MAURICE, GERMAINE
,PI Oermame en robe de dîner, légè.rement décol-
î'inS^^- - ^"^ P^^^-^ ^«t seul, à MAURICE. — Moi? pas du tout
ie ^TensT. ~ ^"^'f'' K'' ^"^ »--"»eiuations. je Men. de rencontrer Joujou dans l'e^calie;
1 1^ ^ ïn'' ^"'^ ^"^"e '-^"ssi parlait toute
seule. Elle sortait d'ici, JouiouP MAURICE. — Non^
GERMAINE. - Elle ne sortait pas d'ici ? MAURICE. - Je vous dis que non GERMAINE. -^ Mais alors, d'où sortait^Uo^ MAURICE. Est-ce que je sais, moP Je
ne suis pas chargé de la garder
GERMAINE. — Ditcs-doTlP .-^«
être poli! ^^'^«^s aonc. ^ous pourriez
^ni^'^T'^'^-r y^^^ ^'^^^' oxcusez-moi.. ie Irn^ui.'' " "v "" "" S^^ désagrément
vairn'u'ell^p'^"^^ ^^^^ ^^" ^^ -- MAURICE. - Oui, de trè« mauvaises.
Joujou
— ■ Sont-elles sérieuses au
Très sérieuses.
Vous pouvez bien
me les
Pour que vous vous nioquiez
ciîUMAiNE. — D'une femme?
MAUUiCE. — Oui, d'une femme.
GERMAINE. — Eucore ! Pourquoi trompezvous cette pauvre Blanche du matin au soir y
MAURICE. — Je l'-attendais colle-la!,.. Ça devient énervant à la lin ! Est-ce que je vous demande pourquoi vous trompez votre mari ?
iJERMAiiŒ. — Je ne le trompe pas.
MAURICE. — Laissez-moi rire.
GERMAINE. — Eu tout oas, moii clier, vous devriez être le dernier à me poser cette question.
MAURICE. — Aussi ne la posé-je point.
GERMAINE. — Et puis il y a une différence, je suppose, Blanche est une femme délicieuse.
MAURICE. — Max est un charmant garçon.
GERMAINE. — Vou8 êtes très amusant da.ns ce rôle-là... plus que dans d'autres!... Enfin, moi, j'ai mes raisons.
MAURICE. — Je serais curieux de les connaître.
GERMAINE. — Je trouve très inutile de vous les confier.
^tAURICE
moins !
<:ermaine. —
MAURICE
dire alors.
GERMAINE
de moi !
MAURICE. — 11 y a des choses avec lesquelles je ne plaisante pas. J'écoute vos raisons, Germaine.
GERMAINE. — Xon, uou, VOUS allcz rire.
MAURICE, — Pas du tout, puisque vos raisons sont sérieuses,
GERMAINE. — ■ Ellcs sout séricuscs pour moi.
MAUhiCE. — Enfin, je m'engage à^ une parfaite gravité ; voyons, pourquoi trompezvous ce bon Max ?
GERMAINE. — Je le trompe,.., je 1© trompe, parce cju'il est tout petit,
MAURICE. — Hein ?
GERMAINE. — Jamais je ne pourrai aimer qu'un homme grand, très grand.
MAURICE. — Eh bien, de toutes les hypothèses, voilà certes la dernière à laquelle je .ne serais arrêté. Mais il l'a toujours été petit ! Vos idées ont donc changé depuis le mariage?
CERMAiN'E, — Pas du tout ; loi'sque j'étais jeune fille et que je causais avec mes amies, et que je les entendais dire : « Moi je n'épouserai qu'un artiste » ou (( Mon mari sera ingénieur » je pensais : ce que je m'en moulue do sa profession, pourvu qu'il soit grand, très grand!
MAURICE. — Alors, je ne comprends plus.
GERMAINE. — Vous allez voir. Un jour, papa me glisse dans la conversation : <( Comment trouves-tu Max Dalicet? » Sans me douter de quoi que ce soit, je m'écrie : « Il est trè\s gentil ! » et comme j'étais de bonne
humeur, j'entame un panégyrique. I.u bout de deux minutes, papa m'arrête en souriant et me dit : «■ Je suis enchanté de te trouver dans ces dispositions, Max est le mari que je te destinais. » IVIon père était ur monsieur très strict, et jamais je n'aurais osé lui objecter que je rêvais trente centimètres de plus. Et puis,, j'avais très envie de me marier, j'ai cru que l'amour viendrait après, alors j'ai consenti et l'amour n'est pas venu... et voilà!
