COMMENT ON VA A BAYREUTH
rimproviste et en s'adressant au comité des logements installé à la gare; mais c'est une chance à courir.
Le prix des places de chemin de fer, de Paris à Bayreuth, est de 111 fr. 75 en l""® classe, et de 77 fr. 45 en 2^ classe; il y a aussi des billets mixtes fl" classe en France, 2® en Allemagne); ceux-là coûtent 92 IV. 45. La compagnie de l'Est délivre également des billets d'aller et retour, valables quinze jours, aux prix de 170 fr. 75 en 1", 121 fr. 65 en 2*^, ou 141 francs en classe mixte. Si or. veut profiter de l'Orient-Express, ce qui est à la fois le plus commode et le plus rapide, il faut ajouter un supplément de 23 fr. 80 au billet de 1" classe.
L'Orient-Express, contenant un \vagon-restaurant, part de la gare de l'Est à 6 heures 50 du soir, et passe à Stuttgard le lendemain matin à 7 heure^s 35 'heure de l'Europe centrale, en avance de 55 minutes sur l'heure française). Les formalités de douane se font dans le train en marche; il n'est pas nécessaire d'avoir de passe-port. C'est à Stuttgard qu'il faut descendre; là se trouve en correspondance un train qui vous conduit à Bayreuth en 6 heures et demie environ, en passant par Nuremberg.
Si on préfère faire le voyage par petites étapes, ce qui est moins fatigant, les villes intéressantes ne manquent pas sur le parcours. Sans vouloir faire une concurrence déloyale au Guide Baedeker, j'en signalerai quelques-unes qui méritent d'être visitées, soit à l'aller, soit au retour.
Il y a d'abord Nancy, ville très monumentale d'aspect, quoique moderne, et qui, bien que plus vivante, n'est pas sans quelque rapport avec Versailles. Tout y est large, spacieux, propre aussi.
La Place Stanislas est une des plus belles que nous ayons
en France, avec de magnifiques grilles en fer forgé, de superbes fontaines, un arc de triomphe dans le style corinthien, érigé en 1757 en l'honneur de Louis XV. Sur cette place, dont le milieu est occupé par la statue du roi Stanislas, beau-père de Louis XV, se trouvent réunis V Hôtel de ville, YÉvêché, le Théâtre, et des hôtels particuliers construits sur des plans uniformes, au moins en ce qui concerne leurs façades, et conservant le style corinthien. Il V a à voir : l'ancien Palais Ducal, construit de 1329 à 1512, mais dont il ne reste que peu de chose; les tours de la Cra/fe, qui datent de 1463; V Église des Cordeliers (Ykll), la Chapelle Ronde (1611), la Cathédrale (1742); mais la place Stanislas à elle seule, surtout si on tombe sur un soir de clair de lune, est suffisante pour justifier l'arrêt. Strasbourg! Je conçois qu'un sentiment patriotique porte le voyageur français à n'en pas faire une étape joyeuse, car moi-même, depuis 1870, ayant dû y jiasser plusieurs fois, j'ai toujours évité de m'y arrêter. Mais il n'en est peut-être pas de même pour ceux qui n'ont pas connu Strasbourg français, et pour eux, s'ils ont le courage de le visiter, il y a au moins une belle chose à voir, et qui mérite d'être connue : la Cathédrale, dans laquelle on trouve réunis presque tous les styles du moyen âge. Certaines parties de la crypte peuvent remonter à Charlemagne; dans les parties basses on reconnaît le style byzantin; plus haut, l'ogive apparaît de plus en plus parfaite; encore plus haut se manifeste l'époque de la décadence. La flèche a exactement 142°^, 12 de hauteur; l'ascension en est fort curieuse, et difficile dans la partie la plus élevée, où les escaliers sont à l'extérieur. Je ne sais si on l'autorise actuellement; autrefois il fallait une permission spéciale, en raison du danger. La vue s'y étend jusqu'à la Forêt Noire. Dans le transept se trouve une