COMMENT ON VA A BAYREUTH
curieuse horloge astronomique, avec beaucoup de personnages se mouvant automatiquement; c'est au coup de midi qu'il faut l'aller voir.
Ne pas négliger de visiter, à côté de la cathédrale, la Maison de l'architecte Erwin de Steinbach, si elle existe toujours.
Ensuite il y a Stuttgard. Là, nous sommes bien franchement en Allemagne; la ville, essentiellement moderne, offre peu d'intérêt; son Vieux Château du xvi^ siècle et ses églises peuvent pourtant être vus rapidement entre deux trains si l'on se rend de là à Rothenbourg, petite ville très intéressante à explorer, et pour laquelle on ne regrettera pas d'avoir quitté la voie directe. En effet, il s'en faut de beaucoup que Rothenbourg soit sur la ligne de Paris à Bayreuth; de Stuttgard, il faut d'abord aller à Ansbach (distant d'environ 158 kilomètres), où il y a une bifurcation d'Ansbach à Steinach (32 kilomètres), et enfin, par un autre embranchement , de Steinach à Rothenbourg (11 kilomètres.
On trouve là une ravissante ville du moyen âge avec de fort belles fortifications merveilleusement conservées, de curieuses maisons anciennes, un Hôtel de ville mi-gothique, mi-Renaissance, avec une belle tour; V Église Sainte Jacques, de style gothique, sans transept, mais avec deux chœurs, et contenant des vitraux magnifiques, hdi porte de l'Hôpital est la plus intéressante de la ville, et les maisons les plus pittoresques sont celles de la Herrengassc, qui part, ainsi que la Schmiedgasse, de la place du Marché.
De Rothenbourg, en repassant par Steinach, on rejoint facilement la ligne directe à Nuremberg, qui mérite une visite sérieuse; on peut, sans regrets à craindre, lui consacrer deux jours entiers. Là, tout comme à Rothenbourg, on se trouve d'un coup transporté en plein moyen
âge, et la seule chose qui détonne, c'est le costume inodeine des lial)itants, les tramwavs et la lumière élec-
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trique, dans ces ruelles montueuses et pittoresques. Il y a beaucoup de choses à voir. Trois églises : Saint-Laurent, gothique, construite de 1287 à 1477, contient d'intéressantes ta[)isseries datant du xiv^ siècle, de beaux candé-
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labres en bronze qui valurent à leur auteur, Peter Vischer, son titre de maître dans la guilde des ciseleurs de bronze ; puis, surtout, le tabernacle qui se trouve à gauche du grand autel, et dont la merveilleuse dentelle de pierre est due au ciseau du maître Adam Kraft. L'artiste, qui figure avec ses deux aides à la base du monument, s'était engagé à terminer son œuvre en trois ans, et devait alors recevoir pour prix de son travail la somme de 700 florins; mais, ayant été en retard de quatre ans, il fut réduit à 70 florins par le donateur du tabernacle.
Sur une des plus vastes places de la ville est située Y Eglise Xotre-Darïie, dont les multiples clochetons étages produisent un joli effet; devant le portail, d'un beau style ogival, se trouve une grille de fer forgé fort intéressante; l'intérieur est décoré richement de peintures polychromes qui se marient avec bonheur à l'éclat discret des ors. Le jubé produit un effet remarquable, surtout vu du bap tistère qui forme vestibule.
Plus austère est Salnt-Sébald, dont les plus anciennes parties datent du xiii^ siècle, et le chœur de 1377. Elle possède plusieurs œuvres d'Albert Diirer, et, au milieu du chœur, le tombeau du saint, magnifique monument en bronze coulé par Pierre Vischer de 1508 à 1519; on y voitles douze apôtres, des Pères de l'Eglise, puis enfin, au sommet, Tenfant Jésus tenant dans ses mains un globe qui est la clef au moyen de laquelle l'édifice entier peut être démonté.
Comme ces trois églises, V Hôtel de ville mérite aussi une visite; sa grande salle, voûtée en bois et ornée de fresques, date de 1340; l'une de ces fresques représente à n'en pas douter une exécution au moyen de la guillotine, ce qui amoindrit regrettablement les droits du docteur Guillotin à la reconnaissance des criminels.
Une après-midi entière n'est pas de trop pour se faire une idée du Musée Germanique, qu'on peut assimiler à notre Cluny, merveilleusement installé dans une ancienne Chartreuse et un couvent de moines augustins qui se trouvait à côté. Les innombrables richesses qu'il contient sont néanmoins à l'étroit dans ce cadre pittoresque, et des architectes de goût ont dû l'élargir par l'adjonction de bâtiments modernes dans le style des anciens. La chapelle de la Chartreuse et le cloître qui l'entoure sont réservés aux sculptures ; on y voit la célèbre Vierge de Nuremberg. Dans les salles du haut sont entassées de superbes collections d'armes, de faïences, d'ouvrages d'horlogerie, d'orfèvrerie, puis des instruments de précision, des manuscrits et des reliures précieuses, des étoffes, broderies et costumes anciens, des jouets dont la fabrication était si habile à Nuremberg, des meubles, des peintures, des vitraux, une belle salle d'instruments de musique, etc., etc.
Moins longue est la visite du Musée de Torture, que l'on voit dans la tour des Grenouilles, située à l'entrée du château, tout au nord de la ville; là, une jeune et blonde conductrice vous détaille, le sourire aux lèvres, soit en allemand, soit dans un patois où l'anglais a la prétention de dominer, la façon de se servir des horribles et nombreux instruments de supplice dont la vue seule donne froid dans le dos aux gens qui aiment quelque peu le confortable. Ils s'alignent sous les portraits des instigateurs de toutes ces atrocités, des margraves à la ph3"sionomie calme et débonnaire. En passant par la chambre spéciale où se trouve la terrible Vierge de fer ou Vierge noire (qu'il ne faut pas confondre avec la suave et douce Vierge de Nuremberg du Musée Germanique), on arrive au sommet de la tour, d'où l'on a une vue superbe sur la Pegnitz, qui serpente comme un ruban d'argent dans la prairie fer-