JE SOUFF JE SOUFFRE TANT
FERNAND
un gaillard de ma trempe avec es épaules, un gaillard qui passe pour solide, tourbillonner comme une poussière... N'est-ce pas?
Et puis, tout à l'heure, elle à eu ce eri, Il était bien, son cri! Depuis qu'elle m'a parlé, je lui sais gré d’avoir osé ça, d’avoir crié l’innocence de Fernand, sous mon regard, malgré mon regard... Et aussi, j'avoue des torts... Nous autres, nous n’enseignons qu'un devoir à nos femmes: celui de plaire... Lorsqu’elles sont désirables, désirées, c’est nous qui triomphons. Elles le savent bien...
Cette petite, au lieu de chercher en elle une compagne,.une vraie, je lai inconsciemment dressée à la coquetterie... Enfin, mon pauvre vieux, il faut que tu lui pardonnes à elle aussi, car je l'aime... Regarde-mo1... Tu sais ce que ça veut dire ?... Je l’aime.….
RAYMOND. —— [h bien, prends-la dans tes bras !
RICHARD. — Minute! Je mets une condi-
tion à ta clémence! Tu jugeais que cette algarade méritait le Brésil. Je partage ton avis! Si tu n'as pas perdu toute confiance en ton vieux copain, j'accepte la situation que tu m'offrais avant mon mariage. C’est nous qui nous embarquerons à Pauillac.
RAYMOND, -—- Vous ne comptez pas vous mettre en route demain ?
RICHARD. — Nom, nous prendrons le pa-
quebot suivant. Il me faut quinze jours pour -
régler mes affaires. Mais, ces quinze jours, nous les passerons à Paris et loin de vous. :
RAYMOND. — Oh!
RICHARD. —— Mon-ami, ie me suis fourré cette idée-là dans la tête, et rien ne l’en délogera. l'automobile est prête, eh bien, elle va nous transporter à Paris. Ce soir, la femme de chambre et les bagages nous rejoindront.
RAYMOND. — Mes enfants, né serait-ce que pour éviter les racontars.….
RICHARD, — Raymond, je sais que ton bon
cœur t’inspirera mille ruses. Ne les emploie pas. Nous avons passé un fichu quart d'heure, elle et moi, et nous avons besoin de prendre du large. Je t'assure.….
RAYMOND, résigné. — Alors.
RICHARD. — Cependant n'oublions personne... Il reste Fernand... ce Feraand!.… Nous ne pouvons pas disparaître ainsi, sans le revoir!... D'abord, ce serait... ce serait bête, tu ne trouves pas? Envoie-le-moi,
hein ? |
RAYMOND. — Je vous l'envoie... (Au moment de sortir.) Marise…
MARIE-LOUISE, sans lever les yeux. — Raymond ?
RAYMOND. — Ma petite Marise, avec Isa-
belle, je vais vous attendre. Nous vous at-
tendrons pour vous souhaiter bon voyage.
pour vous embrasser, Vous viendrez, n’est-ce Ly) .
pasi
. MARIE-LOUISE, avec gratitude. — Qui, Raymond. | | RAYMOND. — À tout à l’heure!