‹ Le voleur. Joujou. Illustrations d'après les dessins de TroncetChapitre 8 sur 89 · MARIE-LOUISE. — FERNAND, TAISEZ-VOUS · texte numérisé non relu

MARIE-LOUISE. — FERNAND, TAISEZ-VOUS

Fernand! Fernand! auriez-vous. eu déjà une petite amie?

FERNAND. — Mais non!

MARIE-LOUISE, elle s'approche et lui prend le bras. — Non? (Un temps.) Non? non?

FERNAND. — Sil MARIE-LOUISE. — Ah! Je suis gênée.….

une vraie petite amie? Aidez-moi! Vous ne voulez pas m'aider ? Une petite maîtresse ?

FERNAND, La regardant. Oui.

MARIE-LOUISE. — Une seule ?

FERNAND, sans bonne liumeur. —— Deux.

MARIE-LOUISE. — Hé! Dernièrement.

FERNAND. — Oui.

MARIE-LOUISE. — Avez-vous... commu l’une

d'elles depuis le début de votre grande passion ? 4 | FERNAND. — Oui. Une d’elles.

MARBIE-LOUISE. —. Voilà. de la. franchise, au FERNAND. — Je ne: mens jamais.

MARrS-LOUISE. — Allons! Vous n'êtes pas

FERNAND. — Je vous aime, Marisef

MARIE-LOUISE. — Je suis persuadée que vous en êtes persuadé, mais nous vous guérirous très vite! Si! Sil! mon petit Fernand! Si! Du moment que vous gardez assez de présence d’esprit pour faire I cou à une petite dame...

FERNAND. — Je ne lui ai pas fait lx cour

MARIE-LOUISE. — Je n’emploie peut-être pas le terme juste... Enfin, vous l'avez sok

SE re

; Mes is sCÉL

4 Fi 7 licitée.. vous lui avez offert à un cadeau... de l’argent?

FERNAND. — Je n'ai pas d’argent.

MARIE-LOUISE. — Alors, mais

alors, vous plaisiez!.. Elle vous trouvait à son goût, la petite dame... hein?

FERNAND. — Oui.

. MARIE-IQOUISE. — De quelle. voix eaverneuse vous répondez! Réjouissez-voust c’est flatteur !...

FERNAND. — Je ne m'en fiche pas malt Vous ne: devriez pas vous moquer de moi.

Pourquoi me posez-vous toutes ces questions ?

MARIE-LOUISE. — Maïs, parce que je trouve vos histoires gentilles..… drôles... parce qu’il faut rire, rire à tout prix! Voyons! Racontez-moi!.… mon petit Fernand, racontez!.… Je vous le demande, Fernand! Ne:

soyez pas désagréable... Le numére: un, qu'est-ce que c'était?

FERNAND. — C'était une femme.

MARIE-LOUISE. — Je m'en doute. Que fatsait-elle.-?

FERNAND. — Rien. Elle allait aux courses.

MARIE-LOUISE. — Une occupation, après taut. Et la deuxième ?

FERNAND. — C'était. une. amie de l’autre.

MARIE-LOUISE. — KElle va aux courses aussi ?

FERNAND. — Oui... Et puis, elle joue...

MABIE-LOUISE. — Aux courses ?

LA Le Voleur AGREE Es)

fs CNET (RE Lt EN)

FERNAND, — Non! à un petit théâtre... le “ERNAND, Se contenant. — Mais je ne théâtre de la Madeleine. pleure pas! Je ne pleure pas du tout!

MARIE-LOUISE. — C’est une actrice! Eh bien, Fernand, je désire que vous deveniez

très amoureux de cette jolie actrice! Vous

me conferez son nom, et, moi, je vous indiquerai le moyen de...

FERNAND. — Ne vous donnez pas cette peine. Quand je suis seul avec elle, je me sens plus triste encore! Si triste, qu’il me prend des envies terribles de m’enfuir..

MARIE-LOUISE. — Malin! |

FERNAND. — Elle s’en est aperçue. Un jour, elle a écrit sur la nappe, au restaurant: « Votre cœur est ailleurs. » Oh! je n'ai pas nié.

Mais eus 18. — Et qu'est-ce qu'elle a dit ?