MAURICE. — Nous savons le reste... Ainsi, Germaine, c'est à votre préférence pour les géants que je dois l'insigne honneur...
GERMAiNK. — Je VOUS en supplie, ne parlons jamais de cela.
MAURICE. — Mais si, parlons-en, au contraire, il y a si longtemps que nous n'avons remué tous ces bons souv^enirs. Vous rappelez-vous notre petit rez-de-chaussée?... Je l'ai toujours.
GERMAINE. — Depuis quatre ans!
MAURICE. — J'avais oublié de donner congé dans les délais voulus et il m'est resté sur les bras pour une nouvelle période de trois ainnées.
GERMAINE. — Vous avcz dû en faire passer des femmes là-dedans !
MAURICE. — Pas une seule.
GERMAINE. — Vous n'y avez pas amené une femme en quatre ans?
MAURICE, — - Sur ma vie!
GERMAINE, — Si c'est vrai, c'est très gentil,,. Ah! il était adorable ce petit rez-dechaussée, n'est-ce pas?
MAT'RICE. — Adorable!,.. Voulez-vous le revoir ? Je peux vous prêter la clé !
GERMAINE. — Nou, j'aurais peur que cela me fit de la peine.
MAURICE. — Vous y avez donc connu des heures très désagréables?
GERMAINE. — Y retoumer après si longtemps,., toute seule,..
MAURICE. — • Préférez-vous, qu'à notre retour, nous y passions un après-midi tous les deux, en guise de pèlerinage ?
GERMAINE. — Jamais de la vie!
MAURICE. — Alors, à moins d'y donner une soirée, je ne vois pas...
Un silence.
GERMAiN'E. — ^ Il y aurait quelque chose à faire cependant, quelque chose de très joli, de très délicat... Mais c'est impossible, il faudrait un homme délicat aussi, un homme de cœur.
MAURICE. — Je vous remercie. De quoi s'agit-il ?
GERMAINE. — Eh bieii, à présent que nous ne sommes plus que des amis, de bons amis, nous pourrions en tout bien, tout honneur, y déjeuner un matin, mais au galop, vers onze heures et demie...
MAURICE. — Ainsi qu'au temps jadis...
GERMAINE. — Oui, ainsi qu'au temps jadis..
Joujou
MAURICE. — Voilà qui serait plein de périk pour la pureté de nos relations futures.
GERMAINE. — Evidemment, avec un homme comme vous !
MAURICE, galant. — Et surtout avec une femme comme vous!
GERMAINE. — Pourtant, si vous me juriez d'être sage...
MAURICE. — Et si je ne parvenais pas à tenir ma parole? {Un temps.) Du reste, il exiiste un autre inconvénient, ce rez-dechaussée, depuis a^ez longtemps, je l'ai sous-loué
GERMAINE. SoUS-loué ?
MAURICE. — Oui, à un Anglais... un attaché d'ambassade...
GERMAINE. — Mais alors, de quelle façon vous arrangeriez-vous, pour...
MAURICE. — Justement, il me paraît assez difficile que je prie ce monsieur, que je n'ai vu qu'une fois, de décamper de chez lui pour nous céder la place pendant une journée.
GERMAINE. — Vovous, qu'est-ce que vous me racontez depuis une heure?
MAURICE. — La vérité.
GERMAINE. — Est-cc quc VOUS VOUS moquez de moi ?
MAURICE. — En aucune manière. Mais tantôt, ma chère petite Grermaine, vous m'avez demandé» pourquoi je trompais ma pauvre femme avec tant de persistance ; j'ai voulu vous prouver que, dans notre monde, l'homme le plus ordinaire est en butte à de telles tentations qu'il lui faudrait de l'héroïsme pour ne pas y succomber et j'ajoute qu'il mérite d'autant plus d'indulgence que ces tentations, souvent, sont le fait des personnes les mieux intentionnées pour sa vertu.
ofrmaint:. — Vous, vous êtes un joli mufle et je vous revaudrai ce tour-là !