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la complète, et la rende acceptable aux citoyens les plus jaloux de leurs prérogatives ; et cetélément, c'est précisément l’idée de droit.
La théorie que nous devons exposer, et qui avait été signalée par Condorcet comme s’opposant à la théorie du droit, et se partageant avec elle lesesprits, se fonde sur une conception diamétralement opposée de la souveraineté nationale.
« Tandis que, en effet, ceux pour qui le suffrage politique est un droit individuel et absolu, fondent, comme nous l’avons vu, leur doctrine sur la théorie du fractionnement de la souveraineté, la doctrine que nous défendons repose sur la théorie de l’unité et de l’indivisibilité de la souveraineté. La souveraineté ne réside pas dans chacun des individus qui sont l'expression actuelle, momentanée de la société, et qui seraient de ce fait propriétaires incommutables du droit de suffrage, lequel n’est que l'exercice de la souveraineté, maiselle réside en dehors et au-dessus des individus, elle « reste l’attribut indivisible et inaliénable de la nation elle-même dans le développement continu des générations succéssives » (1).
Partant de cette idée, on ne peut plus soutenir que les électeurs exercent un droit propre, dont ils disposent à leur gré, mais qu'ils votent par permission de la nation, seule titulaire de la souveraineté, en