INTRODUCTION
« De se tenir chancelant, avec une affection im- « mobile et sans inclination, en une division publi- « que, Je ne le trouve ni beau, ni honnête ; il faut « prendre parti ».
Au temps où Montaigne écrivait ces lignes toutes empreintes de la saveur de notre vieux langage, on ne parlait pas encore de souveraineté nationale, de droits politiques, de suffrage populaire, et il ne fût pas venu à la pensée du vilain ou du serf de la glèbe qu'ils pussent avoir un jour, tout comme leur haut et puissant seigneur, une volonté personnelle, avec la faculté de l’exprimer par un vote.
Aussi, le plus doux et le plus indulgent des moralistes, pour qui le doute est un mol oreiller, se fâcherait certes tout de bon, s’il pouvait constater combien d’électeurs, en plein régimede suffrage universel, « se tiennent chancelants, avec une affection immobile et sans inclination », enfermés dans leur indifférence ou dans leur orgueil, pleins de mépris pour un droit qui appartient à tous, et pour un devoir qui n’est qu'un simple devoir civique.
Coutant 4