‹ Le voleur. Joujou. Illustrations d'après les dessins de TroncetChapitre 59 sur 89 · SCÈNE H · texte numérisé non relu

SCÈNE H

JOUJOU, LE CERTIER

LE CERTISR. — Eh bien! Joujou, voici Ie triste jour de votre départ arrivé.

JouJou, joyeusement. — Maïs oui, mais oui Î

LE CERTIER. — Vous n’en paraissez pas très affectée.

- JouJou. — Oh! nous allons tous nous retrouver dans si peu de temps! Et puis, je

Pavoue, je suis de très bonne humeur .au-

jourd'hui; d’abord, j'ai reçu quatre. lettres. LE CERTIER. — Ah! votre courrier joue un rôle?

JouJou. —— Je vous crois! J’ai horreur de ne pas trouver le matin, des lettres à côté de ma tasse; il me semble que j'entame une

‘Journée creuse, vous ne connaissez pas cette

sensation ?...

LE CERTIER. — Heureusement non, car c'est ma vie qyi serait creuse; personne ne m'écrit, à moi.

JOUIOU. — Pas même votre petite amie?

LE CERTIER. — Jo n'ai plus de petite amie.

JoOuJOU. —— Et la jolie personne dont j'ai vu la photographie, vous l’avez Rues

LE CERTIER. — Je l’ai mariée... oui, à mon tapissier, un brave garçon avec qui elle me trompait depuis longtemps.

Jousou. — Non! Vous ne m’aviez pas ra-

conté ça, notre oncle. Vous avez eu du chagrin?

LE CERTIER. — Pas le moindre. Cette peje ne m’amusais pas avec elle, et pour ne pas lui faire’ de peine, je gardais ce tapissier qui ne fait que à présent je vais chez un homme qui a beaucoup de goût et je vis bien plus tranquille.

: sousou. — Notre oncle, expliquez-moi une chose je vous ai connu successivement des tas de bonnes amies.

TE CERTIER. — Oh; des tas!

JouJOU. —- Mettons plusieurs’ bonnes amies à qui vous abandonniez généreusement la majeure partie de vos revenus.

LE CERTIER. — Oh! la majeure Hole

Jougou. — Mettons la moitié de vos re- “enus. Tout le monde doit s’imaginer que la

2ciété d'une petite dame vous est indispen-

sable et pas du tout! vous êtes parfaite-

ment mélancolique, les soirs où il vous faut

dîner avec votre flamme et parfaitement beureux quand vous pouvez arnoncer à vos

amis : « Je viens de rompre avec mademoi-

selle Une Telle »!

LE CERTIER. — C’est vrai.

JOUJOU. — Alors, je ne comprends pas...

LE CERTIER. — Moi, non plus... ou plucomprends, mais je comprends aussi que vous ne compreniez pas.

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