‹ Le voleur. Joujou. Illustrations d'après les dessins de TroncetChapitre 43 sur 89 · CUT · texte numérisé non relu

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MAURICE. — La vôtre suffit,

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Joujou 67 euRMAINE. — Un marbre! BLANCHE. — Vous ne nous acompagnes MAURICE. — Dame! a-t-elle été amou- pas tous les deux? reuse de son mari? LE CERTIER. — Non, non, nous nous en BLANoHR. — Ce pauvre Meyran!….. Il ne voudrions de troubler cette petite idylle. faut pas demander l’impossible 1...

MauRICE. — Meyran était un homme des plus MORE .

__ BLANCHE. — ! Maurice, tu ne pouvais AT pas le souffrir ! SCENE IV GERMAINE. — Il est inouï, ma chère! Il |

vous soutiendrait mordicus des choses. Et

vous, notre oncle, vous êtes là et vous

dites rien, défendez Joujou, voyons!

LR CERTIER. — Mes chers amis, voulezvous mon avis? Je ne trouve pas votre conversation très... très chic.

MAURICE. — Et pourquoi?

Le cerrier. — Oh! elle n’a rien de criminel, mais enfin Joujou est notre amie très ghère, elle nous vient pour ses très chers amis, et certainement elle comnte qu’en son absence nous ne la discuton” pas, nous ne

Pépluchons pas, comme s”', s'agissait de

madame Trois Etoiles.

BLANCHE. — Hubert ‘. mille fois raison.

MAURICE. — Hube:6 tourne au yieux raseur.

LR CERTIER. — Îl est possible que je sois

un raseur, mais, alors, je l’ai toujours été, car mes opinions n'ont pas varié sur ce point-là. Du reste, à quoi bon tout ceci?

Nous sommes très convaincus, toi le pre-

mier, que l'existence de Joujou est pure comme cristal et.

MAURICE. — Mais je n’en suis pas eonvaincu du tout!

| LE CERTIER, nerveux. — Eh bien, tu e ux imbécile! L BLANCHE. — Oh! oh! notre oncle!

CERMAINE. — Hé! là! Vous n'allez pas vous battre!

MAURICE. — Hein! ces vieillards, quand en les taquine... avez-vous vu? J GERMAINE. — Eh bien, depuis que je conmais notre oncle, c'est la première fois que... LE CERTIER, très doux. — Excuse-moi,

mon Cher Maurice, l'expression a dépassé ma pensée. je voulais dire : « Tu es. tu es un imbécile! »

MAURICE. — Du moment que tu rétractes! (4 Blanche qui s’est levée.) Tu sors?

BLANCHE. — Je me sens un peu oppressée, vraiment... Il faut que je fasse quelques

pas... Tu veux venir avec moi?

MAURICE, — Oui.

BLANCHE. — Tu sais, si çà t’ennuie….

MAURICE. — Pourquoi ça m’ennuierait-

112 Seulement tu vas mettre ton mantelet.….

si, ai} |

. BLANCHE. — La soirée est si douce!

MAURICE. — Tu vas mettre ton mantelet!

‘(4 Germaine et tout en aidant Blanche.) Qu'est-ce que vous avez à rire, vous? Je n'ai plus le droit de montrer des égards à ma femme?

GRRMAINE. — Du calme, mon petit ami.

GERMAINE, LE CERTIER

GERMAINE. — Pauvre Blarche!

LE CERTIER. — Oh! ellc est mieux portante! , |

GERMAINE. — Ïl faut encoro ies soins es plus minutieux...

LE CERTIER, — Royère assure qu’elle est complètement valide à présent!

GERMAINE. — Ï] a fini par se le persuader à

lui-même ; comme ça, il peut faire ses petites farces sans remords! Ah! l’égoïsme des mâles!

LE CERTIER. — Ne m'en parlez pas!

GERMAINE, suivant le couple des yeuæ. — C’est ça, riez!…. vous vous valez tous!

(Regardant dans le parc.) Cette Blanche, la voilà toute heureuse parce que son mari daigne se promener avec elle.

LE CERTIER. — Moi, je trouve Royère très gentil pour sa femme.

GERMAINE. — Tres gentil! Très gentil ce garçon qui la trompe toutes les cina minutes|

LE CERTIER, incrédule. — Toutes les cinq minutes!

GERMAINE. — Oui, enfin...

LE CERTIER. — Je ne dis pas, je ne dis

pas. Royère est un peu coureur, mais l’important, avouez-le, est que Blanche n’en sache rien... Eh bien, elle n’en sait rien.

GERMAINE. — Et je me demande comment elle fait pour n’en rien savoir! Maurice ne prend pas les plus élémentaires précautions.

LE CERTIER. — Maïs si, ma chère enfant, Maurice prend des précautions... La preuve, c'est que l’état de choses actuel existe depuis ue dizaine d'années. Et croyez-mot, ïl n’est pas près de cesser; Maurice aura encore beaucoup de maîtresses et Blanche continuera à l’ignorer.

GERMAINE. — Tant mieux! quelle catastrophe si elle apprenait quoi que ce soit!

LE CERTIER. — Parbleu!.. Encore une qui « aime! ». Belle invention que l'amour!

Vous me faites tous pitié! Vive ma bonne existence simple, égoïste et hygiénique! ,

GERMAINE. — Allons, allons notre oncle, ne faites done pas le malin!

LE CERTIER. — Je me fais pas le malin!

GERMAINE. — Mais si! Le plus sentien-

tal et le plus tourmenté de nous tous, c’est

vous! se |

LE CERTIER. — Moi! Parce que vous m'& , vez connu une ou deux bonnes amies? Mais,

ma chère Germaine, ces histoires-là n’ont

rien de commun avec l’amour, Dieu mercil... ça commence par un billet de banque, ça finit par un chèque. Si vous croyez que je me fais des illusions!

GERMAINE. — Je ne parle pas de vos bonnes amies, notre oncle.

LE CERTIER..— De quoi parlez-vous alors ?

GERMAINE. — Ha! ha! (Un temps.) Pourquoi vous êtes-vous fâché tout à l’heure ?... Oui, à propos de Joujou ?.….

LE CERTIER, décontenancé. D'abord, je ne me suis pas fâché... Et puis il me semble que j'ai expliqué ma façon de. Et puis surtout, je ne vois pas le rapport!

GERMAINE. — Ah! vous ne voyez pas... Eh bien, notre oncle, apprenez ceci : je suis beaucoup plus fine que vous ne vous l’imaginez, je remarque un tas de petites choses, moi, et j'en devine un tas d’autres, et je tire du tout des conclusions très intéressantes.

LE CERTIE. Je comprends de moins en

moins.

GERMAINE. — Ah! vous comprenez de moins en moins. +, Eh bien, notre oncle, ap-

prenez encore ceci : je suis une très bonne amie et vous pouvez bannir toute inquiétude, je ne communique jamais le résultat de mes observations à Joujou.….

LE CERTIER. — Quand vous consentirez à vous exprimer autrement que par énigmes...

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