SCÈNE VII
Les MÊMES moins MABPIE-TOUISiE
RAYMOND. — Pourvu qu'elle le trouve!
(Tirant sa montre et avec stupéfaction:) Onze heures trois quarts! Coniment se peut-il que Fernand ne soit pas rentré?
ISABELLE. — Par une si belle nuit!
RAYMOND. — Mais il est onze heures trois quarts! Nous sommes généralement couchés... vraiment, tout conspire….
RICHARD. — Rassure-toi! Ton fils a oublié l’heure!
RAYMOND. — Ah! ce petit! Jamais je n’a-
vais douté de son cœur... Nous étions de tels amis!... si tendres! si francsi... Oui.
mon mariage avait un peu embrumé l’horizon. Mais la brume se dissipait... Fernand sentait le charme d'Isabelle... sa bonté... il lui revenait! Nous touchions au bonheur. Et maintenant! Non! Non! Non! (Un temps.) Maïs pourquoi diable cet enfant n'est-il pas rentré?
ISABELLE. — Mon Raymond, tu te tracasses inutilement.
RAYMOND. — Voyons, monsieur Gondoin,
vous qui devinez les pensées, vous qui lisez dans les âmes...
GONDOIN. — Trop flatté, monsieur.
RAYMOND. — Vous expliquez-vous labsence prolongée de mon fils ?
GOND9IN. — Je n’observe là qu’une étran-
geté de plus à l’actif de M. Fernand. Ce jeune homme traverse des temps troublés.
RAYMOND. — Oui... (Une pause.) Monsieur Gondoin, vous voyez un père au tourment.
GONDOIN. — Je compatis, monsieur.
RAYMOND. — À votre avis, la tentative de
Mme Voysin peut-elle nous joie... ou bien).
GONDOIN. — Ou bien des aveux ?... Non, monsieur. Je ne suis pas intervenu, vous ne me consultiez pas, mais je blâme énergiquement la tactique adoptée.
peut-elle servir? Mme Voysin rapporter. le: réconforc, là
RICHARD. — Nous n'avons pas imaginé une -tactique.
ISABELLE. — Nous avons agi selon notre conscience.
GONDOIN. — Vous me demandez un pro-
nostic... J’estime que M. Fernand opposera à Me Voysin une attitude impassible, un
visage Hepénet ble des réponses giaciales.
RAYMOND. — n d’autres termes, mon fils æst une canaillé endurcie.
GONDOIN. — Votre fils est un jeune être ardent qui aime pour la première fois, et qui a mal choisi le sujet. Il subit une mauvaise influence, mais il la subit bien!
RICHARD. — ” Que nous auriez-Vous conselllé P GONDIIN. — De me laisser jusqu’au bout
la direction de cette enquête. Je ne réclamais plus, d’ailleurs, que cinq minutes, ‘et, je crois, je répète, je crois que moi, Gondcin, j'obtenais des aveux!
RICHARD. — Comment procédiez-vous ?
GOND9IN. — Ah! par les grands moyens!
RAYMOND. — La fouille! La violence!
GONDOIN. — Que non! Je n’eusse souhaité qu’une brève conversation avec M. votre fils, et de préférence devant les quatre personnes qui m'ont écouté tout à l’heure!.… Mais, à présent, l’éveii est donné, et.
RICHARD. — Voici Marie-Louise.