Rossi. Cours de droit constitutionnel, t. II, p
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d'importance, plus il doit contracter l'habitude d’arrêter avant tout sa pensée sur ces obligations et ces devoirs. Qui dit droit, dit au fond une faculté, une chose qu’on peut faire ou ne pas faire, une chose qui nous profite, une chose à laquelle, dans une certaine mesure du moins, on pourrait renoncer. Le droit, le plus souvent, peut sommeiller impunément; le devoir ne dort jamais, le devoir veille toujours ; son obligation est toujours vivante, et il n’est pas permis de la méconnaître (1) ».
Stuart Mill, qui a proclamé que voter était strictement une affaire de devoir, reconnaît que c’est aussi un droit : « À la vérité, dit-il, un homme if posséder le suffrage, afin (entre autres raisons), de pouvoir se protéger lui-même, mais seulement comme un traitement dont il doit également préserver ses concitoyens, autant que la chose dépend de son vote » (2). Et Stuart Mill ne se met pas ainsi en contradiction avec lui-même, car lorsqu'il a proclamé qu'il fallait repousser l’idée de droit parce que « personne ne peut avoir droit au pouvoir sur autrui » ; il entendait, par pouvoir sur autrui, comme il a d’ailleurs pris soin de l'expliquer, « l'exercice de toute fonction politique, soit comme électeur soit comme représentant. »