SOMA DE L'INDIVIDU
Le soma du méride est l'ensemble de ceux de ses plastides qui sont entrés dans la voie d'une activité fonctionnelle qui les condamne à l'épuisement et à la mort.
Cette activité fonctionnelle est en rapport principalement avec la nutrition, la sensiblité et la locomotion. Chacun des plastides somatiques remplit simultanément, mais dans une mesure différente suivant sa situation sur la blastea, l'ensemble de ces fonctions.
NoniJjre des cellules constitutives d'un individu
Calcul du nombre des cellules. — On peut calculer le nombre total N des cellules constitutives de la blastéa volvocéenne au moyen du nombre n de plastidcs que l'on compte, avec une mise au point très exacte, sur le grand cercle qui forme le contour apparent de la coupe optique passant par le centre de la sphère.
Si l'on suppose que l'aire correspondant à chaque plastide est un hexagone, et si l'on calcule combien de fois la surface de cet hexagone est contenue dans la surface de la sphère, on trouve :
N = 0,367 ir
Le nombre total des cellules d'un individu est donc égal au carré du nombre des cellules que l'on voit sur un grand cercle de la sphère, multiplié par le coefficient 0,367.
Comme il n'est pas très facile de compter exactement le nombre n on peut employer une autre méthode.
On détermine directement, en prenant un assez grand nombre de mesures, l'écartement moyen, de milieu en milieu, des plastides. Soit e cet écartement moyen et d le diamètre moyen de la sphère. Le nombre total iVdes cellules est A^ = 3, 627 [—) ^'
Un individu ayant 100 plastides sur son grand cercle contient environ 3670 cellules.
L'individu de Volvox globator, figuré par Cohn (1875, fig.l) et qui, d'après l'échelle du dessin, a environ 420 fz. présente 109 plastides sur sa périphérie. Il contient, par conséquent, 4360 cellules.
Les meilleurs dessins ne peuvent guère donner une idée exacte du nombre des cellules, parce qu'il faudrait représenter ces dernières tellement serrées les unes contre les autres, sur le pourtour de la projection de la sphère, qu'elles deviendraient tout à fait indistinctes.
Sur la belle figure donnée par Cohn (1875, fig.l), même en rcmçant les cellules reproductrices par le nombre proportionnel voulu de petits plastides somatiques, on compte environ 1000 plastides, tandis qu'il devrait y en avoir en réalité environ 4-4 360 = 2 180.
Variabilité du nombre des cellules. — Le nombre des cellules constitutives de l'individu est très variable. Klein (1889, p. 147) signale que :
1° Cette variabilité est plus grande chez le Volvox aureus que chez le Volvox globator.
2° Le nombre des cellules n'est pas, dans une même espèce, exactement proportionnel à la surface de la sphère, à cause de la variabilité de l'épaisseur de la gelée interplastidienne.
30 Les plastides sont plus rapprochés les uns des autres chez les individus uniquement producteurs de gynogonidies que chez les individus uniquement producteurs de cladogonidies.
40 Ils sont notablement plus rapprochés les uns des autres chez le Volvox globator que chez le Volvox aureus, en sorte qu'à égalité de grosseur du méride les plastides sont plus nombreux chez le premier que chez le second.
Nombre des cellules de Vindividu chez le Volvox globator. — D'après Klein (1889, p. 146), le nombre des cellules constitutives de l'individu varie, chez le Volvox globator :
de 1 500 à 16 400 chez les individus asexués, de 10 000 à 22 000 chez les individus sexués.
Nombre des cellules de l'individu chez le Volvox aureus. — Chez le Volvox aureus, le nombre des cellules de l'individu est, d'après Klein (1889, p. 146) :
de 200 à 3 000 chez les individus asexués, de 210 à 4 400 chez les individus femelles, de 330 à 3 300 chez les individus mâles. Un grand nombre d'individus asexués sont formés de 500 à 1 000 plastides.
Les individus sexués ont, en général, à diamètre égal, un plus grand nombre de plastides que les asexués.
CELL ULE SOMA TIQ UE
C'est la perte complète et définitive de la faculté de pouvoir vivre à l'état libre qui a fait passer du rang d'individu à celui de cellule constitutive d'un individu d'ordre plus élevé, tout en lui conservant l'ensemble de ses caractères, le Flagellate Chlamydomonadine formateur de la colonie ancestrale dont le Volvox est issu.
La cellule du Volvox comprend une enveloppe très épaisse et une partie vivante, le plastidc.
