‹ Le voleurChapitre 43 sur 65 · ANECDOTES · texte numérisé non relu

ANECDOTES

ten'ogatoire ? Il me semble que je suis de nouveau fiancée.

MAURICE. — Joujou, racoutez-moi ces deux anecdotes et plus jamais je ne vous ennuierai ; parole! allons, ne vous faites pas prier!... Le premier de ces messieurs, comme on dit chez le coiffeur!

JOUJOU. — Le premier de ces messieurs... je ne me rappelle plus son nom.

M-AURUE. — Son nom m'est bien égal.

Où a-t-il commis la chose?

JOUJOU. — Dans mon coupé.

MATRICE. — Tiens! tiens!... Il ét-ait jeune ou vieux? Il faut v<nis arracher les mots!

JOUJOU. — Il était jeune et avocat, et secrétaire, depuis quinze jours, de mon mari. A un bal où j'étais allée seule, je l'avais prié de me reconduire. J'inaugurais, ce soirlà, une très jolie robe assez décolletée et je ne devais r^^s être trop désagréable à regar-

Joujou

der, .si j'en juge par ce qui est arrivé. En guise de manteau, j'avais une grande pèlerine très lâclie connue on en portait cette année-là... Dans la voiture, mon compagnon a commencé par se tortiller la moustache en silence, et puis, tout à coup, il m'a saisi les mains, il a écart-é ma pèlerine, et il s'est mis à m'embrasser les bras tant qu'il a pu '

MAURICE. — A travers l'étoflFe?

JOUJOU. — Je vous dis que j'étais en décolleté. Je ne sais pas ce qui lui avait pris à ce garçon !

MAURICE. — Je le sais, moi... Vous vous êtes débattue!

JOUJOU. — ]*lniôt!

MAURICE. - - Vous avez crié?

JOUJOU. — Pourquoi crier? je lui ai intimé l'ordre de cesser.

MAURICE. — Et lui?

JOUJOU. — Il a continué.

MAURICE. — Vous avez fait arrêter la voiture?

JOUJOU. — Ob! non! j'^ai horreur des scandales inutiles; ces machines-là, c'est bon pour les femmes qui ont besoin de se réhabiliter.

MAURICE. — Alors, il vous a embrassée pendant tout le trajet?

JOUJOU. — A peu près.

MAURICE. — Vous deviez être furieuse?

JOUJOU. — Sur le moment j'ai eu surtout envie de rire.

M.VURICE. — Ah! vous n'avez pas été plus révoltée que cela? Au fond, ça vous a peutêtre été agréable qu'il vous embrassât... Dites, est-ce que ça vou^s a été agréable, par hasard?

JOUJOU- — Très agréable !

MAURICE. — Mes félicitations! Et vous l'avez revu, ce jeune homme?

JOUJOU. — Jamais. Le lendemain, je lui ai envoyé un petit mot pour le prier de résigner ses fonction.s auprès de mon mari efe de ne plus reparaître chez moi. Tl a obtempéré.

MAURICE. — A la Marguerite de Bourgogne, quoi!,.. Et le second embrasseur?

JOUJOU. — Oh ! Maurice, si on jouait à autre chose?

MAURICE. — Non, non, non, le second embrasseur ?

JOUJOU, récitant les yeux au ciel. — Le second em'^rasseur, officier de cavalerie, a opéré, voilà deux ans, lors d'un séjour que je fis en Normandie.

MAURICE. — Chez vot>re mère! Je oompv ;ds à présent!

JOUJOU. — Vous ne comprenez rien du tout. Nous nous connaissons depuis notre enfance, lui et moi, et jamais il n'avait manifesté la moindre velléité de flirt. Ce soir-là, nous nous promenions dans le jardin, en ba- A^ardant de choses indifférentes, quand, sans ïime ni raison, il >' arrête au milieu d'une allée et me dit à brûle-pourpoint : (( Sa-

vez-vous que je vous aime à la folie i m Stupéfaite, je lui réponds : « Depuis quelle heure? — Depuis toujours! — Comme vous avez été discret jusqu'ici! » Je ne sais paœ s'il a pris mes paroles pour un reproche ou un encouragement, mais je les avais à peine prononcées que j'étais bel et bien...

MAURICE. — Embrassée?

JOUJOU. — Parfaitement ; et que mon agresseur s'enfuyait à toutes jambes.

MAURICE. — Embrassée... en plein?

JOUJOU. — En plein... sur la bouche.

