‹ Le Volvulus de l'Anse OmégaChapitre 4 sur 25 · RENTE · texte numérisé non relu

RENTE

30 L'enroulement d’une portion d'intestin autour d'une partie d’intestin lui servant d'axe.

Mais pour avoir des cas bien avérés de torsion de l'S iliaque, il faut arriver jusqu'aux deux observations de Mackensie (1) (1848). |

Quelques années plus tard, dans ses cliniques, Trousseau (?), présente un homme d’une cinquantaine d'années qui, après des alternatives de constipation et de diarrhée, offre tous les signes d'un étranglement interne (vomissements alimentaires, bilieux, ballonnement, douleur, etc...)

Après gastrotomie faite par Jobert, l'homme malade meurt de péritonite généralisée.

L'examen nécropsique montra l'S iliaque énormément distendue par les gaz, qui, retournée sur elle-même, avait provoqué toute cette série d’accidents.

Le volvulus reconnu on cherche à s'expliquer le mécanisme par lequel il peut se produire, aussi voyons-nous Melchiori (3) faire, en 1859, des expériences très intéressantes sur des cadavres.

En 1860, Giraidès (4) reprend le travail de Melchiori et réunit dix cas de volvulus, qui amènent la mort rapidement, par distension considérable du ventre et asphyxie ; mais il ne donne, malheureu-

(1) London, Méd. Gaz., 1848.

(2) Cliniques, 1857, p. 200.

(3) Dell’ volvolo, dell’ $ iliaca (Ext. dei Annali uwuniversali di Medicina, Milan, 1859).

(4) Bull. Soc. chir., Paris, 1860, p. 334. Rapport de M. Giraldès pour la candidature de M. Melchiori,

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sement, aucune indication biographique sur ces observations.

À la même époque, MM. Besnier et Duchaussoy, dans leurs importants mémoires à l’Académie de Médecine de Paris, traitent magistralement l’anatomie pathologique du volvulus.

Duchaussoy rapporte cinq observations de volvulus de l'S iliaque. P. Hewet et Parkew (1), Easton (2), Barlow (3) et enfin Busk (4).

En 1863, Gruber (5) traite de la torsion de l’anse oméga et revient en 1869 sur le même sujet.

Il croit que le ligament mésentéro-mésocolique qu'il a décrit, est la cause directe de la difficulté de la détorsion.

Tillaux en 1870, préconise dans le Bulletin général de thérapeutique, les injections forcécs. pour obtenir la détorsion.

L'article de Leichtenstern (Ziemssen's Handbuch, VII, Prague, 1873-74), donne 76 observations de torsion du gros intestin, celle ci siégeant 49 fois sur PS iliaque.

Nous trouvons ensuite une thèse de Paris faite par Erlanger en 1875.

Esaü (6) sur trois observations de torsion intestipale, en a une relative à un volvulus de l'S iliaque.

) Edimburgh. med. Surg. Journ.

) Union Médic., 1851, ou Mouthley. Journ., 1850. ) Arch. génér. de Méd., 4e série, tome VII.

JPATRASOC/ Of London, L'eV TT. p- 108.

) ArCh. [. Path. An. Berl., 1863, XXVI, 371 91.

6) Deut. Arch.fur. Kl. Méd., 1875.

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En France, nous voyons un intéressant rapport fait par M. Rendu à la Société anatomique, sur les trois cas de M. Léger (1), devant servir à la candidature de ce dernier.

En 1877, une observation de volvulus de PS iliaque et explication de son mécanisme à la Société de Chirurgie, par le docteur Faucon.

Une très intéressante communication sur le dia- gnostic différentiel entre le volvulus de l’'S iliaque et le cancer, est faite en 1879 par MM. Barié, chef de clinique à la Faculté de Médecine de Paris et Ducastel, chef des travaux anatomiques àl'hôpital Nec- Ke

La même année noustrouvons une observation de Spencer Watson (2), et une leçon clinique (3) faite à l'hôpital Necker par M. le professeur Potaïin, sur deux observations rapportées dans la thèse de Liebault 1882.

Quelque mois après un cas de volvulus de l'S iliaque publié par Witney (4).

