‹ Le voleur. Joujou. Illustrations d'après les dessins de TroncetChapitre 79 sur 89 · EST SORTIE · texte numérisé non relu

EST SORTIE

le tient son Maurice ;

devant Maurice,

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'rôpe?…..

LE CERTIER. —— Ou je suis une grosse

bête, ou elle en a pris sôn parti très” gaie-

ment! Éd JoUJoUu. — C’est extraordinaire!

LE CERTIER. -—— Mais non, elle s’est éprise

de ce pays et de ce climat qui lui ont rendu presque la santé. Et puis pour Blanche

« Ubi Maurice, ubi patria! » et là-bas elle il est à elle, rien qu’à elle.

Jougou. — Et il s’accommode, lui aussi, de cet exil?

LE CERTIER. — [Ii le coupe tous les ans d'un petit voyage en France.

gouzou. — Mais le reste du temps?

LE : CERTIER. — Le reste du temps, eh bien, oui, il se laisse vivre aux côtés de Sa femme et il paraît très satisfait de son Sort.

JouJou. — Cela mon plus ne vous stupéie pas?

LE CERTIER. — C'est plus étonnant, je l’a-

un jour que j'en faisais la remarque il m'a répondu « Mon vieux, vous vous êtes tous mépris sur mon compte; au fond, jai toujours été un homme d'intérieur. »

voue ;

JoOUJoUu. — Quel grand fou!

LE CERTIER, la regardant. — Oui, un fou charmant. Mais vous l'avez bien revu, Maurice ?

JouJou. — Jamais de la vie? Où l’aurais-je revu?

- LE CERTIER. — À Paris!

JOu3ou. — Vous savez bien qu’il s’y

rend toujours vers l’époque que voici, c’està-dire à un moment où je ne m'y trouve

jamais. Que signifie cette question, notre oncle ?

LÆ CERTIER. — Oh! rien! c’est une ques-

tion en l'air. Il semble curieux que des amis conime vous n'aient pas cherché à se rencontrer... Vous n’irez jamais leur rendre visite à Mustapha ?

sousou. — Je ne crois pas. Blanche n’insiste guère, et moi, je crains beaucoup la traversée ; alors.

L& CERTIER. — Est-ce drôle la viel Vous étiez plus unis que les membres d’une même famille!

JouJou. — Rien ne résiste à des années de séparation.

LE CERTIER. — Rien, SRE"

JOUJOU. — Presque rien.

Un silence. Le Certier se promène de long en Lù et donne des signes d’agitation.

BE CERTIER. — [, Engadine, c'est une autre affaire ! Thérèse m’assure que vous êtes à peu près décidée.

JOUJOU. — Je suis même tout à fait dé- cidée,

LE OERTIER. — Ah! Et vous partez quand ? |

maine sera ja ?

une réponse des Wagons-Lits.

LE CERTIER. — Ah! Alers vous nous aba

donnez ?

JouJou. — Les Williamson : me réclament à cor et à cris.

LE CERTIER. — Vous nous ‘abandonnez pour ces Américains ?

JOuJOU. — Vous n'aimez pas les Améri cains, notre oncle ? se LE CERTIER. — Je veux dire pour ces gens vque vous connaissez très peu. à Jougou. — Comment, très peu! Je les con- Be

nais beaucoup, surtout les deux jeunes femmes; ce sont des camarades charmantes et que je suis très heureuse de retrouver. Mais oui, mon bon Hubert, très heureuse! Je suis un être sociable er je me sens souvent . bien seulette dans l’existence. Vous ne comprenez peut-être pas cela. 2 LE CERTIER. — Oh! si, je comprends très bien... mais ici vous ne manquez pas de s0ciété, vous avez des amis.

JOUJOU. — Lesquels ? Germaine et Max ?.

je ne les vois qu’au dîner; le reste du temps ils sont fourrés à la maison de jeu. <

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