VI. — Pronostic
Le pronostic est à envisager au point de vue de la mère et au point de vue de l'enfant.
Au point de yue maternel, il est sérieux, nous avons
trouvé 6 cas. opérés et ces 26 cas ont oané 10 morts, RL
opérés ont succombé,. (G. BRAUN, Becker, JaNKowWSKI).
PRO guérisons et un résultat inconnu. Tous les cas non
Mais il convient de remarquer que la plupart es Cases
de mort sont des cas anciens, tandis que la majorité des
- cas récents ont guéri.
Avant 1900 : 3 cas, 3 morts (BarTues, H. BRAUN, GOTTSCHALK). |
De 1900 à oe CVES cas, & morts (PiorrowskI 2 cas,
MORESTIN, Orivier), 8 guérisons (BRETTAUER, Lames, :
SCHWARTZ, ATABEKOW, MARKOwA 3 0 cas, Sur), 1 inconnu
(FLORENCE). he | : Rue
Depuis 1915 : 10 cas, 3 morts (HANDHORN, GONZALEZ,
5 WESTMAN), 5 guérisons (BONNE et BRIDGES, Donarpso,
Kreis, ScmiLLer, MATrRY 2 cas, GUIBÉ).
Pour l'enfant, la gravité est extrême, nous n'avons, en : 2 effet, trouvé que 6 cas où l'enfant n'ait pas été expulsé de ou ne soit pas mort dans la crise ou lors de l’accouchement. Une fois, il a été obtenu vivant par Césarienne à terme (Donazpsow), les trois autres fois, la grossesse a continué.et est allée jusqu'au terme (LAMPE, SCHILLER, Marry). Deux fois, les accidents ont débuté au commèncement de l'accouchement qui s'est passé normalement
(MORESTIN, KREIS).
Fe. VII. — Traitement
11 n'existe qu'un seul traitement de cette affection, c’est le traitement chirurgical. Sitôt le diagnostic d’ocelusion intestinale posé, il faut intervenir,
or OR TT U
Dans le cas de Guisé que nous avons plus spécialement rapporté, le Chirurgien aÿant temporisé, faillit perdre sa malade. Mais ici, l'occlusion était incomplète, la malade était à terme, l'accouchement était attendu d’un jour à l’autre. S'il a attendu, c'est qu'il ne pensait pas à un Volvulus, mais à une coudure de l'intestin déplacé par l'augmentation de volume de l'utérus et qu'il espérait qu'après l’accouchement qui était imminent, les choses pourraient s'arranger d'elles-mêmes. Ce fut l'inverse qui se réalisa.
Ce traitement chirurgical consistera schématiquement à pratiquer une laparotomie médiane, à découvrir l'anse tordue, à l’amener à l'extérieur, à la détordre, à évacuer son contenu à l'aide d’une sonde rectale et à la rentrer dans l’abdomen. Sauf indication urgente on ne pratiquera pas de résection intestinale, même pas de colopexie. Ge n’est que dans le cas où l’anse tordue serait menacée dans sa nutrition et à plus forte raison, quand elle est gangrenée, qu'on pratiquera une résection inteslinale avec abouchement des deux bouts à la peau.
Mais l'opération ne se présente pas dans les mêmes conditions suivant qu'on à affaire à une grossesse peu avancée à 3 ou /{ mois par exemple, ou à une grossesse à terme ou près du terme. :
Dans le premier cas, l’opération se pratiquera comme nous venons de le dire, mais dans le deuxième cas, on sera gèné par le volume de l'utérus et on se trouvera ainsi conduit à réduire ce volume en vidant l'organe par une opération césarienne.
Tant que la grossesse.est loin du terme, on ne doit pas
RES — 81 es
toucher à l'utérus. Sans doute, le plus souvent l’avortement est la conséquence de l’occlusion ou de l'opération.
BouLer indique que suivant les auteurs les deux tiers ou
les trois-quarts des femmes avortent. Mais comme l’avortement n'est pas fatal, on ne doit pas toucher à l'utérus
dans l'espoir de voir la grossesse suivre son cours, tout
en sachant bien qu ‘elle est fort menacée.
Les choses changent à partir du moment ou le fœtus
est viable, il semble cependant qu'entre lé#6% et; le 9°
; mois, il est préférable de s’abstenir de toucher à l'uté-
rus. Mais dans le dernier mois, l'enfant est devenu facilement viable et on est alors autorisé à pratiquer une césarienne.