Un an après cas semblable publié par Barton (5).

En 1883, dans l'Union Méddicale de Caracas, WI, Marcano traite des étranglements rotatoires de l’S iliaque.

(1) Bull. Soc. anal., Paris, 1875.

(2) Med. Times and Gaz., Lond., p. 31, 1879.

(3) Gaz. Med.Paris, déc. 1879. — Leçon clinique recueillie par M. G. Homolle.

(4) Ann. Méd. Bisweckly, Louisville, 1877, Xet1879, p. 4123-26

(5) Brit, m. J., 1882, II. p. 1257 et 1883, 3e série, LXXV, p. 82.

ÉD) ee

Cette même année paraît un mémoire traitant:

« des opérations du volvulus » par W. Roser (1).

En France, une observation de volvulus siégeant à l’union dela flexure sigmoïde et du rectum due à Prioleau () insérée dans le Journal de Médecine de Bordeaux.

Un cas de Polaillon (3) où on ne peut produire la détorsion, après laparotomie.

En Amérique Sautwoord (4) cite un individu qui meurt de pneumonie après laparotomie, et celui de Lamminan (5) en Angleterre, qui mourut peu de temps aprés.

En 1887, Roux (de Lausanne) opère deux malades chez lesquels il avait diagnostiqué un volvulus de l'S iliaque, grâce à la percussion et la palpation.

Ce signe, si particulier au volvulus et que l’on désigne par habitude sous le nom de signe de Von Vahi, avait donc été étudié et décrit avant que ne paraissent les deux mémoires si importants de ce dernier auteur sur la : « laparotomie pour l'intestin grêle »(6), et sur le « diagnostic des occlusions intestinales par étranglement ou torsion (1) ».

Quant à son diagnostic et à son traitement, le vol-

(1) Centralb. fr Chir. Leipsig, 1883, X, p. 681.

(@) Journ. de Méd., Bordeaux, 1883-1884, XIII, p. 38-40. (3) France Méd., Paris, 1883-1884, p. 85-90.

(4)N.-Y. Méd., J., 1886, XLII, p. 225.

(5) Br. M.J., London, 1887. II, p. 829.

(6) Arch. fur Klin. Chir,, 1888, t. XXXVIIT, H, II, p. 233. (7 Centr. fur Chir., 1889, n° 9, p. 159,

vulus de l’Siliaque entre, à partir de cette époque, dans une phase nouvelle.

Nous voyons, en effet, Jesset (1), de Londres, poser les règles qu'un chirurgien doit suivre, quand il se trouve en présence d’un malade présentant un volvulus de l’anse sigmoïde.

En 1891, un malade de Péraire (9) meurt de pneumonie après laparotomie.

Lyot (3), plus heureux, sauve son malade.

Une colopexie transverse est pratiquée par Vi1lar, de Bordeaux, pour prévenir une nouvelle torsion de l'anse.

H. Roser indique quel doit être le « traitement opératoire des torsions de l'S iliaque (4).

En 1893, nombreux mémoires se rapportant au volvulus de l'S iliaque,

Kiwall(5), sur la casuistique de la laparotomie dans les volvulus de l’anse sigmoïde.

Melsome (6), variétés de l’anse sigmoïde du côlon.

Gayo (1). Un cas ae volvulus de l'anse sigmoïde, réduction après section abdominale.

Mac Ardle (8). Le traitement du volvulus de l’anse sigmoiïde.

(1) Brit. Méd. Journ., 1890.

(2) Bull. Soc. Anat., 1891.

(4) Arch. fur Klin. chir., Berlin XIII, 1892.

(5) Sé-Pétersb. Med. Woch,. 1893, X;p. 431, N. F. 93. (OP ROC AnaT Soc SG Pr er MAondon XNA (1) Ann. of. Surg. Phil., XNII,93, p. 28.

(8) Dubl. J, Med. Soc., XCV, 1893, p. 97.

joue

P. Michaux (VW). Du volvulus de l'Siliaque, de son traitement chirurgical.

En Amérique, un cas de récidive guéri par le Dr Finey. (2)

M. Hartmann, répondant à M. Michaux, au Congrès de Chirurgie de 1895, préconise la large incision des parois abdominales et recommande de prendre la position de Trendelenburg, pour arriver plus facilement sur le pédicule.

