peu lasse encore, alors je crois que le plus sage... , *

Joujou

MAURICE. — Parfaitement, mon loup, tu es très raisonna le; si tu es fatiguée, oouche-toi tranquillement. Du repos! surtout du repos!

Bi^NCHE. — Tu feras les honneurs?

MAURICE. — Compte sur moi.

BLANCHE. — Et tu viendras me dire bonsoir, après le dîner ?

MAURICE. — Naturellement; j'irai t'embrassex avant de me mettre au whist.

JOUJOU. — Mais nous grimperons tous, et, si tu n'as pas sommeil, Germaine et moi, nous te tiendrons compagnie... Veux-tu que je monte avec toi maintenant?

BLANCHE. — Ne t^e donne pas cette peine, ma chérie.

JOUJOU. — Ça ne me donne aucune pe'ncje t'aiderai à te déshabiller ; ta femme de diambre doit être encore à table.

MAURICE. — Mais non, il y a une deii:> heure que Louise a fini de dîner.

BLANCHE. — Oui, ma petite Joujou, ;^l ▼ais la sonner ; je te remercie.

JOUJOU- — Je t'assure que ça me ferai^ plaisir.

MAURICE, à Joujou. — Ma chè-re r.mie vous êtes tout à fait gentille, mais croyezmoi, n'insistez pas... Je sais que Blanche préfère monter seule; n'est-ce pas, mon loup?... Je la connais, si elle s'imagine qu'elle déronge quelqu'un, elle ne se soignera plus. C'est du repos qu'il lui faut, rien que du repos... Va, ma petite Blanche, va te reposer.

BLANCHE. — Je monte, bonsoir.

JOUJOU. — Pas bonsoir.

MAURICE, qui a accompaqné sa femme jus f«'à la porte. — A tout à l'heure!

que vous avez été embrassée par des tas ôfgens, et...

JOUJOU. — Comment, par des tas de gens! Vous êtes toqué! j'ai été embrassée par deux hommes en tout, sans compter mon mari, bien enteiidu,

MAURICE. — Bien entendu. Et danîT quelles circonstances avez-vous été embrassée par ces deux hommes?

JOUJOU. — Ça va durer longtemps, cet in-'

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