Il est certain, en effet, que d’une part, l’utérus gravide est fort gènant et que, d'autre part, laisser la femme accoucher spontanément constitue pour elle, un gros choc surajouté au choc opératoire. Ne vaut-il pas mieux pratiquer une césarienne qui aura l’avantage en réduisant le volume de l'Utérus de rendre les manœuvres abdominales plus faciles et qui amènera au jour, un enfant dont la vie peut être menacée, du fait de la mort
, possible de sa mère et dont la naissance n'occasionnera à cette mère qu'un choc minime, En outre, l'accouchement se produisant chez une maladé laparotomisée provoquerait des douleurs vives lors des contractions des muscles de l'abdomen, ce qui gènerait l'expulsion,
On ne voit pas l'avantage qu'il y aurait à provoquer l'accouchement pour opérer ensuite, Ce procédé, qui a été utilisé par Becker, qui n’a d’ailleurs pas opéré ensuite,
ne nous paraît pas recommandable, c’est ajouter au
choc de l'accouchement, le choc de l'opération qui va
suivre. Avec les perfectionnements actuels de la techni-
que chirurgicale, il paraît préférable de commencer par : pratiquer une césarienne abdominale, puis l'utérus ayant
été ainsi réduit, on pourra plus facilement intervenir sur
l'intestin. :
L'opération césarienne abdominale n'a été pratiquée que dans trois cas, Nous mäanquons de renseignements sur le cas de Piorrowski, où mère et enfant succombèrent. Dans le cas de FLORENCE, la malade était moribon-" de, il s'agissait de sauver l'enfant encore vivant par une césarienne in extremis, L'enfant fut extrait, mais mourut. On put ensuite pratiquer la détorsion du Volvulus, sans pour cela sauver la mère, dont l'état était trop grave. Enfin, dans le cas de DonaLpsow, ou mère et enfant survécurent, la césarienne fut pratiquée pour déblayer le champ opératoire, encombré par l'utérus gravide et permettre d'y voir. Après la césarienne, le Volvulus fut facilement trouvé et la détorsion effectuée.
L'opération de beaucoup la plus pratiquée est la détorsion de l’anse tordue, ce qui est le traitement rationnel du Volvulus.
Nous devons toutefois signaler, à cet égard, le cas de
H. BRAUN, qui fit une laparotomie et une entérostomie,
‘Sans s'occuper de la cause de l’occlusion intestinale. Mal
lui en prit, car il lui fallut réintervenir le lendemain pour pratiquer la détorsion de l'anse tordue.
Dans un certain nombre de cas, la détorsion fut complétée par une ouverture de l’anse intestinale, cette enté-
rostomie étant destinée à aider l'évacuation de l’anse
OLIVIER. ce
pd \
tordue. Outre le cas de H. BRAUN, nous trouvons les cas
de BRETTAUER, BOonNEY et BRIDGES, GOTISCHAIK et
En pareil cas, il y à une faute à éviter, qui à été com-
mise par Bonney et Brinces. Elle consiste à aboucher l'intestin à la paroi dans l'incision médiane. Dans leur cas, à cause de l’état précaire de l’opérée, ils abouchèrent l'intestin à la peau, à la partie supérieure de leur incision médiane. Mais avec le développement de l'utérus, il survint des accidents. Au sixième mois, l’utérus commençait à tirailler l'anse fixée trop. bas ce qui les obligea,
cinq semaines après l’opération primitive, à intervenir
de nouveau et par une césarienne vaginale à extraire un fœtus mort de 6 mois et demi après perforation de la tête fœtale.
Mais il arrive qu'on se trouve après détorsion en présence d'une anse gangrénée, qu'il est impossible de réinlégrer dans l’abdomen. Dans ce cas, nul doute que la résection s'impose. Mais elle peut se faire de plusieurs manières.
Suir trouvant l’anse gangrénée, se contenta de l'exté-
rioriser et attendit la chute de la partie sphacélée.
Plus souvent, l’anse à été extériorisée, la partie morlifiée immédiatement réséquée et les deux bouts fixés à la peau, avec ou sans rétrécissement de la bouche intestinale par une suture incomplète. Cas de Hanpuonn, MORESTIN, GUIBÉ, MATRY. |
Mais la continuité de l’anse a été rétablie immédiatement soit par suture bout à bout (GonzaLez) soit par
anastomose latérale (ATABEKOW).
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MarTey, ATABEKOW).
Le Ces
| G. Braux. — Die Enterostenosen in ihrer Beziehung zur : Graviditat und Geburi (Wiener medizinische Wochenschrift :
1885, T. 35, pp. 761-766).
Femme de 34 ans, IX° pare au g° mois de sa grossesse, Dou- leurs dans les derniers temps de la grossesse sous forme de coliques reparaissant de temps en temps dans le bas-ventre. Fi Constipation et coliques. Pas de selles depuis 8 jours. Les 3 'EÈ AS derniers jours, les coliques ont redoublé. Nausées sans vomis- __ sements. Le jour de l'admission, abdomen très météorisé, dou- 7 ___ Joureux. Pas de bruits du cœur. 6 lavements amènent une garde-robe. Le soir attaque d’éclampsie, aussi pas de lapara- = tomie.