La méso-sigmopexie pratiquée avec succès par Roux (3) (de Lausanne) pour deux récidives, fait l'objet d’un compte rendu en janvier 1894.

Obalinski (4) sur 19 cas de volvulus obtient 9 guérisons.

Il faut aussi signaler un autre succès obtenu par Sharpless (5) en Amérique.

En France, l'observation trèscurieuse de Catrin (6) individu mort au sixième jour de volvulus de l'S. iliaque, sans avoir eu de vomissements fécaloïdes.

Roux (7) opère pour la troisième fois, en Suisse, son même malade. Il complète sa méso-sigmopexie par une suture du péritoine dans toute sa hauteur jusqu’au niveau de la ligne blanche.

(1) Congrès de chirurgie de, 1895.

(2) Soc. Méd. des Hôpitaux de Paris, 1893.

(3) Rev. méd. de la Suisse romande, 1, 1894.

(4) Arch. f. Klin: Ch. XL VITE, 1, 1894, p..1.

(5) Méd. sentin, Portl. Orégon, I, 1894, p. 336.

(6) Bull. el mim. Soc. méd des Hôpil. de Paris, XI, 1894, DAC NE

(1) C. [. chirurg., Leipsig, 1894,p. 865.

En Autriche, Lennander (1), sur deux malades atteints de volvulus de l’anse oméga, pratique après reposition de l’anse une typhlostomie.

En Angleterre, Bentham (9) a un cas guéri par laparotomie et Gould (3)suture l'intestin à la paroi abdominale pour prévenir toute récidive.

Lavements gazeux et ponction capillaire donnent quelques succès à Prioleau (4), de Brive.

Ce même auteur, ayantobtenu plusieurs guérisons par ce même traitement, en fait le sujet d’une communication au Congrès de Carthage en 1896.

Paul Bobier fait, cette même année, une thèse sur le volvulus de l’anse oméga.

A partir de cette époque, il semble que les chirurgiens se désintéressent complètement de cette question, les communications sur ce sujet se faisant. de plus en plus rares,

Nous voyons H. Haeckel (5) (de Stettin) guérir un cas de volvulus par résection d’une partie de l’anse et abouchement du côlon descendant dans lérectum.

En 1899, nous trouvons une communication faite à la Société de Chirurgie par M. Routier quia obtenu la guérison par une simple détorsion de l’anse après laparotomie.

Ce résultat donnelieu, entre MM. Michaud, Delbet

) Wiener Klin Woch, NII, 189%, Vienne, p. 574. ) Bull. de la Soc. Anat., janvier 1895.

) Soc. clin. de Londres, mai, 1895.

16 avril 1898.

FRIC Walther et Robert, à une importante discussion sur le traitement du volvulus.

Nous arrivons enfin à une communication très intéressante faite par M. X. Delore (1), chef de clinique chirurgicale, sur un cas de volvulus observé dans le service de M. leprofesseur Poncet.

(4) Gazette hebdomadaire,21 décembre 1899.

CHAPFERE M

Données anatomiques

L’S iliaque (côlon iliaque, côlon ilio-pelvien des anatomistes français, anse sigmoiïide de quelques auteurs anglais et allemands,anse oméga de Trèves) est cette portion du gros intestin qui fait suite au colon descendant et qui se continue par le rectum.

. Elle présente, grâce à certaines dispositions anatomiques, variables d'ailleurs avec les individus, une très grande mobilité; mobilité due au repli péritonéal plus ou moins large, qui rattache cette anse à la paroi abdominale postérieure.

Aussi nous verrons-nous obligé après une description succincte de cette portion du côlon,de réserver une place spéciale à la description de ce péritoine qui joue le principal rôle dans l'affection que nous avons pris à Cœur d'étudier.

S ILIAQUE. — Nous donnerons la disposition la plus fréquente ,chez l'adulte, sans nous attarder à toutes les variétés données par les différents auteurs.

