‹ Le voyage artistique à BayreuthChapitre 32 sur 107 · PRELUDE · texte numérisé non relu

PRELUDE

Le Prélude du 1" acte de Tristan et Iseult est presque entièrement construit au moyen de sept motifs des plus importants, faisant dès ce moment pressentir la prédominance du genre chromatique qui persistera dans la plus grande partie de cet ouvrage, et qui nous sont ainsi présentés dès le début. Tout d'abord L'Aveu,

[que l'on retrouvera à la scène v (au moment où Iseult boit à Tristan) sous cette aiUre forme :]

ISEULT

mais qui dans le Prélude est constamment suivi de cet autre motif, Le De'sir\

LE VESÏB

1. A signaler une certaine analogie avec le motif du Sorl dans « l'Anneau du îs'ibelung ».

qui enxcomplète le sens harmonique et donne l'impression d'un triste et pénible point d'interrogation, quatre fois répété avec de longs et émouvants silences.

[De fréquents emplois de ce motif ont lieu dans le cours de l'ouvrage sous les formes les plus variées.]

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Aussitôt apparaît un nouveau thème exprimant avec éloquence que la passion de Tristan et Iseull a eu pour cause première, pour point de départ, la rencontre de leurs yeux, c'est Le Regard.

LE BEGABf)

[D'ailleurs, ce thème du Regard se rencontrera fréquemment au cours de l'ouvrage, plus en moins modifié ; j'en donne ci-après une forme intéressante, qui se trouve à la ISS» mesure de la scène m (réduction Kleinuiichel, p. 32, 2™' mesure).]

VOYAGE A 3AYREDTH

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Continuant l'analyse du Prélude, dans lequel ce m^tif du Regard est l'objet de nombreux et importants développements, jusqu'au point de prendre en certains moments la prépondérance, nous rencontrons, dans l'espace de quatre mesures, deux phrases fortement expressives, caractérisant les deux philtres, celui d'amour et celui de mort, dont la substitution est comme le nœud de l'action : Le Breuvage d'amour et Le Breuvage de mort,

ANALYSE MUSICALE LE BHEVVAGE l)\A.)10iR

LEBBELTAGE MORTEL le premier plein de poésie et de passion, le deuxième formant une opposition sinistre et lugubre, qu'accentue encore l'instrumentation en le confiant tantôt aux gros cuivres, tantôt à la clarinette-basse et aux hautbois.

[Ce dernier apparaîtra de nouveau à la fin de la scène m, au moment où BrangaÎTie cherche les flacons dans le coffret.]

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