MAURICE. — Il ne se gênait pas l'ofûeier; c'était un hussard, au moins?

JOUJOU. — Non, un dragon.

MAURICE. — Ah! oui... Et cette fois-là aussi, ça vous a été agréable?

JOUJOU. — Très agréable!

MAURICE. — Et lui, non plus, voits ne Vavez jamais revu ?

JOUJOU. — Jamais- Je partais le lendemain.

MAURICE. — VoUiS allez bien d-ans la petite bourgeoisie!

JOUJOU. — Il n'y avait de ma faute, jte suppose...

Un silence.

M.4URICE. — Joujou, VOUS avez peut-être eu tort de ne pas garder pour vous vos petits souvenirs. Tort ou raison, ça dépend du point de vue.

JOUJOU. — Et pourquoi ?

MAURICE. — Parce qu'autrefois, tous me représentiez quasiment une sainte; enfin, je vous considérais à peine comme une femme. T.

JOUJOU. — Vi'aiment !

MAURICE. — Vraiment ; dans ce sens que jamais à votre égard, une pensée un peu... leste ne me traversait l'esprit... J'avoue que ces derniers temps, une métamorphose s'opérait en moi ; eh bien, vous venez, en quelques mots, de la rendre complète, la métamorphose... Depuis un instant, vous êtes redevenue une femme... Oh! mais là, tout à fait!...

JOUJOU. — Voyez-vous ça !

MAURICE. — Et comme moi, pendant que vous redeveniez une femme, je n'ai pas cessé une minute de demeurer un homme...

JOUJOU. — Maurice, Maurice, vous- allez dire des bêtises.

MAURICE. — Je ne sais pas si je rais dire des bêtises, mais je suis à ça, voyez-vous, à ça de vous faire la plus bouillante de» déclarations !

JOUJOU. — Au revoir, à tout à l'heare!

MAURICE, barrant la sortie. — Je voiis déplais donc si fort !

JOUJOU. — Mon petit Maurice, tous me prenez pour M'"® X ou M™* Y... Laissee-moi passer.

MAURICE. — Vous êtes féroce, Ji^^fCn....

JOUJOU. — Je veux monter m'habiller.

MAURICE. — Eh bien, vous ne monteies pas !

Joujou

JOUJOU. — Vous ne désirez pas oue ia change de robe? ^^' '^""^ J^ ^. f ^ijou, tournant autour de la tahU

Il faudra m'attraper d'abord CMarche's Z

MA UIU CE.

. "^"ous ne monterez pas avant ,L/f ^^^ ;'^ ''^^^.'■^P®^ d'abord. QIarches\t

que je vous aie embrassée. ^ ""* contremarches infructueuses de Maur\ct\

.JOUJOU. - Ah! .ous allez me ficher In ^^°"^ P^"™^« eontinn.. i....:i„:'^«"^^^^)

paix! ^^ix^i la

MAURICE. ^ C'est trop injuste! Pourquoi 1 officier de dragons et pas moi ?> ^"^^^^^

JOUJOU. L'offi'^ipT n'oT-^,- +

j-( viiiv^iei na\ait pas eu le

«ADEICE. - C'EST MALIN, CE OBX .E VIEN. DK FAIRE la!

S'qt."' '""'^•"■^' ""'^ <'"'"■' -y- P--

MAURICE, marchant sur elle -— p., ,i^ :;?..eonnemenfaI Je suis pour l,/ iustico moi

MAURICE. — Parfaitonient.

i^ou^pourrion. continuer longtempr:,%':tH^

MAURICE: - Oh ! je SUIS tenace JOUJOU. - Moi iciem'

miMÔif"- .T ^'' ''''^"' ""»« «esterons ici JOLJOU, s'e/orifnnf fers le mrfp /. 1„

che. - Vou« avel oublié ^e côté-Tà- ^

ne "arpasouSI/^Sr^lf -,:^ ^"^-. Je pa., la%orU <le ^Z/Trt:^::^^^

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Oh!

Et le bruit d'une maîtressB i,in^ t ■

Joujou !...

MAURICE, ^^71 pet, penaud, il^coutez, Joujou !

JOUJOU. — Vous êt€s un misérable!

Elle sort.

bien"™""' Tv 'V' *"i""* '" :'''""• - El» ■ len vrai!. Ayez donc des invitési Mffo^f

Poi/sT:^.f,^ P^-'^.^ ^"e m'a maiî^ur.

''l'Kli^e '" '' '' ^^-^^ ^^ i-'- ^ commencé

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