Séparée du côlon par une limite toute conventionnelle, plan horizontal passant par la crête iliaque, l'S iliaque, d'abord située dans la fosse iliaque interne du côté gauche, passe bientôt dans le bassin qu’elle occupe dans la plus grande partie de son étendue.

Elle descend aussi verticalement le long du bord externe du psoas, jusqu’à une petite distance de l’arcade de Fallope. |

Se portant ensuite en dedans, elle traverse le psoas et atteint ainsi le bord interne de ce muscle.

Présentant alors la forme d’une anse à concavité Girigée en haut, elle passe dans lexcavation pelvienne qu'elle traverse de gauche à droite.

Arrivée dans la fosse iliaque droite au niveau de la symphyse sacro-iliaque droite, el'es'infléchit une dernière fois sur elle-même etse porte alors obliquement en bas, en arrière et en dedans, pour se continuer avec le rectum au niveau de la troisième vertébre sacrée.

Cette anse peut occuper des situations variables, elle peut remonter au-devant de la masse intestinale jusqu’à l’ombilic, et même l'épigastre ou bien se trouver rejetée dans une des fosses iliaques.

Après de nombreuses recherches faites sur ce sujet, Luschka, Trèves, Schiefferdecker et, plus récemment, Jonnesco et Pérignon s'accordent à considérer comme normale cette disposition donnée ci-dessus.

Considérée aux différents âges de la vie, fœtus, enfant, adulte, vieillard, l’S iliaque présente une

direction et une situation variables, qui expliquent les nombreuses conceptions de cette portion du gros intestin.

Aussi voyons-nous la description donnée plus haut bien différente de celle que l’on rencontre dans les traités classiques anciens qui faisaient décrire à l’S iliaque les deux courbures dans la fosse iliaque sans les faire descendre dans le bassin, le rectum la continuantau niveau delasymphyse sacro-iliaque gauche (Sappey, Cruveilhier).

L’S iliaque, chez le nouveau-né, étudié au point de vue de Sa direction et de ses rapports par Meckel, Hugier, Giraldès, Béraud, Verneuil, Bourcart, Lesshaft, ne peut être logée dans la cavité pelvienne à cause du peu de développement de cette cavité.

Sinous considérons maintenant l'aspect extérieur de cette portion de l'intestin, nous voyons que les bandes musculaires qui, sur les trois premières portions du côlon étaient au nombre de trois, se réduisent le plus souvent à deux, l’une antérieure, Pautre postérieure, que les bosselures et les sillons transversaux qui les séparaient s’atténuent graduellement et l’S iliaque prend de plus en plus la configuration cylindrique qui caractérise le rectum.

Pour étudier ses rapports considérons deux parties dans lS iliaque : la portion iliaque et la portion pelvienne.

En avant, la portion iliaque à l’état de distension est en rapport direct avec la paroi abdominale, si bien qu’il est possible par la palpation de sentir les

Ne matières fécales accumulées dans cette partie du gros intestin.

A l'état de vacuité, il n’est pas rare de trouver interposées entre le côlon iliaque et la paroi abdominale des anses plus ou moins volumineuses d'intestin grêle.

Er arrière il repose successivement:

4o Sur le muscle iliaque dont il est séparé par le fascia 1liaca.

% Sur le muscle psoas séparé encore par le même feuillet aponévrotique.

3e Sur les vaisseaux iliaques externes qui longent le bord interne du psoas.

La portion pelvienne présentera des rapports différents variables avec le sexe que l’on considère,

Plongeant dans le petit bassin elle pourra reposer sur les organes génito-urinaires ou bien se trouver entre ces mêmes organes.

Chez la femme elle se trouve au-dessus de la vessie et de l’utérus, ou bien dans l’un des deux culs-de-sac, vésico-utérin au recto-vaginal.

Chez l'homme, on la rencontre sur la vessie ou entre la vessie et le rectum (disposition trèscommune).

Il est facile de comprendre que les causes les plus variées peuvent agir de façon différente pour modifier ces rapports.

a. — Lorsque l’anse est distendue.

b. — Lorsque les autres viscères pelviens, vessie, rectum, utérus augmentent de volume physiologiquement ou pathologiquement.

