‹ Le voleur. Joujou. Illustrations d'après les dessins de TroncetChapitre 18 sur 89 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

ss ©

Les Môêves, FRKRNAND

FERNAND — Bonsoir !

RAYMOND. — Bonsoir, Fernand !

Un silence,

GONDOIN. — Monsieur Fernand, vous trouvez des visages et des cœurs tristes, Votre famille, vos amis, sont consternés.

FERNAND. — Pourquoi?

GON9OIN. — Que je vous révèle, d’abord, la véritable raison de mon séjour parmi vous. Je suis envoyé par le procureur de la

République. |

FERNAND. — Par le procureur!

GONDOIN. —— Oui... Des vols ont été com mis au château.

FERNAND. — Ici!

GONDOIN. -—— Ici. Le voleur à dérobé une

très grosse somme.

FERNAND, d’un ton surpris. Ab!

GONDOIN. —— J’ai pensé que vous pourriez nous fournir certains éclaircissements. Mes ee se sont arrêtés sur le maître d’ ne te

— Louis!

Louis.

FERNAND

GONDOIN. Le vieux Louis. Je

conçois votre émotion. Cet homme sert vo-

tre famille depuis trente ans, FERNAND. — Mais Louis n’a pas volé!

GONDOIN. — Vous le jugez incapable d’une action malhonnête ?

FERNAND, — Absolument incapable.

GONDOIN, qui regarde fixement Fernand.

— Et vous seriez prêt à renouveler cette déclaration sous la foi du serment? devant un

tribunal ?

FERNAND. — Tout rôti

GONDOIN. — Alors, dites-moi le nom ‘du VOleur !

FERNAND. — Mais, je l’ignore!... Comment voulez-vous... ?

GONDOIN. — Vous ne connaissez pas le voleür ?

FERNAND. — Le voleur!

GONDOIN. — Mais si, vous le connaissez |

FERNAND. — Hst-ce que vous plaisantez?

GONDOIN. — Vous connaissez bien Mile Jes-

sie Arnold ?

FERNAND, Sursautaint.

Je vous défends.…

GONDOIN. — Ne vous fâchez pas! Racontez-nous ce que vous faisiez, là-haut, ce soir, à neuf heures un quart.

FERNAND, troublé. — Là-haut ?

GONDOIN. — À l'étage qu’'habite Mme Lagardes.

FERNAND, baissant de ton.

pas allé là-haut.

— Dites donc, vous!

Je ne suif

__ GONDOIN. — On vous a vu monter. À neuË ncures un quart! ee même jeu. — C'est une er-

feur!... Je ne suis pas allé là-haut!

GONDOIN. — D'ailleurs, vous montez :sourent!

FERNAND, très troublé. — Mais non! C’ess une erreur |

GONDOIN. — Vous n'êtes jamais entré dans le boudoir de Mme Lagardes ?

FERNAND. — Jamais!

GONDOIN. — Hein? Regardez-moi.

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FERNAND, nant — Je ne me rappelle FERNAND, après une hésitation. — Mais pas... Non, jamais! L je... Je le savais. - GONDOIN. — Rogardez-moi te C’est GONDOIN. — Et comment l’ouvriez-vous, le vous le voleur ! tiroir ?

FERNAND, faiblement. — Moi? Mais FERNAND. — J'avais essayé plusieurs

vous vous trompez, monsieur. Je n’ai rien volé.

GONDOIN. — C’est vous qui avez pris l’ar-

gent de Mne Lagardes, dans le tiroir du se-

crétaire.

FRRNAND. — Je vous répète.

GONDOIN. — Inutile de nier! Vous n’osez pas lever les yeux. j

FERNAND, regardant ne en face, mais parlant sans conviction. — C’est faux!... Je n'ai pas pris cet argent.

RAYMOND. — Fernand! Fernand! Tu ne

sens pas que le ton, que l'accent de tes ré- )

ponses te perdent?

GONDOIN. — Avouez donc, mon ami !

FERNAND. — Non... Je n'ai pas pris cet argent !

RAYMOND. — Mais indigne-toi!... Mais hurle !...

GONDOIN. — Il est se . Il sart

que je le tiens, que je lai vu! Je vous ai vul... Avouez, mon garçon. Ne prolongez pas cette situation qui est affreuse pour les vôtres.

Un temps.

RAYMOND. — Hh bien?

FERNAND. — Je veux te parler, papa... A - toi seul.

RAYMOND. — Inutile! A présent, ton in-

fawe est publique!

Il s’assied, accablé.

GONDAIN. — Allons, vous avouez? (Signe uffirmatif de Fernand.) Parbleu! Comment

saviez-vous que Mme Lagardes déposait son

argent dans ce tiroir ?

clefs... je n’y arrivais pas... alors, j'ai glissé la lame de mon canif dans la rainure.. Si j'ai abattu le pène.

GONDOIN. — Exact. (Se retournant vers les autres et avec un sourire professionnel.) J’ai constaté que presque. tous les tiroirs de la maison peuvent être ouverts de la sorte!

Et pour refermer ?

FERNAND. — Je me servais d’une clef quel-

conque.. la clef du bahut... Elle n’ouvrait pas, mais elle refermait.…

GONDOIN. — Combien avez-vous pris, en LOUGE +

FERNAND. — Vingt et un mille cinq cents.

francs!

GONDOIN. — Où sont cachés les quatre cent cinquante francs de tout à l’heure

FERNAND. — Je ne les ai pas cachés... Les voici! ,

GONDOIN, ecaminant les billets. — Parfaitement. Je retrouve les marques. {A ÆRay-

mond.) Monsieur...

RAYMOND, à Fernand. — Va m’attendre dans ta chambre! Je te parlerai tout à.

Pheure !.…

FERNAND. — Bien, papa!

Il sort.

RICHARD, à Raymond. — Mon pauvre vieux! Mon pauvre grand!

RAYMOND. — Mes amis! Il faut me laisser. Ne me parlez pas! Laissez-moi avec ma femme! C’est un coup cruel! Je réclame un peu de solitude... Il faut me lais-

ser.

Le rideau baisse, tandis que les personnages, sauf Raymond et Isabelle, sortent en silence.

SA | MARIE-LOUISE. — Our! Mon RIKY, JE N’EN PEUX PLUS!

HCTE DEUXIÈME

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