FERNAND. — lle a dit: « Je connais ça. »

MARIE-LOUISE — Pauvre! C’est elle qui vous à égcratigné de la sorte?

TERNAND. — Non, c’est moi qui me suis déchiré les mains.

MARTE-" QUISE. — Comment ?

FERNAND. —— Vous tenez à le savoir ?.….

Eh bien, avant-hier, ie ne pouvais pas dormir, je me suis promené dans le parc... Je me suis promené le long du ravin... Au-dessus de moi, j'apercevais vos fenêtres qui brillaient... À trois heures du matin, il y avait encore de la lumière... Cêtte lumière qui ne roulait pas s’éteindre m'aurait fait crier... Je n'ai pas crié, mais je me suis enfoncé les ongles dans la peau.

MARTE-"OUISE. — Vous ne verres plus cette lumière, Fernand.

FERNAND. — Vous tirerez les rideaux.

Merci!

MARIE-TOUISE. — Quel malheur! Quelle folie!

FERNAND. — Marise, je voudrais mourir...

de voudrais mourir pour vous!

MARTIE-LOUISE, du ton des arandes résolutions. — Fernand! Fernand! Assez! En voilà assez! Ces ridicules propos ne mènent à rien de bon! A présent, il faut m'écouter. Je vous parlerai conme on parle à un homme, et vous, ensuite, vous vous comporterez en homme, en homme loyal 2t couraeux, je n’en doute pas! D'abord, Fernand,

. je vous dois des excuses. Oui... je me recon-

nais coupable de coquetterie, d’un peu de coquetterie..…. Je n'avais prs deviné un sentiment sincère... aussi profond... Je ne suis pas fate….. Je ne vous croyais pas. Mais voyez-vous, mes petites agaceries, mes pesites taquineries ne signifiaient rien. Jamais je ne vous ai regardé, jamais je n’ai regardé un autre être que mon mari, avec ‘a pensée que je pourrais seulement me laisser prendre un baiser! C’est impossible!

Fernand, je suis folle de Richard! Mon devoir me commande de vous le déclarer avec cette rudesse, d’être impitoyable! Je suis folle de Richard! Je suis plus éprise, même, que je ne le parais! Alors? Alors? Oh!

Fernand, mon cher petit, ne pleurez

Seulement, il est nécessaire que ie réponde... que je vous donne certaines explications...

MARIE-LOUISE. — Quelles explications!

puisque. a FERNAND, qui suffoque. — Eh bien... Non!

pas maintenant...

MARIE-LOUISE. — Calmez-vous! Dans quelques mois, comme vous vous étonnerez °u souvenir...

FERNAND. — Accordez-moi une seule petite promesse. Ainsi que vous me l’ordonnez, je vais immédiatement prendre les lettres.

qui sont cachées dans la rotonde, et les dé-

irer, Vous voyez, Jobéis.…. Ensuite, je m’'assoirai près du petit lac, sur le banc, et je vous attendrai. Venez!

MARIK-LOUIS&. — Ce soir? Fernand, je n’irai pas.

FERNAND. — Vous ne refuserez pas de m'écouter…

MAR'F-TOUISE. — Je refuse. Soyez raisonnable, Fernand.

FERNAND. — Il me faut un entretien... un

entretien de quelques minutes... Où est le mal? Tenez... un dernier entretien!

MAR(UE-LOUISE. — Inutile. Nous n’aborderons plus jamais cette question. À quoi bon?

FERNAND. — Je vous en supplie... Marise, je les entends qu’ “ient, leur partie est terminée.. Je sors... je m’assois près du petit lac et je vous attends.

MARIE-LOJISE. — Vous m'attendrez en

vain.

FERNAND. — J’attendrai une heure, deux heures, le temps qu'il faudra...

MARIE-LOUISE. — Je n'irai pas!

FERNAND. — Venez, Marise! Venez!

MARIE-LOUISE. — Je n'irai pas!

FERNAND. — Au revoir, Marise. À tout à l’heure.

MARIE-LOUISE. — Non, Fernand.

FERNAND, sans plus la regarder. — Sïil

Si! À tout à l’heure! Venez! Je vous attends. Je vous attends. | | I] sort.

MARIE-LOUISE, seule et très décidée. — Non! Non! Non!

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