= CHiReS \

PÉRITOINE DE L'S ILIAQUE. — Le péritoine se comporte ici absolument de la même façon que pour l'intestin grèle.Il revêtsuccessivement la face inférieure, le bord antérieur, la face supérieure et, s’adossant à lui-même au niveau du bord postérieur, forme un meso-colon qui vient se fixer à la paroi postérieure de la cavité abdomino-pelvienne.

Trés étroit à ses deux extrémités iloffre au milieu de l’anse pelvienne une largeur et une longueur pouvant atteindre de grandes dimensions, et l'on s'explique ainsi la mobilité considérable de cette portion du côlon.

L'insertion viscérale, mobile, de ce méso-côlon répond au bord postérieur de l'intestin; son insertion pariétale fixe, représente une ligne plusieurs fois coudées.

Partie du bord externe du psoas elle traverse de gauche à droit:ce muscle,se redressant, elle suitson bord interne, puis se dirigeant obliquement de bas en haut et de dehors en dedans, atteint ainsi la quatrième ou même la cinquième vertébre lombaire.

S'infléchissant alors en bas, elle croise l'artère iliaque primitive gauche, la portion gauche de la cinquième lombaire, arrive à la région médiane au niveau de l'angle sacro-vertébral et descend verticalement jusqu'à la troisième vertèbre sacrée où finit le repli péritonéal.

Signalons comme particularité de ce méso-colon la formation de la fossette intersigmoïdé, signalée depuis longtemps par Hensnig et par Roser, décrite

| — A — de nouveau, dans ces derniers temps, par Treitz, Waldeyer, Trêves, Toldt, Jonnesco, Rogié, etc.

Cette fossette est située entre le méso-côlon et la paroi abdominale, et l’on aperçoit son orifice en redressant en haut le côlon pelvien et son mésocôlon.

Mais il est un fait essentiel et sur lequel nous devons insister, c'est que, au point de vuede sa lon gueur, de ses courbures, des dimensions et de la laxité de son méso-côlon, l’'S iliaque présente des différences individuelles considérables comme Buchanan, Melchiori, Sappey l’ont constaté en examinant un certain nombre de cadavres.

Ces variétés sont tellement fréquentes, dit Giraldès qu'on peut presque affirmer qu'une fois sur quatre l'S iliaque n'affecte pas la disposition considérée comme classique.

Il n’est pas d’endroits, dit neue en 1857,où on ne puisse rencontrer la flexure sigmoïde.

C’est une remarque très importante sur laquelle nous reviendrons quand nous traiterons de l’étiologie de cette affection, car il nous semble qu'elle doit jouer dansla formation du volvulus un rôle considérable; les autres conditions, âge, alimentation, etc., ne faisant qu’exagérer cette disposition anatomique primitive.

GEPARPIERE "EU

Etiologie et mécanisme

Le volvulus consiste dans la torsion d’une anse intestinale autour d’un axe formé par le mésentère ou par le méso-côlon.'

Une portion quelconque d'intestin sera d'autant plus exposée au volvulus que son repli péritonéal sera plus che et plus long.

La constitution anatomique toute spéciale de VS iliaque fait considérer par la plupart des auteurs cette affection comme très fréquente au niveau de cette portion d’intestin.

C'est ainsi que si nous consultons la statistique de Trèves, ce siège représenterait environ les 2/3 de tous les cas d’occlusion intestinale, le 1/4 seulement pour Leichtenstern.

Cette affection n’est pas aussi fréquente que sembleraient le montrer les résultats de ces Statistiques, on peut même la considérer comme assez rare.

M. X. Delore, dans l’espace de 18 mois, n’a eu

ES l’occasion de voir à la clinique de M. le professeur Poncet, que 7 cas de torsion dont une seule siégeait sur le côlon pelvien, les six autres intéressant l’intestin grêle (1).