Différenciations cellulaires dans le soma
Les plastides somatiques de l'individu ne sont pas tous absolument identiques entre eux. Ils subissent, suivant la région à laquelle ils appartiennent, une différenciation plus ou moins prononcée qui porte, dans une certaine mesure, sur le chlorophylloplaste, davantage, sur les plasmonèmes et, plus encore, sur les stigmas rouges. Dans ces derniers, la différenciation peut être poussée jusqu'à une régression presque complète.
Les plasmonèmes sont plus nombreux (Volvox aureus) ou plus importants (Volvox globator) sur l'hémisphère du pôle phialoporiquc qui est aussi l'hémisphère oii se forment le plus grand nombre de gonidies. Pour ces motifs, l'hémisphère phialoporique peut être appelé hémisphère trophique ou hémisphère gonidial.
Le stigma rouge est d'autant plus développé et d'autant plus visible que le plastide auquel il appartient est plus rapproché du pôle qui est antérieur dans le mouvement de translation. Au-delà de l'équateur, les stigmas sont très réduits et, plus près du pôle phialoporique, ils disparaissent à peu près complètement. L'hé-
tiiisphère opposé à riiéniisphèrc pliialoporique peut donc êUe dénommé hémisphère stigmatique ou, vu la fonction de perception de la lumière que l'on attribue au stigma, hémisphère sensitif.
Enveloppes cellulaires Enveloppes cellulaires chez les végétaux supérieurs
Cellulose. — Chez les Végétaux, la périphérie du plastide s'entoure d'une membrane formée de la substance ternaire appelée cellulose et de petites quantités d'autres substances plus ou moins analogues.
La cellulose apparaît, dans la couche périphérique vivante des plastides végétaux, dans de minuscules organites,
La cellulose non-vivante, produite dans ces organites vivants, arrive à envahir toute la strate distale de chaque plastide et à transformer ainsi cette strate en une cuticule qui, à quelques canaux plasmotiémaux près, est tout à fait continue et dépourvue de toute intercalation de protoplasme vivant.
La répétition du même processus peut donner une deuxième, puis une série de strates successives, strates dont chacune est accolée contre la face interne de la strate précédemment formée. Il en résulte finalement une cuticule stratifiée qui est quelquefois extrêmement mince et quelquefois très épaisse.
La stratification de cette cuticule est rendue bien visible par la constitution même de chacune des strates. La portion distale de chacune d'elles est claire et réfringente, tandis que sa portion proximale est relativement sombre. Cette dissemblance se manifeste, dans chaque strate, par un passage insensible. Elle est due à une différence graduée du degré d'hydratation.
Les membranes cellulosiques sont d'autant plus perméables et plus élastiques qu'elles sont plus hydratées. Elles se colorent légèrement dans un certain nombre de réactifs colorants dilués et, en particulier, dans les carmins et les hématoxylines.
Certaines membranes, de nature cellulosique, ont la propriété de se gélifier, c'est-à-dire de subir une modification, accompagnée d'hydratation, qui les transforme en une gelée très molle. La gélification est poussée, dans quelques cas, jusqu'à une véritable liquéfaction.
Enveloppes cellulaires chez les Algues
Chez les Algues, la zoospore, qui est une représentation du stade Flagellate, est dépourvue de cuticule cellulosique tant qu'elle est libre; mais une cuticule apparaît dès que la zoospore s'est fixée et dès qu'elle commence à se développer.
Enveloppe du Flagellate
Une véritable membrane paraît exister chez les Euglènes et chez bon nombre d'autres Phytoflagellates. Elle est formée, soit de véritable cellulose, soit d'une substance similaire.
Enveloppe cellulaire chez le Volvox
Tant que le jeune individu provenant de l'œuf ou de la cladogonidie n'a pas terminé ses bipartitions et n'est pas arrivé à avoir le nombre définitif de ses plastides, ces derniers sont dépourvus d'enveloppe. Mais, dès que le nombre définitif des plastides est atteint, ces derniers commencent à former une enveloppe sur toute leur surface. Cette enveloppe s'épaissit par formation de nouvelles strates apposées successivement, du côté interne. Arthur Meyer (1896, pl.8, fig. A, 3) a figuré cette stratification, dans la membrane en cours de formation, chez le Volvox tertius.
L'enveloppe cellulaire s'épaississant par appositions successives d'une nouvelle strate sur la face interne de la dernière strate formée, il faut, pour l'accroissement du volume total de la cellule que les premières strates augmentent considérablement leur étendue, ce qui a lieu par suite des progrès d'une gélification qui finit par transformer l'enveloppe en une masse de gelée stratifiée dont la strate externe reste, seule, condensée en une cuticule assez résistante.
L'enveloppe cellulaire est à considérer : lo Sur la face distale du plastide; 2° Sur ses faces latérales; 30 Sur sa face proximale.