‹ Le voleur. Joujou. Illustrations d'après les dessins de TroncetChapitre 58 sur 89 · LE CERTIER. — VOULEZ-VOUS ME PERMETTRE · texte numérisé non relu

LE CERTIER. — VOULEZ-VOUS ME PERMETTRE

un train à sept heures dix du matin, mais...

Jousou. — C’est celui que vous prendrez.

THÉRÈSE. —. Mais comment madame fera-

t-elle à Paris, sans femme de chambre ?

JouJou. — Oh!'je m’habillerai bien toute seule, et puis Je ne resterai à Paris que la journée; après-demain, je partirai, pour Lisieux e6t ma mère & une ancienne femme de chambre à moi. Eh bien, Thérèse, êtes-vous

contente d’aller passer trois jours dans

votre pays?

THÉRÈSE, sans enthousiasme. — Qui ma-

dame.

. gougou. — Vous allez revoir vos vieux

parents ?

| THÉRÈSE. — Mes parents sont morts. |

JouJou, — Ah! vraiment... tous -les deux? Mais vous avez un frère, je crois?

THÉRÈSE. — J’en ai trois, madame, mais je suis fâchée avec.

JOUJOU. — Vous êtes brouiliée avec vos frères ?

THÉRÈSE. — Oui, madame, même ; que

mon frère aîné a dit que si jamais je Jui tombais sous la main...

JOUJOU. — Enfin, vous gens, de vieux amis de votre famille?

THÉRÈSE. — Non, madame, j'étais si pe tite quand j'ai quitté le, village.

JOUJou, impatientée. — Mais qu'est-ce que vous allez y faire?

THÉRÈSE. — Je ne sais pas, madame.

C’est madame qui m'a dit qu’il fallait que j'aille y passer trois jourst | :

JOUJOU. Vous êtes inouïe! inowie!

inouie! Toutes les femmes de chambre que j'ai eues m'ont suppliée de leur accorder un congé; vous, je vous en accorde un, sans que vous me le demandiez, et vous trouvez encore moyen de me faire la tête!

THÉRESE. — Mais, madame...

JOUJOU. IÏ n’y à pas de « mais madame », à présent, j'ai pris mes arrangements en conséquence, et vous vous en irez pendant trois jours dans votre pays. 11 faut que vous à vivre comme tout

‘alors,

appreniez à

le monde, ma fille. (Entre Le Certier.) Bon-.

jour, notre oncle

LE CERTIER, lui présentant — Voulez-vous me.permettre.…..

JouJou. — Oh! qu’elles qu’elles sont jolies!

LE CERTIER. — Je souhaite qu’elles vous tiennent un peu compagnie pendant votre voyage...

Joudou. -—— Vraiment, vous sans indiscrétion, où trouvez-vous ces merveilleuses fleurs ?

LE CERTIER. — Je les fais venir de Paris!

JOUJOU. — ‘Comment, ici, à la campagne, en pleine Bourgogne, des fleurs de Paris!

LE CERTIER. — On les emballe si bien, à présent, et puis je suis habitué à ma fleuriste.

un bouquet.

sont jolies!

JouJou. — Toujours le même! et que:

puis-je vous offrir, moi, voulez-vous déjeuner ? A FA

LE DEREEPR

à cinq heures et demie.

JOUJOU. -— Ah, oui, j'oubliais!

abomination de se lever à des heures. pareilles !

LE CERTIER. — Mais, je vous certifie...

JOuJOu. — Je sais ce que vous allez me

dire : c’est le plus beau moment de la jour-

née ! eh bien, j'aime mieux vous croire que d’y

aller voir... Tenez, Thérèse, emportez ce plavous les mets trez dans l’eau jusqu’à la dernière minute... +

teau, prenez les fleurs aussi,

THÉRÈSE. — Bien. madame.

Mate ee ee a

me gâtez;

— Vous êtes mille fois ai.

mable, j'ai pris un excellent repas ce matin ;

quelle :

tite s’ennuyait avec moi,

- des horreurs ;

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