D'autre part, les recherches faites dans la littéra ture française et étrangère n’ont fourni, de 1896 jusqu'à nos jours, que très peu de cas de volvulus signalés de l’anse oméga, soit qu'après une période d'action très vive (1886 à 1894) marquée par les travaux de Roux (de Lausanne) et de Von Vahl, les chirurgiens se désintéressent complétement de la question, soit que la laparotomie précoce, comme on la pratique maintenant dans tous les cas d’occlusion, fait rentrer quelques volvulus à l’état d’ébaucne, dans cette catégorie d’étranglements internes dont la seule ouverture du ventre produit la réduction.

La fonction physiologique de l'S iliaque a servi de tout temps à expliquer la pathogénie de cette affection.

Qu'il suffise pour cela de se rappeler que cette portion d’intestin se comporte comme un réservoir, où viendraients’accumuler pendant un certain tempsles déchets de l’alimentation. Le poids des fèces provoque à la longue un relâchement plus ou moins considérable du méso-côlon, condition favorisant essentiellement le terrain.

Il était donc naturel que l’on ferait jouer à la cons-

(1) BeRARD et X. DELORE. — Six cas de torsion de l'intestin . grêk. Congrès de Chirurgie, octobre 1899.

ei ) peut

tipation un rôle prépondérant et qu’elle constituerait presque à elle seule l'étiologie du volvulus (Rendu, Potain).

Ne voyons-nous pas en effet Linden soutenir cette thèse que l'alimentation presque exclusivement végétale est une cause prédisposante fréquente de cette variété d'étranglement interne chez les paysans russes.

D'autre part, c’esi vers la fin de l’âge adulte, au commencement de la vieillesse, que se produisent la plupart des cas de volvulus. Leichtenstern cependant en a observé un chez un enfant de 10 ans.

De même l'homme, plus soumis que la femme à de rudes travaux, est plus souvent atteint, troisquarts environ de tous les cas.

Ce qui a frappé tout d’abord notre esprit, c’est de voir la disproportion flagrante qui existe entre levolvulus qui est une affection relativement rare, et la constipation qui est une affection très fréquente.

Il faut donc chercher une autre cause que la constipation et c'est dans une disposition anatomique spéciale à l'individu que l’on trouve les conditions indispensables à la production d’un volvulus.

L'âge, le sexe, l'alimentation n'intervenant que comme causes aggravantes de cet état primitif.

Influence anatomique. — Nous avons vu, dans le chapitre de l'anatomie topographique toutes les variétés que pouvait présenter la flexure sigmoïde (terme qu'il faut préférer car il ne fait rien préjuger sur sa situation).

Par sa longueur, ses courbures, ses rapports et

ce) Re son méso-côlon, elle présente des différences individüelles considérables. Il n’y a pas d’endroit dans l'abdomen où on ne puisse la rencontrer.

Il est certain que, plus son méso-côlon sera court, moins l’S iliaque aura de tendance aux déplacements ; au contraire une élongation anormale de son méso-côlon parait favoriser la formation d'un volvulus.

Cette laxité semble donc être une des causes prédisnosantes anatomiques des déplacements qui se produisent sous une influence déterminante quelconque.

Cette disposition du méso-côlon long et lâche peut non seulement être congénitale mais acquise, les déchets de l'alimentation s’accumulant dans ce réservoir naturel déterminent petit à petit, par leur poids,une élongation de ce méso-côlon qui supporte l’anse intestinale.

Mais ce qui frappe le plus l'esprit, à la lecture des observations, c’est de voir les dimensions considérables prises par l’anse intestinale.

M. Routier la compare à une tête de fœtus.

M. X. Delore rapporte son calibre à celui d’un cou d’adulte.

Au premier abord on serait tenté de ramener uniquement ce phénomène à l’insufflation de l’ause par les gaz qui se produisent à son intérieur.

S'il en était ainsi la ponction capillaire devrait en donnant issue à ces gaz, la ramener jusqu’à son volume normal. Or, il n’en est rien et, chez le malade de M. le professeur Poncet, opéré par M. X. Delore,

DORE on voit à l’autopsie, le cours des matières étant rétabli,: cette. änse conserver encore des dimensions bien au-dessus de la normale (Schema I.

Il faut donc admettre qu'avant de se tordre définitivement sur elle-même, elle présentait déjà une certaine dilatation qui doit rentrer pour une bonne part dans l’étiologie du volvulus.

