Stuart Mill. Op. cit., p
Tandis que la plupart, tout en reconnaissant que le suffrage politique est un droit en même temps qu’un devoir, l’absorbent dans l’idée de fonction, M. de Broglie distingue le droit social, institué dans l'intérêt de la société, du droit naturel, et il est évident que ce qu'il désigne sous le nom de droit social n’est que l’ensemble du droit et du devoir : « Le droit électoral, dit-il, n’est point un droit exclusivement personnel, l'un de ces droits de nature, que l'Etat reconnaît sans les créer et qu'il garantit aux individus, en leur laissant la faculté d’en user, ou de ne pas en user, voire même d’en abuser, selon leur bon plaisir ; c’est un droit social, un droit institué dans l'intérêt de la communauté ; la communauté y doit avoir l'œil, et y tenir la main sous l'empire du suffrage universel. »
M. Beernaert envisage aussi le droit électoral comme étant « un devoir plutôt qu’un droit » car : « La loi, dit-il, s'impose à tous, doit être faite dans l'intérêt de tous et, par conséquent, les électeurs appelés à choisir les députés qui auront à faire la loi, n’agissent pas seulement pour eux, mais aussi pour ceux qui ne votent pas (1). »
« Le droit de vote sous l'empire du suffrage uni-
1. M. de Broglie, Vues sur le gouvernement de la France. Des communes.