à Deux jours après, accouchement spontané d’un enfant à terme mort. Après 3 nouveaux jours, mort de la mère en collapsus. <>
Autopsie : Volvulus de LS iliaque et péritonite secondaire.
PE ASSMUTH-BARTNBL. Laparatomie Wegen Volvulus. Protokolle 7. des Vereins St-Pelerburg. Arzte, 18 fév. 1886 (in St-Pelers- V2 burger medizinische Wochenschrift, 1886, p. 148).
Femme de 24 ans, II° pare, enceinte de 8 mois. ï - Le 7 janvier, en lavant a soulevé une pesante corbeille,
La
Te
Subitement a ressenti une douleur violente dans le bas-ventre, suivie de vomissements abondants. Depuis, plus de selles.
Le 9 janvier, température 38°8. Orifice utérin entrouvert de > doigts. Pas de bruits du cœur. Application de forceps et extraction d’un enfant mort. Le 10, tompérature 37°5. Pouls : 100. Diaphragme très élevé ; matité hépatique remontant jusqu'au-dessous de la 8° côte. Abdomen très forlement tendu un peu sensible. Au-dessus de l’ombilic un peu à gauche et audessous, on trouve une partie particulièrement résistante et tendue.
Pas de douleurs, 2 vomissements, lavement de x litre qui n’est pas rendu. Après un 2° lavement, le liquide ressort avec force. Lavage d'estomac : liquide modérément fécaloïde.
Laparotomie au bout de 59 heures. Volvulus de LS iliaque, détorsion de un tour et demi, Issue des gaz, par l’anus, suture. Amélioration, mais bientôt collapsus et mort 60 heures après l'opération, le 12 janvier.
Autopsie : Péritonite purulente. Pas de gangrène de l’intesin, mais un point d’étranglement très net de coloration noirêtre.
H. Braun. — Uber die operalive Behandlung der Axendrehung der flexura sigmoïdea (Archiv fur Kinische chirurgie, 1892, T. 43, p. 164-195).
Femme de 43 ans, XIII pare, au 3° mois de sa grossesse. Depuis 4 jours violentes coliques et gonflement rapide de l'abdomen. Ni matières ni gaz. Vomissements.
Laparotomie : Anus artificiel.
Le lendemain, »° laparotomie. S iliaqué tordu de 180° autour de son axe. Détorsion.
5 heures plus tard, mort.
GOTTSCHALK. AUDE Lehre von der ee ie gravidi, =
gleichzeitig ein Beitrag zur on der Enterostenosen in ‘ihrer | Beziehung zur Schwangerschaft (Archiv, für qynäkologie, 1894, T. 46, p. 361). & j
Femme de 39 ans, ayant eu en ro'ans de mariage 8 avortements syphilitiques. Au 4° mois de sa grossesse. . Depuis 6 jours, arrêt des matières et fortes douleurs dans le bas-ventre particulièrement à gauche. Nausées, vomissements muqueux seulement. Abdomen surdistendu. Utérus fortement retroversé et immobilisé, situé dans Ja moitié droite du bas-. sin. Moitié gauche du bassin occupée par une masse de grande dimension un peu dépressible. Limite Heure impossible à préciser. Siège en avant de l'utérus.
Laparotomie. S iliaque énorme, deux fois gros comme le bras d’un adulte, tordu autour de son axe. Utérus tordu par rs iliaque déplacé. Détorsion de VS iliaque. Ponction, puis entérostomie. Mort au bout de 11 heures.
| BRETTAUER, — À case of Volvulus of the large intestine complicating pregnancy. Recovery (The american journal of obstetrics 1903. T. 48, p. 356-358).
Femme de 37 ans, VIT pare, au 7° mois de sa grossesse. Depuis 14 jours constipation, depuis » jours pas de gaz. Collapsus, pouls à rro-120 ; anxiété, cyanose, dyspnée. Abdomen ballonné et tendu. Accouchement provoqué d’un enfant n'ayant vécu que quelques heures! Par le rectum on sent un obstacle à 36 em. Le 13 février : Laparotomie : Volvulus . du côlon sigmoïde et du côlon descendant avec leurs mésos tordus de 360° et de coloration noirâtre sur une longueur de 70 cm. Détorsion de lIntestin. Fixation de l'intestin à la partie inférieure de la plaie abdominale, Anus artificiel avec tube de Paul. Te
Le 8 avril : Colostomie cœcale.
Le 29 avril : Résection de l’anus et suture ; guérison. Î