LE CERTIER. — VOULEZ-VOUS ME PERMETTRE
un train à sept heures dix du matin, mais...
Jousou. — C’est celui que vous prendrez.
THÉRÈSE. —. Mais comment madame fera-
t-elle à Paris, sans femme de chambre ?
JouJou. — Oh!'je m’habillerai bien toute seule, et puis Je ne resterai à Paris que la journée; après-demain, je partirai, pour Lisieux e6t ma mère & une ancienne femme de chambre à moi. Eh bien, Thérèse, êtes-vous
contente d’aller passer trois jours dans
votre pays?
THÉRÈSE, sans enthousiasme. — Qui ma-
dame.
. gougou. — Vous allez revoir vos vieux
parents ?
| THÉRÈSE. — Mes parents sont morts. |
JouJou, — Ah! vraiment... tous -les deux? Mais vous avez un frère, je crois?
THÉRÈSE. — J’en ai trois, madame, mais je suis fâchée avec.
JOUJOU. — Vous êtes brouiliée avec vos frères ?
THÉRÈSE. — Oui, madame, même ; que
mon frère aîné a dit que si jamais je Jui tombais sous la main...
JOUJOU. — Enfin, vous gens, de vieux amis de votre famille?
THÉRÈSE. — Non, madame, j'étais si pe tite quand j'ai quitté le, village.
JOUJou, impatientée. — Mais qu'est-ce que vous allez y faire?
THÉRÈSE. — Je ne sais pas, madame.
C’est madame qui m'a dit qu’il fallait que j'aille y passer trois jourst | :
JOUJOU. Vous êtes inouïe! inowie!
inouie! Toutes les femmes de chambre que j'ai eues m'ont suppliée de leur accorder un congé; vous, je vous en accorde un, sans que vous me le demandiez, et vous trouvez encore moyen de me faire la tête!
THÉRESE. — Mais, madame...
JOUJOU. IÏ n’y à pas de « mais madame », à présent, j'ai pris mes arrangements en conséquence, et vous vous en irez pendant trois jours dans votre pays. 11 faut que vous à vivre comme tout
‘alors,
appreniez à
le monde, ma fille. (Entre Le Certier.) Bon-.
jour, notre oncle
LE CERTIER, lui présentant — Voulez-vous me.permettre.…..
JouJou. — Oh! qu’elles qu’elles sont jolies!
LE CERTIER. — Je souhaite qu’elles vous tiennent un peu compagnie pendant votre voyage...
Joudou. -—— Vraiment, vous sans indiscrétion, où trouvez-vous ces merveilleuses fleurs ?
LE CERTIER. — Je les fais venir de Paris!
JOUJOU. — ‘Comment, ici, à la campagne, en pleine Bourgogne, des fleurs de Paris!
LE CERTIER. — On les emballe si bien, à présent, et puis je suis habitué à ma fleuriste.
un bouquet.
sont jolies!
JouJou. — Toujours le même! et que:
puis-je vous offrir, moi, voulez-vous déjeuner ? A FA
LE DEREEPR
à cinq heures et demie.
JOUJOU. -— Ah, oui, j'oubliais!
abomination de se lever à des heures. pareilles !
LE CERTIER. — Mais, je vous certifie...
JOuJOu. — Je sais ce que vous allez me
dire : c’est le plus beau moment de la jour-
née ! eh bien, j'aime mieux vous croire que d’y
aller voir... Tenez, Thérèse, emportez ce plavous les mets trez dans l’eau jusqu’à la dernière minute... +
teau, prenez les fleurs aussi,
THÉRÈSE. — Bien. madame.
Mate ee ee a
me gâtez;
— Vous êtes mille fois ai.
mable, j'ai pris un excellent repas ce matin ;
quelle :
tite s’ennuyait avec moi,
- des horreurs ;
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