Il ya une douzaine d'années toute dilatation du côlon était considérée comme symptomatique.

Un estomac dilaté était dû à une obstruction quelconque siégeant au pylore, empêchant ainsi la descente des gaz et des matières. Dans le même ordre d'idées, pour certains tympanismes,on admettait un obstacle siégeant à la partie inférieure du canal intestinal ne permettant plus aux gaz qui dilataient l’intestin de s'échapper au dehors. |

Beaucoup de ces assertions ont été montrées sans fondement.

Le météorisme peut, en effet, se produire autrement que par une diminution du calibre de l'intestin (rétrécissement cicatriciel, compression par tumeur de voisinage, etc.).

Les lésions de la circulation et des nerfs de l’intestin causent souvent du tympanisme.

Chez les animaux, la ligature des veines mésentériques est suivie d’un météorisme très intense, Trèves (1) en a vu un exemple frappant, la thrombose de la veine supérieure mésentérique amenant un tympanisme du côlon.

(1) Lancet, London, 29 janvier 1898. I.

Le Ov

Une péritonite chronique, une inflammation si petite soit elle, peut être la cause d'une dilatation persistante de tout l'intestin.

Dans les diverses affections que nous venons d'énumérer, l'intestin, par suite de sa paralysie, se laisse distendre par les gaz et produit le tympanisme:; la disparition de la cause ramène ordinairement l’intestin à son volume normal.

Mais il est d'autres cas où la dilatation est permanente, l'intestin n'étant plus seulement distendu par les gaz. Une sonde introduite dans le rectum, faisant sortir les gaz de l’abdomen, le ballonnement persiste. |

C’est sous le terme de dilatation idiopathique de Mega-côlon, que les auteurs allemands ont, pour la premiére fois, désigné cette ectasie indépendante de toute lésion inflammatoire, de toute constriction, de tout rétrécissement.

Hirschsprung, en 1886, communique les observations de deux enfants morts, le premier à onze mois, le deuxième à sept mois, ayant tous deux présenté une constipation opiniâtre avec ballonnement du ventre, de la dyspnée, etc.

Hirschsprung (1) le premier, émet l'avis que c’est, soit dans une anomalie de l'évolution embryonnaire, soit dans une maladie fœtale, qu'il faut chercher l'explication de ce phéomène.

Cette affection mieux connue, les observations se

(A4) Jahrb. [. kinderheilkunde, XXNVII, Bd., 1 IIf. 4888.

Ua

multiplient et beaucoup d'auteurs, entr'autres Wal-.:

ker et Griffihs (1), Genersich (9), Guiseppe Mya (3), Trèves (4), Cheald(5), Herringham (W P.) et Clarke W. B. (6) s'occupent de cette question.

La dilatation, au lieu d'être totale, peut aussi ne se produire que sur une portion quelconque du tube digestif etnous voyons Hirschsprung citer à l'appui de sa thèse une observation dans laquelle l'estomac avait été atteint par cette anomalie de l’évolution embryonnaire (Megastria congenita).

Nous arrivons maintenant aux observations qui nous intéressent plus spécialement, qui montrent la dilatation de la flexure sigmoïde avec intégrité normale de l’autre partie de l'intestin.

Thiroloix montre àla Société Anatomique,en 1899, un gros intestin très dilaté avec torsion de l’Siliaque.

Osler (7) présente deux cas d’anse sigmoïde très distendue.

Rolleston et Haward trouvent, chez un garçon d’une douzaine d'années, le côlon descendant et l’anse sigmoïde très dilatés.

Herringham, Bruce et Clarke présentent une dilatation idiopathique de la flexure sigmoïde chez un

(1) Bril. med. Journ., 1893, ur. 1700, s. 230.

(2) Jahrb. f. Kinderh., XXXVII, 1. H., 1893, page 91.

G) Lo Sperimentale, Firenze, 1894, XLVIIT, pag. 215-231. (4) Lancet, London, 1898, I, 29 janvier.

(©) Lancel, London, 1898, I, p. 399.

(6) Lancel, Londou, 1894, II, p. 1281.

(7) Arch. Pédiat, New-York, 1893, X, 111-419.

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